Zoom sur … les chartes de prise de vue

Aujourd’hui je vais vous présenter un outil essentiel en photographie : la charte de prise de vue. Une charte est un outil dans lequel sont référencées des couleurs normées. Ainsi, quelle que soit la marque de la charte, les couleurs seront les mêmes. Cela permet de donner une référence commune à toute personne travaillant dans la chaine de production graphique.

Il existe plusieurs types de charte. La première dont je vais vous parler est la Charte de Gris, c’est la plus courante. Sur celle-ci, 3 couleurs sont référencées : le blanc 100 % , le gris neutre 18 % et le noir 100 % . Elle permet de régler la balance des blancs et d’être sûr à 100 % de ne pas avoir de dominante colorée. Elle existe sous différentes formes :

Il y a deux manières d’utiliser une charte de gris : lors de la prise de vue et lors de la retouche.

Au moment de la prise de vue, on peut se connecter à un ordinateur grâce à des logiciels tel que Capture One. Il suffit de prendre une photo de la charte dans la scène à photographier, puis grâce a l’outil pipette de la balance des blancs, sélectionner le gris neutre. Après cette manipulation, toutes les photos qui suivent garderont les mêmes réglages de balance des blancs.

Si vous ne possédez pas d’outil pouvant lier l’appareil photo et le logiciel de retouche, il faut utiliser la seconde manière. Lors de la prise de vue, il faut réaliser une photo de la charte dans la scène à photographier en ayant au préalable réglé la balance des blancs en fonction de l’éclairage utilisé (cf. mon article sur les différentes sources de lumière). Cette photo vous permettra sur photoshop de créer un calque de réglage « balance des blancs »  que vous pourrez ensuite appliquer en le copiant sur vos photos finales. Quelle merveille cette technologie 😉

Il existe également des chartes de couleur comme la charte Q14, qui référence dix-huit patchs de couleurs (2 saturations de 9 couleurs). Elle est surtout utilisée dans la photographie de produits ou en reproduction d’art, car il faut respecter précisément les couleurs des objets photographiés. La charte de couleur Q14 permet de régler la balance des blancs et ainsi de ne pas avoir de dominante colorée d’une manière plus précise qu’avec la charte de gris. Comme pour la charte de gris il faut réaliser une photo avec la charte au milieu de la scène à photographier. En post-production il faut s’assurer que les couleurs de la charte en photo correspondent aux couleurs de la charte réelle. Pour cela il suffit d’utiliser la pipette sur photoshop par exemple et de regarder si les données des couleurs correspondent aux données fournies sur la notice d’utilisation de la charte. Si toutes les couleurs correspondent, cela signifie que l’image est bien réglée colorimétriquement parlant : les couleurs du produit sur la photo seront identiques aux couleurs du produit choisies par le designeur.

Quelle que soit la charte et la méthode utilisées, il ne faut pas oublier d’enlever la charte après avoir fait la photo de référence. Il faut également penser à refaire une charte à chaque fois que la lumière change de manière significative.

On utilise des chartes similaires en vidéo, comme la Xrite Charte Color Checker. Elle permet d’avoir une cohérence entre chaque plan d’un film. Pour ce faire, avant le clap de début de chaque plan, le cadreur demande à ce que l’on place la charte devant la caméra et la filme pendant quelques secondes.

Même si le but des chartes de prise de vue est de supprimer les dominantes colorées au moment de la prise de vue d’une image, cela ne veut pas dire que l’image finale ne pourra pas avoir une dominante colorée. Bien au contraire. Il est en effet plus facile de peindre une feuille blanche en couleurs que de changer la couleur d’une feuille déjà colorée !

Zoom sur … le Kodak Brownie Junior Six-20

Lors d’un week-end chez mes grands-parents j’ai rencontré un petit bijou que je souhaite vous présenter. D’après ma grand-mère, cet appareil a une centaine d’année et appartenait à un de ses cousins. Il avait été soigneusement rangé mais avait finalement été oublié au fond d’une armoire. Cela aurait pu être une triste fin pour ce petit appareil mais heureusement il fut retrouvé par hasard il y a quelques semaines ! Il était dans un état assez catastrophique, mais pas question de renoncer à le tester ! Je l’ai donc bichonné pour lui redonner sa gloire d’antan.

