Mon avis sur … Politiques du visible – Dorothea Lange

 

J’ai découvert Dorothea Lange en cours d’anglais au lycée : pour notre examen de fin d’année nous devions savoir parler d’une photo sélectionnée par notre professeur. Je suis tombée sur « Migrant mother » de Dorothea Lange.

Dorothea Lange est surtout connue pour une série de 6 images qui a fait polémique. « Migrant mother » est une photo de cette série qui représente une mère qui fuit la sécheresse durant la grande dépression aux États-Unis. La controverse tourne autour de la vraie histoire de ces photos. En effet, Lange explique dans la description de sa photo que cette femme est désespérée car elle n’a plus d’argent pour nourrir ses enfants, elle a même dû vendre ses pneus pour cela. Pourtant dans ses cahiers de note il est écrit que cette femme attendait simplement son mari, parti remplacer les pneus abîmés. Quand on sait l’importance que Lange accordait à ses légendes et à ses notes on est en droit de se questionner sur les raisons de cette différence.

Le mois dernier se déroulerait au Jeu de Paume à Paris, une exposition dédiée à Dorothea Lange :  » Politiques du visible » . Curieuse de découvrir le reste de son œuvre j’ai eu l’occasion d’y aller pour mon anniversaire. Et heureusement, car c’était le dernier jour avant la fermeture !

L’exposition se déroule en cinq parties : les deux premières étant consacrées à la Grande Dépression qui a touchée les Etats-Unis dans les années 1870’s.

La première partie de cette salle nous apprend que Dorothea a commencé en temps que photographe portraitiste en studio. Cependant elle a vite choisi de changer de voie quand la Grande Dépression est arrivée. Elle ne voulait pas seulement faire de beaux portraits mais montrer la réalité sociale de son époque. En photographiant les chômeurs sans abris de San Francisco et les manifestations elle a ancré ses photos dans un style sociologique et anthropologique. Les photos dans cette partie sont accompagnées par des cartels affichant une citation de Dorothea. Il ne sont pas là simplement pour décrire l’œuvre, mais aussi pour nous informer sur la façon que Dorothea avait de voir son travail. Elle souhaitait faire un travail de documentation tout en changeant la société. Elle dira d’ailleurs « la Grande Dépression m’a réveillée ».

La seconde partie est consacrée à la migration de population suite à la Grande Dépression. Ces photos ont été réalisées lors de plusieurs voyages d’étude de terrain. Lange avait pour habitude d’annoter ses photos pour retranscrire les témoignages oraux qu’elle recueillait en côtoyant les personnes photographiées. On trouve dans cette partie des tirages orignaux avec ses fameuses annotations mais également des planches contact qui répertorient toutes les images qu’elle a réalisée pour la Farm Security Administration (FSA). Elle a ainsi créé l’une des plus vastes archives photographiques de cette période. Pour accompagner ces archives, il y a une carte géante des États-Unis où sont répertoriés tous les lieux qu’elle a visitée pour la FSA.

« Une photographie documentaire n’est en soi pas une photographie factuelle. c’est une photographie qui communique entièrement le sens et la porté de l’épisode ou de la circonstance … On ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et la photographie documentaire. Une photographie doit être les deux » Dorothea Lange

Cette citation m’a beaucoup marquée car en regardant les planche contact je me suis aperçue que malgré la quantité d’image qu’elle a réalisée, Dorothea réussissait toujours à réaliser des images artistiques et également informatives, sans jamais montrer des choses accablantes ou désolantes comme peuvent le faire les reporters d’aujourd’hui.

La troisième section de l’exposition est consacré au chantier naval Kaiser, Richemond. Dorothea va s’intéresser à a une nouvelle forme de migration interne. Sur le chantier elle photographie le roulement de plus cent mille employés. Elle remarque qu’ils sont dans les mêmes conditions de vie et de solitude que lors des migrations de la grande dépression. Il y a peu d’images dans cette partie mais un très grand cliché nous fait bien ressentir cette oppression et cette solitude dans la foule représentée sur ces photos. Dans cette partie c’est surtout la scénographie qui m’a le plus touchée.

L’avant dernière partie est celle sur la déportation des citoyens américains d’origine japonaise. Dorothea Lange avait été mandatée par la War Relocation Authority. Cette partie m’a interpellée car en partant d’une commande, elle a réussi à réaliser des photos pour montrer au monde ce qu’il se passait réellement dans ces camps. Elle s’est d’ailleurs faite virer pour cela et ce fut un soulagement car elle en avait assez du mensonge. De plus, elle avait réussi à capter ce qu’elle ressentait vraiment pour documenter la réalité. Ces photos ont d’ailleurs été scellées en tant qu' »archives militaires » et ont été révélées au grand public pour la première fois en 1972.

La dernière partie était constituée de 5 images qui parlaient du nouveau système d’avocat commit d’office aux États-Unis. Lange a fait ce reportage à la demande du magasine Life mais il ne sera finalment pas publier. Ces photos s’inscrivent dans un tout nouveau style de photos en intérieur. Ce qui a desservie cette série selon moi c’est qu’elle était tres courte, se trouvait au niveau de la sortie avait peu d’impact juste après une série aussi marquante que celle de la déportation des Américains d’origine japonaise.

J’ai trouvé cette exposition particulièrement intéressante : j’ai pu en apprendre plus sur Dorothea Lange et découvrir la globalité de son travail. J’étais légèrement inquiète au début car l’affiche de l’exposition montre « migrant mother » et je m’attendais à ce que tout tourne autour de ça. Ce n’était pas le cas et j’en fut agréablement surprise. Je trouve que ses photos son poignantes et pleines de réalisme sans jamais être apitoyantes. Elle se sert de la photo comme un outil de communication et essaye de faire bouger les chose grâce à ses clichés. C’est ce que j’apprécie particulièrement dans son travail. Les images peuvent dire et servir énormément de choses, elles ont un impact fort sur la société d’aujourd’hui. C’est pour cela que je pense que nous devrions d’avantage nous en servir comme un moyen de communication positive et informatif à la manière de Dorothea Lange à son époque.

 

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