Voir la vie en blanc avec le High Key

Lors d’un exercice à Gobelins, on nous a demandé de réaliser une photo en high key ou en low key. Cet exercice était très intéressant et c’est pour cette raison que j’ai choisi de vous présenter le high key aujourd’hui ! Le low key fera certainement plus tard l’objet d’une autre photo technique.

Un photo en high key (contraction de « high key lighting ») est une image à dominantes claires avec une légère surexposition sans pour autant « cramer » les blancs. Puisque j’utilise un vocabulaire technique, j’imagine que des définitions sont nécessaires.

  • « High key ligthing » peut se traduire par « lumière à niveau élevé » : expression évocatrice mais peu sexy qui explique que l’anglicisme ait été conservé.
  • « La surexposition se produit si le film (ou le capteur) reçoit trop de lumière, soit parce qu’il est exposé a une lumière trop forte, soit parce qu’on a laissé agir la lumière trop longtemps. Cela donne des photos claires et réduit le contraste du sujet »  John Edgecoe – La photographie
  • « Cramer » une photo signifie que la surexposition est tellement importante qu’il n’existe plus de matière sur la photo.

Ce rendu n’est pas très compliqué dans la mise en œuvre, c’est surtout une question d’éclairage à maîtriser et d’histogrammes à interpréter. Bien sûr des photographies en high key existaient avant l’appareil photo numérique et il est donc possible d’en réaliser sans histogramme, mais il faut dire que ça facilite la vie ! Le high key est aussi bien utilisé pour faire des portraits que des natures mortes. Fidèle à moi-même, j’ai décidé de réaliser une photo de nature morte, et j’ai choisi pour sujet un téléphone de la fameuse marque au logo en forme de pomme.

Pour faire une photo en high key il faut un éclairage doux pour des ombres peu marquées. J’ai donc utilisé un flash avec une boîte à lumière comme éclairage principal. celui-ci est placé en douche au dessus du produit. Comme je souhaitais faire une photo en plongée (vue de haut) il a fallu que j’utilise une Boxlite comme fond pour poser à plat les éléments de décor. Ce modeleur de lumière permet de « déboucher » (ré-éclairer les zones d’ombre sans les faire disparaitre) toutes les ombres entre les pommes et celles créées par la boîte à lumière. Enfin pour qu’il y ait tout de même une légère direction de lumière (que l’image ne soit pas trop « plate ») j’ai positionné un flash avec un snoot sur la gauche de la mise en scène pour créer de petites ombres.

Pour bien régler les différents flashs entre eux et être subtile dans les ombres, j’ai utilisé une cellule photo. Premièrement il faut éteindre tous les flashs, excepté le flash principal et mesurer la puissance de celui-ci. Ensuite on règle les paramètres de l’appareil photo suivant cette mesure. Pour déboucher les ombres sans créer de contre-jour, la Boxlite doit être à la même puissance que la lumière principale. Je mesure donc sa puissance grâce à la cellule photo et l’ajuste pour obtenir les mêmes réglages que ceux du flash avec la boîte à lumière. Enfin je veux que le snoot soit légèrement plus fort que le reste des lumières pour créer des ombres. Pour cela, je mesure la lumière du snoot et le règle de +1/4 en ouverture de diaphragme par rapport aux autres lumières. Après avoir fait ces réglages je shoot une première photo et regarde l’histogramme de la photo. On doit y voir une courbe ascendante vers la droite mais pas collée contre le bord, ce qui signifierait que des informations sont « cramées ».

Après ces premiers réglages on peut ajuster pas à pas les réglages des flashs en fonction de son envie.

Une fois la prise de vue effectuée, il reste quelques travaux de post-production à effectuer pour améliorer l’image. Tout d’abord on peut atténuer le contraste grâce à l’outil courbe de Photoshop. Ensuite il faut s’assurer que les blancs soient « bien blancs », pour cela on peut saturer au maximum l’image afin de  vérifier l’existence d’autres dominantes colorés (attention à ne pas oublier de supprimer ce calque à la fin !). Si on en trouve on les atténue avec l’outil balance des blancs. Cette technique doit être utilisée avec précaution lorsqu’il y a des éléments de couleur dans le décor. S’il n’y a pas d’élément coloré dans l’image on peut aussi passer la photo en noir et blanc ce qui permet de travailler les teintes de blanc et de gris plus facilement. Pour ma part j’ai préféré jouer avec la balance des blancs pour donner un aspect légèrement froid à mon image.

Voici ma photo finale :

Alors, qu’en pensez-vous ?

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