Voir au dela … avec l’infrarouge

La photographie infrarouge est une technique qui était au début utilisée à des fins techniques : par les militaires pour la vision nocturne, par les policiers pour visualiser des fluides corporels ou dans le domaine de l’art pour authentifier un tableau. Cependant ces techniques sont compliquées à mettre en œuvre car il faut utiliser des sources d’éclairage modifiées et un appareil également modifié. Désormais la photographie infrarouge est utilisée à des fins artistiques c’est de cette technique dont je vais vous parler.

Tout d’abord, reprenons les bases. L’œil peut voir les longueurs d’onde de 380 nm à 780 nm. En dessous de ce spectre il existe les ultra violets que nous laisserons de côté pour le moment et au-dessus nous avons les infrarouges !

 

Notre œil ne peut donc pas les voir les infrarouges mais un appareil photo si ! Seulement les constructeurs mettent un filtre (UVIR-Block/cut) devant le capteur afin de stopper les infrarouges et les ultraviolets pour rendre des photos telles qu’on peut les voir. Il faut donc l’enlever et le remplacer par un verre de la même épaisseur pour rendre au capteur toutes ses capacités. Une fois la modification faite, il faut utiliser des filtres que nous plaçons devant l’objectif pour sélectionner quelles longueurs d’onde nous souhaitons capter. Je vous laisse découvrir le comparatif des filtres sur le site de  Photographie Infrarouge géré par Yann et Pierre-Louis, deux intervenants de ce Workshop  « Infrarouge ». C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai eu accès au matériel modifié : un boitier Canon 70D modifié avec un objectif Canon 24×70, f:2.8 et un filtre infrarouge 720. 

En pratique la photo infrarouge est particulière, tout d’abord il est très conseillé de shooter en live view (visée par l’écran) car avec le filtre placé sur l’objectif nous aurons du mal à voir à travers l’objectif. De plus la visée par l’écran permet d’avoir un aperçu du rendu en fonction de la balance des blancs. Ensuite il faut obligatoirement enregistrer les photos en JPG et RAW. Ces deux formats de fichiers sont importants : le premier pour garder l’aperçu du rendu que l’on souhaitait et le second pour faire la retouche sur le fichier brut, ce qui est obligatoire en photo infrarouge ! Pendant la prise de vue il faut faire la mise au point manuellement car souvent elle ne fonctionne plus très bien à cause de la modification du capteur. Il faut savoir que lors de shooting en infrarouge avec un filtre 720 la végétation devient bleu très saturé avec une balance des blancs automatique et le reste de la photo est d’un jaune très peu saturé ne reflétant quasiment que des nuances de gris. Cela survient car les végétaux renvoient beaucoup de lumière infrarouge qui est traduite en couleur bleue par le capteur. Attention l’infrarouge c’est une question de matière et de composition car dans ce type de shooting l’objet ne renvoie pas la couleur mais la lumière infrarouge.

La post-production est une partie entière de la photo infrarouge. Avec les fichier bruts il faut en premier lieu refaire une balance des blancs puis une inversion de couches. Pour ma photo j’ai fait en sorte de laisser tous les végétaux en bleu et j’ai veillé à ce que tout le reste soit le plus dé-saturé possible. Je n’ai pas fait l’inversion des couches (qui consiste à faire ressortir les infrarouges en changeant le bleu en jaune/doré) puisque je voulais conserver la couleur bleue des végétaux. Si vous voulez prendre connaissance de toutes les étapes, y compris celles que je n’ai pas réalisées, vous pouvez vous rendre sur ce tuto.

Voici donc ma réalisation technique d’une photographie infrarouge faite à la serre d’Auteuil.

Je vous invite à découvrir la série complète sur l’article Nature en résistance.

Une réflexion sur “Voir au dela … avec l’infrarouge

Laisser un commentaire