Les promenades photographiques de Vendôme

Ça y est, en septembre je débute ma dernière année à Gobelins – l’école de l’image. Durant ces deux dernières années j’ai, grâce à l’école, pu participer à plusieurs projets extérieurs. La semaine dernière, je vous ai parlé de mon premier voyage à Biarritz. Aujourd’hui je vais vous parler du second. Durant l’été, c’est l’effervescence des festivals de musiques, mais pas seulement. La foire internationale de la photo à Bièvres annonce pour moi le début des festivals photographiques. Juste après arrive un autre festival que j’ai découvert il y a maintenant un an : les promenades photographiques de Vendôme.

Les promenades photographiques sont un appel à découvrir et à redécouvrir la photographie. Le festival met un point d’honneur sur la cohabitation entre, des photographies connues ou inédites de photographes renommés, des photographies oubliées et des auteurs en pleine émergence. Les expositions sont gratuites pour en permettre l’accès à tous. Dans cette idée de découvrir la nouvelle génération de photographes, le festival organise deux événements majeurs : Le prix mark Grosset qui récompense des étudiants en fin de cursus, et le Campus des promenades photographiques. L’événement se déroule dans toute la ville de Vendôme : chaque espace public est préparé en amont pour accueillir les expositions. C’est toute la ville qui s’investit pour l’occasion.

J’ai pu participer à ce campus en 2018  grâce à l’école qui propose chaque année à quelques uns des ses étudiants en première année d’y participer. Cette année, nous étions six.

Après quelques heures sur les nationales, nous sommes arrivés dans ce magnifique village. Malgré sa petite taille, nous avons réussi à nous perdre pour trouver le camping qui accueillait tous les étudiants participant au campus. Ce lieu est un endroit clé de cette aventure car tous les étudiants s’y retrouvent et cela permet de discuter sur les pratiques photographiques de chacun ainsi que sur nos différents parcours. 

Après s’être installés, nous avions rendez-vous dans les locaux d’une troupe de théâtre qui nous ont été gracieusement prêtés pour devenir le QG du campus. Mat Jacob (photographe et CO fondateur du collectif Tendance Floue), qui supervise ce campus, nous a fait part des thèmes, du déroulement et de la finalité du projet. Durant cette réunion nous avons retrouvé Maroussia Podkosova, notre référente pour ce séjour, mais aussi les élèves et référents des 4 autres écoles présentes pour le campus : l’EMI, l’ETPA, l’atelier photo de la Sorbonne, Agnès Varda (Belgique)

Le thème principal était « Slogans de Mai 68 », mais nous avions 5 sous thèmes : 

  • La vie est ailleurs 
  • L’imagination au pouvoir 
  • La liberté en chantier 
  • La beauté et dans la rue 
  • Vivre au présent

Ces sous-thèmes avaient pour but de créer des groupes, dans lesquels il était possible de créer des images de groupe ou des images individuelles. Mais le but final était de réaliser une fresque commune à tous les groupes.

Personnellement j’ai choisi d’intégrer le groupe “Liberté en chantier” et comme le dit si bien Laureline Reynaud du blog Par les yeux de la Coccinelle, je fus “ le vilain petit canard du groupe Liberté en chantier » puisque  j’ai préféré faire une série personnelle plutôt que de participer à l’image collective qui avait été décidée par mon groupe. Je vous laisse d’ailleurs aller jeter un coup d’œil, à son article pour découvrir son avis sur ce campus. Elle y parle également des différentes séries réalisées par les élèves de Gobelins.

Le lendemain de ce brief nous avons eu une réunion avec le responsable France de Fujifilm  qui nous a fait découvrir le boîtier Fuji X-PRO 2. Des boîtiers ont été mis à notre disposition tout au long du séjour. C’était l’un des nombreux et jolis partenariats que le campus propose. Dans l’après-midi nous avons eu un moment par groupe pour parler avec les référents de chaque école de nos idées afin de mûrir les projets et de trouver des solutions à nos différentes problématiques.

Le troisième jour nous avons commencé à shooter. Nous n’avions que quelques jours pour cela. Pour ma part je n’ai pas beaucoup shooté mais j’ai eu l’occasion de poser pour nos amis de l’école belge, Badr et Samir qui réalisaient des mises en scène chez les habitants du village. Grâce à eux j’ai vécu de beaux moments de partage avec les habitants.

Après ces quelques jours de création d’image et de discussion avec les référents et les autres étudiants sur l’avancement de nos séries, les référents de chaque école ont dû trancher sur la manière d’agencer les photos sur le mur. Cette étape a été une grande source de débats car il est difficile d’accepter que l’intégralité de chaque série ne sera finalement pas affichée. C’est frustrant de s’investir autant et de n’avoir qu’une seule partie de son travail présentée. Avec du recul, je me suis rendu compte que les référents devaient faire un choix et que c’était le résultat final et collectif qui importait le plus.

Après une journée et une longue nuit de réflexion, le choix des photos était fait. Il ne nous restait plus qu’à traiter nos images pour les envoyer à Picto afin de les faire imprimer sur du dos bleu. Un ambassadeur Picto était à nos côtés pour nous expliquer comment bien préparer ses images pour l’impression.

Nous avons ensuite eu quelques jours plus calmes durant lesquels nous avons eu des regroupements pour assister à des conférences durant lesquelles nous avons eu l’occasion de participer à des lectures de book collectives, des rencontres avec des photographes et des organismes photo.

Les tirages arrivés, nous avons tous ensemble participé à l’affichage. La particularité des photos à dos bleu est qu’elle se collent à la manière d’un papier peint. C’est ce procédé qui est généralement utilisé pour les affiches dans le métro. Cela a été un travail de longue haleine mais plutôt intéressant. Nous en avons également profité pour aider les bénévoles à préparer les autres expositions.

Le travail d’une semaine et demie était fini ! Place au vernissage !

Le vernissage s’est déroulé sur deux jours. Il a pris la forme d’une promenade dans la ville au gré des expositions. Ce fut un moment magique. De plus, lors de ce vernissage il était possible de rencontrer de grands photographes comme Sarah Moon.

Durant ce séjour, j’ai choisi de montrer la liberté à travers la nature car pour moi elle ne répond à aucune interdiction. Le thème que j’ai choisi étant  » la liberté en chantier » j’ai trouvé intéressant d’intégrer des panneaux de signalisation de chantier dans les paysages. Vous me direz “mais où trouver des panneaux de signalisation sans les emprunter illégalement sur les chantiers ?”. Comme je vous l’ai dit précédemment, toute la ville s’investit dans ce festival mais aussi pour le campus ! Grâce à cela j’ai pu demander au responsable signalisation de la voirie s’il pouvait me prêter quelques uns de ses panneaux. Il a accepté avec plaisir et j’ai chargé 5 panneaux de signalisation dans ma petite voiture (d’ailleurs je remercie Louise et Léa qui m’ont aidé à les charger et à les déplacer !).

Voilà maintenant mon travail durant ce séjour :

Aujourd’hui je ne suis plus tout à fait convaincue par cette série. Car après avoir pris du recul, je pense que je ne suis pas allée suffisamment loin dans mon idée et dans sa réalisation. Je me suis probablement plus investit plus dans le côté humain, dans la rencontre d’autres étudiants et dans l’apprentissage de ce qu’est la préparation d’un festival. Je voulais tout de même vous montrer le résultat même si ce n’est pas ce que je retiens de cette expérience active dans un festival photo. Les rencontres que j’y ai fait, la découverte et la satisfaction d’avoir participé à ce festival sont plus importants.

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