« Irving Penn Centennial » – Irving Penn

 

« Irving Penn Centennial » est une exposition qui rend hommage comme son nom l’indique à Irving Penn. Photographe reconnu comme une icône de la photo de mode et de beauté, il est également célèbre pour ses portraits de personnalités connues et ses natures mortes. C’est un artiste complet. Pour le centenaire de son anniversaire le Grand Palais, le Metropolitan Museum of Arts et The Irving Penn Fundation ont choisi de faire une rétrospective de son œuvre. Avec 238 tirages orignaux présentés, l’exposition montre toutes les facettes du travail de Penn tout au long de sa carrière.

Qui dit rétrospective d’un grand artiste dit exposition hors norme. Elle se déroule sur deux étages dans la Galerie Nationale entrée Clemenceau. A chacune des 11 salles correspond une période et un style. Ainsi nous découvrons, de manière chronologique, les différents aspects du travail de Penn.

La première série de photos que nous découvrons est celle de natures mortes, puis de 1947 à1948 Penn se tourne vers les portraits de personnalités connues. Viennent ensuite ses emblématiques photos de mode réalisées pour le magazine Vogue. Dans la salle suivante, nous découvrons une série moins connue, réalisée lors d’un voyage à Cuzco en 1948 et ses clichés sur les petits métiers. Ces séries sont étonnantes par leur différence à l’égard des premières photos que nous avons pu voir : elles sont moins esthétiques, beaucoup plus dans l’émotion. On y retrouve néanmoins l’écriture du photographe. Dans la dernière salle du premier étage nous retrouvons ses portraits classiques réalisés entre 1948 et 1962.

Avant de monter au 2ème étage, nous pouvons voir une reconstitution de son studio avec les fonds gris caractéristiques de ses photos. L’escalier lui-même est scénarisé et on peut suivre la biographie détaillée d’Irving Penn tout en se rendant à l’étage suivant. En haut de l’escalier sont exposés deux appareils photo de l’artiste. L’un d’eux et le reflex mono-objectif Hassselblad 503 CW avec un ring flash. Cet appareil a notamment été utilisé pour réaliser sa série sur les mégots de cigarette.


Les salles suivantes sont consacrées au nu et à la mode en studio. Arrive ensuite la fameuse série sur les mégots de cigarette. À partir de cette salle, on passe un tournant dans la vie de Penn : il s’attarde sur l’observation et laisse libre cours à son imagination. Il fait de nouvelles natures mortes, plus mélancoliques. Dans la dernière salle, on se laisse embarquer par des rêveries nostalgiques et l’insouciance perdue. Cette pièce est très contrastée par rapport aux autres : on trouve des photos en couleurs et le ton léger de ses images appuie sur la fugacité de l’existence. On sent bien qu’à la fin de sa vie, Irving Penn avait l’impression que le temps lui avait échappé.

La scénographie était selon moi très bien réalisée. Vu la longueur de l’exposition, on pouvait craindre de finir par se lasser. Au contraire, on a l’impression de faire plusieurs expositions, chacune ayant sa thématique et sa mise en scène tout en conservant une cohérence d’une salle à l’autre. De plus la présentation de clichés moins connus apporte de la nouveauté voire de l’étonnement : on découvre la face cachée d’un artiste pourtant célèbre. On a l’impression de vraiment entrer dans l’intimité de Penn avec la reconstitution de son studio, ses appareils photo et les cimaises grises. Un seul bémol : la biographie dans l’escalier. C’était une belle idée pour habiller la montée mais ce n’était pas très pratique. De plus les textes étaient très petits ce qui les rendait peu lisibles.

Crédit deskgram.net

.Je dois bien avouer que je suis allée voir cette exposition car Irving Penn est un grand nom de la photographie, mais c’était un peu à reculons car ce que je connaissais de ces œuvres ne me touchait pas particulièrement. En sortant mon regard avait changé, j’ai découvert des séries qui m’étaient inconnues comme ses voyages ou ses dernières natures mortes et j’ai eu l’occasion de redécouvrir ses premières natures mortes hors du contexte scolaire. J’ai également pu apprécier différemment le travail de mode que je connaissais.

Pour conclure, c’est une très belle exposition qui demande à être vue !

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