Le noir et blanc, toute une technique

A l’origine, la photographie était uniquement en noir et blanc, c’est pour cette raison qu’il me semblait important de vous expliquer cette technique. Bien que les premières photos aient été faites en argentique, le noir et blanc est également réalisable avec des appareils numériques.

La première photographie fixée en noir et blanc est « Le point de vue du gras » de Joseph Nicéphore Niépce, qui a réalisé ce cliché en 1826 !

La photo en noir et blanc numérique est une interprétation de l’image. En effet, la photo numérique est toujours capturée en couleur, c’est grâce à des logiciels qu’elle est transformée en noir et blanc. Même si le mode « noir et blanc » existe sur votre appareil photo, le cliché sera tout de même pris en couleur avant d’être affichée en noir et blanc. Pour vérifier mes dires, je vous invite à faire le test : choisissez un enregistrement RAW et JPG et mettez votre boitier en mode « noir et blanc ». Si le JPG bien est en noir et blanc vous verrez que si vous ouvrez le RAW (le fichier brut) dans un logiciel tel que Camera RAW , il est en couleurs (cf photo si dessous) ! La différence repose sur le traitement de l’image qui est fait par votre boitier puisqu’il est réglé sur le mode « noir et blanc ». Le JPG a transformé les couleurs en différents tons de luminance. Pour être un peu plus claire, voici une petite définition : La luminance est une grandeur correspondant à la sensation visuelle de luminosité d’une surface. Une surface très lumineuse présente une forte luminance, tandis qu’une surface parfaitement noire aura une luminance nulle. Donc lorsque nous passons de la couleur au noir et blanc chaque nuance a un ton de luminance différent. Cela nous indique qu’il faut penser la photo à réaliser en termes de lumière et de contrastes si on veut un bon rendu en noir et blanc.

Il est possible de modifier la luminance de chaque couleur individuellement mais la tâche est plus facile lorsque les couleurs sont bien tranchées car cela permet de moduler le noir et blanc comme nous le souhaitons. Pour s’assurer de cela il existe un outil : la « charte Q14 ». Au moment de la prise de vue, elle permet de savoir si les couleurs choisies et l’éclairage permettent d’avoir des tons de luminance suffisamment différents. Mais pour comprendre tout cela, je vous invite à aller voir mon article sur les chartes de prise de vue. Il ne faut pas oublier de prendre une photo finale sans la charte.

Si on en reste là, faire du noir et blanc est très simple : mettre son boitier sur le bon mode et hop, c’est dans la boite ! Mais le mieux est de faire soi-même son noir et blanc en post-production grâce l’outil « Noir et blanc » dans Photoshop par exemple. Cet outil plutôt accessible est composé de plusieurs réglettes.  Chacune d’entre elles influe sur une couleur. En jouant avec les curseurs on peut donc augmenter ou diminuer la luminance des couleurs. Par exemple sur ma photo, si on touche à la réglette rouge pour la glisser vers la gauche, les tons rouges de l’image deviennent plus contrastés. La peau se détache maintenant mieux du fond. On peut également toucher aux couleurs jaunes de l’image (ici le papier et le blouson) pour les rendre plus sombres et diminuer la zone très claire due au rayon de lumière. En fait, il n’y a pas de recette miracle avec cet outil, il faut faire des essais jusqu’à trouver le rendu souhaité.

Lorsque que nous faisons des choix d’éclairage ou de cadrage nous pouvons les justifier, il doit en être de même pour le noir et blanc. Ce rendu d’image en numérique ne doit pas servir à cacher des problèmes de chromie. Dans la photo ci-dessous, le noir est blanc est un choix artistique : il floute la limite entre le réel et le dessin. J’ai pensé cette photo pour être en noir et blanc, ainsi je peux faire ressortir les jeux de lumière et de matière.

La photo en argentique noir et blanc est bien différente de son homologue numérique car c’est une réaction chimique à la lumière : ce sont des grains d’argent qui réagissent a la lumière. Certains tombent lors du développement tandis que d’autres restent. C’est l’absence des ces grains d’argent qui forme les tons clairs de l’image lors du tirage. Les tons foncés sont formés par les grains d’argent restant qui ne laissent pas passer la lumière. Si cela vous semble très abstrait, je vous invite à découvrir cet article qui détaille un peu plus le procédé : https://www.la-photo-argentique.com/la-chimie-du-developpement-argentique-comment-ca-marche/

Si vous avez envie de comparer les deux formats de noir et blanc, vous trouverez dans mon article sur le Brownie Junior six-20 une série de photos réalisées avec un appareil argentique.

Alors quelle est votre version préférée du noir et blanc : l’argentique ou le numérique ?

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