Lorsque je l’ai vu pour la première fois ce boîtier m’a intriguée. Une boîte rectangulaire avec un objectif, un semblant de manivelle, un petit loquet et deux viseurs. D’ailleurs, l’un des deux viseurs semblait cassé. Afin de savoir à qui j’avais à faire, j’ai cherché une inscription. Rechercher des informations sur un boitier inconnu est en effet la première chose à faire pour éviter les bêtises. Par chance, sous la poussière, les inscriptions étaient plutôt claires et j’ai pu découvrir son nom : le Brownie junior six-20.

Puisque je suis une « digital native » je cherche toujours s’il existe des informations historiques sur le site Collection Appareils. J‘ai découvert que ce boitier de chez Kodak avait été produit à New York, dans les années 30. Le système mécanique et la partie avant, qui accueille l’objectif, sont fabriqués en aluminium. La boîte qui permet l’étanchéite à la lumière est quant à elle faite en et bois reconstitué et recouverte de moleskine. Après en avoir appris un peu plus sur ses origines, il s’agit maintenant de comprendre son fonctionnement.

En navigant sur internet j’ai découvert un nouveau site que je ne connaissais pas, dans lequel sont répertoriées un grand nombre de notices d’utilisation : Central Manuels. Une vraie mine d’or ! J’y ai trouvée la notice du boîtier qui nous intéresse aujourd’hui (vous pourrez la retrouver ici). Après avoir bien étudié cette notice, j’ai compris comment ouvrir le Brownie junior six-20. Malheureusement, avec les années, l’humidité a créé de la rouille et il ne voulait pas s’ouvrir. J’ai finalement forcé un peu et après plusieurs tentatives, il a bien voulu me révéler ses secrets.  À mon grand étonnement il restait une pellicule à l’intérieur. Elle était sèche et friable ce qui signifie qu’elle devait être là depuis très longtemps. Celle-ci ressemblait à une pellicule au format 120, mais il était indiqué que les pellicules à utiliser pour ce boîtier étaient des 620. Évidemment, Kodak a stoppé leur production et il n’en existe plus aujourd’hui… Pourtant, en étant un peu maligne, j’ai réussi à trouver une pellicule adéquate ! La seule différence entre les pellicules 120 et 620 est en fait la taille de la bobine. Il suffit donc de transférer le film d’une pellicule 120 sur la bobine d’une pellicule 620. (Vous trouverez un tutoriel pour faire cette manipulation à cette adresse : lien du tuto). L’inconvénient de cette technique est qu’il faut posséder une paire de bobines au bon format. Le fait qu’il restait une pellicule dans le boitier m’a donc rendu un grand service : je les ai récupérées et j’ai transféré une pellicule 120 dessus. Petit conseil d’ami : si vous faites développer vos pellicules, n’oubliez pas de préciser que vous souhaitez récupérer la bobine sinon elle sera perdue et vous ne pourrez plus utiliser votre boîtier !

Après un bon nettoyage et quelques coups de papier à poncer je décide de tester la bête malgré la rouille toujours un peu présente. Après tout, les accidents font les meilleures photos ! La rouille pourrait leur apporter un style ?

Ce boîtier est très troublant à utiliser : pas de choix pour la vitesse (à priori déterminée à 1/50ème de seconde) hormis si on utilise le mode B grâce à un petit loquet qui permet de maintenir le diaphragme ouvert (Si vous voulez savoir ce qu’est le mode B, je vous invite à lire mon Zoom sur … l’Olympus OM-10 dans lequel tout est expliqué) . Il y a deux tailles de diaphragme à notre disposition mais je ne connais pas la valeur exacte de ceux-ci et cela rend la tâche compliqué pour ceux qui ont appris à déterminer les paramètres de réglage avec des valeurs précises. Pour palier ces inconnues, je me suis référée au manuel dans lequel il y a un guide d’exposition qui est très bien fait mais auquel je n’ai pas encore tout compris.

