« Traverser » – Raymond Depardon

« Traverser » est une exposition de Raymond Depardon, photographe, réalisateur, journaliste et scénariste français. Il excelle dans tous ces domaines et est reconnu comme le maitre du film documentaire. L’exposition avait pour ambition de montrer l’étendue de son talent. En effet, elle regroupe une centaine de tirages, de textes tirés de ses livres et d’extraits de ses films. L’exposition se déroule dans les deux pièces de la fondation Henri Cartier-Bresson.

La première salle accueille une série sur la terre natale en dialogue avec une autre sur le voyage. Les premières photos, en noir et blanc, présentent sur un même mur la ferme du Garet, où le photographe a grandit. Au bout de ce chemin, se trouvent quatre photos en couleur illustrant son retour sur les lieux de son enfance. Le mur suivant montre des clichés de Paris, qu’il a prises avant ses voyages à New-York et dans le désert Africain. Ces destinations sont représentées en opposition sur le mur suivant grâce à un texte tout particulier : « Je ne veux pas rapprocher des peuples qui n’ont rien à voir ensemble. La seule chose que je peux rapprocher c’est ma façon de voir » (Errances, Seuil, 2000).

Dans la deuxième salle, c’est le sujet de la douleur et de l’enfermement qui sont mis en relation. Sur le premier mur on peut voir des photos prises en Afrique. Si la douleur se devine au travers de la population photographiée, elle n’est pourtant pas montrée de manière explicite. Ce sont surtout les textes qui expliquent qu’elle existe, dans ces clichés. Le mur de transition présente la douleur à travers des paysages qui, eux, montrent explicitement l’existence de la douleur. Pour finir, Depardon expose une série sur l’enfermement dans les asiles italiens. Ici la douleur est toujours présente, mais d’une manière un peu différente : c’est la détresse psychique qui est illustrée.

J’ai trouvé cette rétrospective sur Depardon intéressante. La scénographie est construite comme une ligne chronologique retraçant le parcours de l’artiste, en forme de vague, comme les hauts et les bas d’une vie mouvementée. La présence des textes au milieu des photos permet un lien  entre les quatre séries, et le fait de mélanger des textes et des images nous transporte vraiment dans la manière de voir du photographe.

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