Zoom sur … les chartes de prise de vue

Aujourd’hui je vais vous présenter un outil essentiel en photographie : la charte de prise de vue. Une charte est un outil dans lequel sont référencées des couleurs normées. Ainsi, quelle que soit la marque de la charte, les couleurs seront les mêmes. Cela permet de donner une référence commune à toute personne travaillant dans la chaine de production graphique.

Il existe plusieurs types de charte. La première dont je vais vous parler est la Charte de Gris, c’est la plus courante. Sur celle-ci, 3 couleurs sont référencées : le blanc 100 % , le gris neutre 18 % et le noir 100 % . Elle permet de régler la balance des blancs et d’être sûr à 100 % de ne pas avoir de dominante colorée. Elle existe sous différentes formes :

Il y a deux manières d’utiliser une charte de gris : lors de la prise de vue et lors de la retouche.

Au moment de la prise de vue, on peut se connecter à un ordinateur grâce à des logiciels tel que Capture One. Il suffit de prendre une photo de la charte dans la scène à photographier, puis grâce a l’outil pipette de la balance des blancs, sélectionner le gris neutre. Après cette manipulation, toutes les photos qui suivent garderont les mêmes réglages de balance des blancs.

Si vous ne possédez pas d’outil pouvant lier l’appareil photo et le logiciel de retouche, il faut utiliser la seconde manière. Lors de la prise de vue, il faut réaliser une photo de la charte dans la scène à photographier en ayant au préalable réglé la balance des blancs en fonction de l’éclairage utilisé (cf. mon article sur les différentes sources de lumière). Cette photo vous permettra sur photoshop de créer un calque de réglage « balance des blancs »  que vous pourrez ensuite appliquer en le copiant sur vos photos finales. Quelle merveille cette technologie 😉

Il existe également des chartes de couleur comme la charte Q14, qui référence dix-huit patchs de couleurs (2 saturations de 9 couleurs). Elle est surtout utilisée dans la photographie de produits ou en reproduction d’art, car il faut respecter précisément les couleurs des objets photographiés. La charte de couleur Q14 permet de régler la balance des blancs et ainsi de ne pas avoir de dominante colorée d’une manière plus précise qu’avec la charte de gris. Comme pour la charte de gris il faut réaliser une photo avec la charte au milieu de la scène à photographier. En post-production il faut s’assurer que les couleurs de la charte en photo correspondent aux couleurs de la charte réelle. Pour cela il suffit d’utiliser la pipette sur photoshop par exemple et de regarder si les données des couleurs correspondent aux données fournies sur la notice d’utilisation de la charte. Si toutes les couleurs correspondent, cela signifie que l’image est bien réglée colorimétriquement parlant : les couleurs du produit sur la photo seront identiques aux couleurs du produit choisies par le designeur.

Quelle que soit la charte et la méthode utilisées, il ne faut pas oublier d’enlever la charte après avoir fait la photo de référence. Il faut également penser à refaire une charte à chaque fois que la lumière change de manière significative.

On utilise des chartes similaires en vidéo, comme la Xrite Charte Color Checker. Elle permet d’avoir une cohérence entre chaque plan d’un film. Pour ce faire, avant le clap de début de chaque plan, le cadreur demande à ce que l’on place la charte devant la caméra et la filme pendant quelques secondes.

Même si le but des chartes de prise de vue est de supprimer les dominantes colorées au moment de la prise de vue d’une image, cela ne veut pas dire que l’image finale ne pourra pas avoir une dominante colorée. Bien au contraire. Il est en effet plus facile de peindre une feuille blanche en couleurs que de changer la couleur d’une feuille déjà colorée !

Zoom sur … la cellule photographique

Aujourd’hui, petit retour aux sources avec la cellule photo !

 

Pour ceux qui ne le savent pas, la cellule photo (ou posemètre) est un appareil qui mesure la luminosité ambiante. Cet outil était indispensable du temps de l’argentique et des chambres photographiques pour avoir l’exposition désirée. Pour rappel, il existe 3 réglages essentiels à effectuer avant une prise de vue : la vitesse d’obturation, les ISO et l’ouverture du diaphragme. Le principe de la cellule photo est très simple : elle permet de calculer n’importe lequel de ces réglages à partir de deux d’entre eux. Par exemple : si nous avons une pellicule de 200 ISO et que nous souhaitons une vitesse de 1/150 pour éviter les « flous de bouger », il suffit de rentrer ces deux valeurs dans la cellule pour qu’elle nous donne la valeur du diaphragme appropriée à la scène que nous voulons photographier.

De nos jours il existe des cellules photos intégrées dans tous les boîtiers (et sur certain appareils argentiques). Cet outil est représenté par une bargraphe d’exposition dans le viseur.

Bien que les appareils photo numériques soient dotés d’un posemètre, il n’est pas rare qu’on utilise tout de même des cellules photo dites à main, notamment en studio. En effet, en studio, la cellule de l’appareil peut pas être efficace car elle ne peut mesurer que la luminosité ambiante et pas la luminosité qu’il y aura au moment du flash. La cellule à main nous permet de mesurer indépendamment chaque flash : elle peut s’y connecter afin de mesurer la luminosité lors du déclenchement.

Il existe deux manières d’utiliser une cellule photo à main. La première consiste à trouver la valeur du réglage recherché en faisant la moyenne de toutes les valeurs trouvées lors des différents essais flash. Cette donnée est ensuite entrée dans le boîtier photo. On peut également se servir d’une cellule à main pour régler la puissance des flashs en fonction de valeurs déjà définies. Ici on règle donc la valeur sur l’appareil photo en premier puis on adapte les flashs après en avoir mesurée la puissance grâce à la cellule à main. Ceci permet par exemple de régler un flash secondaire par rapport à un flash principal.