Malgré toutes ces incertitudes je me suis lancée dans la prise de vue. J’ai décidé de rester à la plus grande ouverture de diaphragme et à la vitesse imposée avec une pellicule 400 ISO. Première impression : on prend une photo sans s’en rendre compte ! Il n’y pas de bruit du au déclencheur et tout est très rapide car il n’y a pas de réglage à faire. Ce n’est pas désagréable mais c’est déstabilisant. Question ergonomie, le déclencheur n’est pas très pratique et la manivelle pour changer de vue fait mal aux doigts, surtout à cause de la rouille qui provoque de la résistance.

J’ai finalement pu réaliser 8 images seulement car il m’était impossible de changer de vue après la 8ème photo. J’ai choisi de prendre différentes conditions d’éclairage pour me permettre de comprendre un peu mieux quelles sont les conditions optimales pour faire des photos correctement exposées avec cet appareil.

Après le développement, le résultat m’a surprise ! Toute la pellicule était plutôt bien exposée malgré deux photos qui semblaient légèrement cramées (surexposition de la pellicule qui détruit la matière). Je sais désormais pour quelle raison je n’ai pu faire que 8 photos : elles sont presque deux fois plus grandes que des photos au format 120 ! Après avoir scanné les images, je me suis rendu compte que toutes les images étaient griffées de manière régulière sur toute la largeur et la longueur, sûrement à cause de la rouille. Le côté droit de la pellicule était quant-à lui griffé tout du long également.

Les griffures sur le noir et blanc apportent un côté fantomatique aux images, comme sur un vieux film, et cela me plait beaucoup. Je suis plutôt contente de ce premier essai et j’ai déjà prévu de réutiliser le Brownie Junior Six-20 pour réaliser une commande de l’école qui fera l’objet d’un prochain article !

 

Zoom sur … l’Olympus OM-10

Fin février 2019 Olympus fêtera son 100ème anniversaire ! Pour l’occasion, la marque a annoncé la sortie de la version silver du OM-D E-M1 Mark II ! Puisque j’ai moi aussi envie de fêter cet anniversaire comme il se doit, je vais vous faire découvrir un boitier argentique de la marque : le OM-10, mon chouchou du moment !

Olympus OM-10

 Mon histoire avec ce boîtier a commencé d’une manière très singulière : je l’ai trouvé en me baladant sur la plage, abandonné sur un rocher, en piteux état. Avec mon âme de collectionneuse de boitiers anciens, j’ai décidé de le prendre avec moi pour le ramener à la vie. Après l’avoir bichonné, je l’ai testé et surprise, il fonctionnait ! Avec un objectif 50 mm, il est plutôt petit, discret et pas trop lourd. Parfait pour un appareil de tous les jours ! Mais entre fonctionner mécaniquement parlant et fonctionner dans les faits il y a une grosse différence. Il faut donc tester tout ce qu’il est possible de teste.

Avant de l’allumer j’ai voulu insérer une pellicule (c’est un appareil argentique donc sans pellicule il n’est pas très utile… à moins d’en faire un presse papier !). Pour ce faire il faut ouvrir le capot arrière en tirant délicatement vers le haut la manivelle de rembobinage. C’est à ce moment que je me suis aperçue que le commutateur marche-arrêt était trop souple, ce qui laissait présager que le boîtier allait s’allumer et s’éteindre de manière intempestive… Après avoir refermé le boîtier et j’ai armé plusieurs fois la gâchette de l’appareil pour que la pellicule soit placée au niveau de la vue n°1. Celle-ci s’affiche sur le compteur de vue (à droite de la gâchette d’armement), qui n’est pas très clair mais suffisant pour qu’on sache à quelle position de la pellicule on se trouve. Une fois la pellicule choisie et installée il ne faut surtout pas oublier de régler les ISO sur le boîtier grâce à la bague située au-dessus du sélecteur de mode.

D’ailleurs, parlons-en un peu, cet appareil possède 3 modes :

