Métro, boulot, dodo

Lorsque nous nous présentons à quelqu’un, l’une des premières choses dont nous parlons c’est notre travail. Notre activité professionnelle est certes, au cœur de nos vies, mais cela nous caractérise-t-il vraiment ? Et le fameux « métro boulot dodo », ce slogan de mai 68, reflète-t-il vraiment la société actuelle ?

Le slogan « métro boulot dodo » est emprunté à un poème Couleurs d’usine de Pierre Béarn. La strophe  « Au déboulé garçon pointe ton numéro / Pour gagner ainsi le salaire / D’un énorme jour utilitaire / Métro, boulot, bistrot, mégots, dodo, zéro »  du poème a été tirée à 2 000 exemplaires et distribuée aux étudiants qui occupaient la place de l’Odéon. Après épuration du dernier vers pour enlever les trois mots pouvant être mal interprétés : « bistrot », « mégots » et « zéro », il ne reste que la trilogie qui va enrichir les graffitis peints sur les murs de Paris, jusqu’à en devenir célèbre.

Si célèbre qu’il semble ne faire aucun doute que la vie s’organise ainsi. Cela m’a donné l’idée de montrer la vie en dehors du travail. Si cette part de nos existences est tellement prégnante, que reste-t-il lorsque nous avons fini notre journée de boulot ? Selon moi le travail a un vrai impact sur notre vie personnelle et c’est pour cette raison qu’il nous caractérise. Même hors du bureau nous agissons par et pour notre travail. Afin de prouver ou d’invalider cette théorie, j’ai réalisé une série documentaire. La photo documentaire est un courant photographique caractérisé par une image réaliste et neutre dans laquelle on ne sent pas la présence du photographe. J’ai donc suivi pendant 4 jours (du mercredi au samedi) une personne dans sa vie avant et après le travail mais également au cours du week-end. J’ai décidé de prendre 9 moments clé par journée : le réveil, la préparation, les transports en commun, l’arrivée au travail, la pause déjeuner, la pause clope de fin de journée, le trajet retour, les activités du soir et l’heure du coucher.

Les photos ont été réalisées en argentique pour faire ressortir le côté spontané des moments capturés. De plus la présentation sous forme de planche contact donne l’impression que les photos ont été prises sur le vif. Le changement de point de vue des photos (interne ou externe au sujet) permet de donner du rythme aux séries quotidiennes et de trouver des repères temporels au cour de la journée grâce aux horloges.

Au travers des moments clé et des horloges, on se rend bien compte que lors d’une journée ordinaire la routine s’installe autour des horaires de travail. Même s’il existe quelques petites différences en fonction de l’heure laquelle on arrive à s’extirper du lit ou des activités du soir, la ligne conductrice reste la même. La journée du week-end semble se dérouler de la même manière, mais en étant attentif on constate que les horaires de la matinée sont complètement différents. D’ailleurs la différence est encore plus marqué l’après-midi car la vie s’organise différemment sortie de la contrainte du travail. 

 

Merci à Romane-Marie Ridel qui a acceptée d’être mon sujet pour ce reportage.

 

 

 

 

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