  • Le mode Auto qui est en réalité un mode semi automatique priorité a l’ouverture.  » Semi automatique priorité à l’ouverture ?! Mais qu’est que c’est que ce charabia ? » me direz vous.  Pour régler un appareil photo il faut trois paramètres : les ISO, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation. Deux entre eux sont à régler manuellement tandis que le 3ème est calculé grâce à la cellule photographique intégrée. Les ISO sont déterminés par la pellicule choisie. Puisque le mode est priorité à l’ouverture du diaphragme, c’est ce paramètre qu’il faut régler manuellement. La vitesse sera donc automatiquement déterminée par la cellule.
Bargraphe d’exposition de l’OM-10
  •  Le mode B, dit « bulb », qui consiste à gérer le temps de prise de vue en restant appuyé sur le déclencheur afin de permettre des poses longues.  Cette curieuse appellation vient de l’accessoire originel qui servait à garder la fenêtre de l’obturateur ouvert. C’est ce qu’on appelle une poire/valve en français mais qui se dit « bulb » (ampoule) en anglais. Faire des poses longues en gardant l’obturateur ouvert est utile notamment pour faire des photos de nuit, des filés (photo où l’on ne voit que les lumières des voitures sur une route), du light painting ou encore des photos avec du flou de mouvement…
Poire de déclenchement (source : blog.photo24.fr)
  • Le mode le manuel adapté qui permet de régler les trois paramètres de façon manuelle. Ce mode nécessite un petit accessoire : un adaptateur manuel qui se connecte avec une prise jack sur le devant du boîtier, à gauche de l’objectif. Par chance le boîtier que j’ai trouvé en possédait un.
Adaptateur Manuel OM-10

 

Au cours de cette découverte du boitier, j’ai eu quelques frayeurs. La première car le miroir s’arrêtait à mi-course après la prise de vue lors des premiers déclenchements. Après quelques vérifications, je me suis aperçue qu’il y avait une pile (LR44) et qu’elle avait certainement besoin d’être changée. Ces piles sont évidemment peu courantes (sinon ça serait trop facile !) mais une fois trouvée et changée, le miroir fonctionnait correctement. La deuxième, lorsque le bargraphe (instrument indiquant la vitesse dans le viseur) ne s’est pas allumé alors que le boitier était sur « on ». J’ai donc vérifié la pile en poussant le commutateur on/off jusqu’à la position « check » et le boitier s’est mis à bipper. La pile était donc fonctionnelle. Après plusieurs tentatives, le bargraphe s’est enfin allumé. Comme je le craignais, mon commutateur trop souple allait me faire des misères j’étais trop heureuse pour y penser car mon nouveau joujou était enfin prêt à me suivre partout !

Après une semaine dans mon sac à shooter une fois de temps en temps sans souci, les problèmes ont commencé ! Dès que j’armais la pellicule, je l’entendais craquer, se déchirer. J’ai donc décidé de la rembobiner et de la changer. La deuxième pellicule n’avait semble-t-il aucun problème jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais sûrement dépasser depuis longtemps les 36 poses… Le compteur de vue était en effet revenu à 0 sans que je m’en aperçoive mais je pouvais toujours actionner la gâchette d’armement. En voulant rembobiner j’ai constaté que je tournai dans le vide : le film s’était désolidarisé de sa bobine. J’ai tout de même pu sortir et développer ma deuxième pellicule. J’ai pu constater qu’il y avait un léger voile sur mes photos. Mauvaise nouvelle… il y a probablement des fuites de lumière dans mon boîtier… Malgré tout je l’aime beaucoup donc je décide de lui donner une autre chance en espérant que le problème venait de pellicules défectueuses. Sans résultat.

Puisque j’adorais ce boitier et que j’étais vraiment triste de ne plus pouvoir l’utiliser, j’ai décidé d’en commander un à Papa Noël ! Gros défi, puisque si ce boitier est facilement trouvable en occasion, peu de modèles fonctionnent ! Mais défi relevé en fin de compte pour mon plus grand plaisir !

Un voyage et quatre pellicules plus tard ! Je peux vous affirmer que j’adooooore ce boîtier !

Je n’ai pas encore pu développer les photos que j’ai faite avec mon deuxième Olympus OM-10 mais voici une courte série de photos que j’ai réalisée avec le premier boîtier ! Les fuites de lumière apportent un effet voilé, laiteux qui donne l’impression de photos prises il y longtemps.

 A très vite pour d’autres séries et de nouvelles aventures avec ce nouveau boîtier !

Zoom sur … la cellule photographique

Aujourd’hui, petit retour aux sources avec la cellule photo !

 

Pour ceux qui ne le savent pas, la cellule photo (ou posemètre) est un appareil qui mesure la luminosité ambiante. Cet outil était indispensable du temps de l’argentique et des chambres photographiques pour avoir l’exposition désirée. Pour rappel, il existe 3 réglages essentiels à effectuer avant une prise de vue : la vitesse d’obturation, les ISO et l’ouverture du diaphragme. Le principe de la cellule photo est très simple : elle permet de calculer n’importe lequel de ces réglages à partir de deux d’entre eux. Par exemple : si nous avons une pellicule de 200 ISO et que nous souhaitons une vitesse de 1/150 pour éviter les « flous de bouger », il suffit de rentrer ces deux valeurs dans la cellule pour qu’elle nous donne la valeur du diaphragme appropriée à la scène que nous voulons photographier.

De nos jours il existe des cellules photos intégrées dans tous les boîtiers (et sur certain appareils argentiques). Cet outil est représenté par une bargraphe d’exposition dans le viseur.

Bien que les appareils photo numériques soient dotés d’un posemètre, il n’est pas rare qu’on utilise tout de même des cellules photo dites à main, notamment en studio. En effet, en studio, la cellule de l’appareil peut pas être efficace car elle ne peut mesurer que la luminosité ambiante et pas la luminosité qu’il y aura au moment du flash. La cellule à main nous permet de mesurer indépendamment chaque flash : elle peut s’y connecter afin de mesurer la luminosité lors du déclenchement.

Il existe deux manières d’utiliser une cellule photo à main. La première consiste à trouver la valeur du réglage recherché en faisant la moyenne de toutes les valeurs trouvées lors des différents essais flash. Cette donnée est ensuite entrée dans le boîtier photo. On peut également se servir d’une cellule à main pour régler la puissance des flashs en fonction de valeurs déjà définies. Ici on règle donc la valeur sur l’appareil photo en premier puis on adapte les flashs après en avoir mesurée la puissance grâce à la cellule à main. Ceci permet par exemple de régler un flash secondaire par rapport à un flash principal.

Zoom sur … La lumière continue

Puisque que je vous ai parlé de la lumière continue dans un article de photo technique, je me suis dit qu’il fallait que je vous explique un peu plus précisément de quoi il s’agit !

Comme son nom l’indique la lumière est diffusée en continue : elle ne se déclenche pas au moment du cliché contrairement au flash. Il peut aussi bien s’agir de sources de lumière artificielle spécifique (Fresnel tungstène, mandarine, cycloïde) que de lumière artificielle commune (lampe de poche, bougie, …) ou encore de la lumière naturelle telle que celle provenant du Soleil. La lumière continue est surtout utilisée en photo pour faire des natures mortes car l’intensité lumineuse, moins forte que les flash, nous contraint à des temps de pose plus long ce qui peut s’avérer compliqué avec un modèle vivant.

Il existe trois types de matériel pour produire de la lumière continue artificielle spécifique :

  • Les lumières au tungstène qui sont des lampes à filaments. Elles sont puissantes et de très bonne qualité lumineuse mais consomment et chauffent énormément. Leur température de couleur est de 3200 K. Il y a plusieurs sortes de lampes tungstènes : les mandarines qui peuvent délivrer entre 650 et 800 Watts, le Mizar et le Bambino qui ont tous les deux des lentilles Fresnel tungstène de puissances différentes : respectivement 650 Watt et 500 Watt.
  • Les tubes fluorescents qui ont un encombrement et une consommation électrique moyenne. L’avantage de ce type de source lumineuse est qu’il est possible de changer l’intensité de la lumière : il suffit de ne pas allumer tous les tubes en même temps. Il est également possible de modifier la température de couleur en changeant les tubes pour passer de 3200 K à 5500 K. Il existe plusieurs sortes de lampes fluo : Le kino flo et le cycloïde.
  • Le HMI (Hydrargyrum medium-arc iodide ou lampe aux halogénures métalliques) qui est très puissant et resitue très bien la température de la lumière du jour (5600 K). En revanche, c’est un matériel très encombrant qui chauffe et consomme beaucoup. Ce type d’éclairage est notamment utilisé au cinéma.
  • La LED qui a une consommation électrique faible et est très peu encombrante. C’est un éclairage polyvalent qui permet de choisir la température de couleur ainsi que la puissance. Actuellement très peu de projecteurs permettent d’avoir une lumière concentrée mais avec le progrès technique, on peut penser que la LED va finir par éclipser la plupart des autre types de lumière continue.

 

Par ailleurs, chaque type de lampe possède ses accessoires. Le HMI et le Tungstene peuvent être agrémentés de lentilles Fresnel. Le principe de celles-ci est de concentrer la lumière pour donner un éclairage précis et très contrasté avec des ombres très marquées.

Zoom sur … La chambre noire

La camera obscura fut d’abord utilisée par les peintres pour réaliser des portraits très détaillés et au plus proche de la vision humaine. Par la suite on découvrit de la méthode de fixation des images grâce à un procédé chimique. Cette boite avec son sténopé (un dispositif optique très simple, formé par un minuscule trou) est à l’origine de la photographie.  Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire de la photographie mais après plusieurs modifications et inventions nous arrivons à la chambre photographique. La chambre que j’ai eue l’occasion de tester lors d’un Workshop « Architecture à la chambre 4×5 » et une Sinar P2.

De manière générale, une chambre est composée obligatoirement :

  • d’un banc optique qui sert à fixer la chambre sur un pied et permet aux différents éléments de bouger
  • d’un corps avant sur lequel sera fixé l’objectif (et l’obturateur s’il est dissocié de l’objectif)
  • d’un corps arrière sur lequel sera fixé le support de verre dépoli et de châssis
  • d’un soufflet accordéon ou ballon qui relie les deux corps de la chambre

Voici le schéma représentant les différentes parties qui composent une chambre Sinar P2 et la photo d’un châssis porte-film.

Photographier à la chambre est passionnant même si cela peut sembler compliqué. Mon expérience s’est plutôt bien déroulée grâce à l’aide de mon professeur @olivemauffrey et de mes coéquipières @leaponcho et @_charlottefouillet_ ! Premièrement nous avons appris à monter la chambre, après quelques péripéties nous avons fini par réussir. Grâce à @photogobelins nous avons pu investir les anciens locaux de la douane. En visitant, j’ai tout de suite su que je voulais faire des photos au 3ème étage. C’est à ce moment là que je me suis demandée comment j’allais faire pour y monter la chambre : le gros problème étant que cet engin est extrêmement lourd.

J’ai  choisi de mettre un objectif grand angle et on m’a conseillé de mettre un soufflet ballon à la place du soufflet accordéon. Le soufflet ballon a l’avantage de s’aplatir plus que l’accordéon. Il est donc plus adapté pour des objectifs grand angle qui ont besoin d’un très faible tirage (espacement entre les corps de la chambre). Avant de repartir j’ai mis des plans films dans mes châssis. Le châssis porte-film est un boitier étanche à la lumière, il peut accueillir deux films, c’est à dire qu’avec un même châssis nous réalisons deux prises de vue. Pour l’occasion nous avions le droit à quatre plans films négatifs couleur. Pour remplir un châssis, il faut être dans une pièce noire ou utiliser une tente ou des manchons de chargement afin de ne pas exposer les films à la lumière.

J’ai monté la chambre au 3ème étage, non sans mal et je l’ai mise en place. J’ai commencé par cadrer l’image sur le verre dépoli. Petit rappel, l’image est à l’envers car dans une chambre il n’y a pas de miroir pour redresser l’image. Afin de mieux voir l’image qui n’est pas très lumineuse, il faut se mettre sous un voile. Pour connaître les réglages appropriés (vitesse et diaphragme) il faut utiliser un posemètre. C’est un appareil pour mesurer la luminosité d’une scène. Sur le boitier on désigne les ISO imposés par le plan film utilisé, on choisi la vitesse d’exposition et le posemètre nous indique quel diaphragme utiliser. Enfin prête a shooté !  Je monte le châssis dans son emplacement devant le verre dépoli. Surprise l’image a disparu ! Rien d’anormal puisque le châssis coupe la visibilité. J’ouvre le volet du châssis et CLIC, la photo est prise !! La chambre a plusieurs atouts comme les bascules et le décentrement qui servent à redresser les perspectives ou agrandir le plan de netteté. Toutes ces techniques sont complexes mais si j’ai un conseil à vous donner, c’est d’essayer toutes les manettes et regarder sur le verre dépoli ce que cela change. Vous comprendrez mieux ces techniques en testant par vous-même !

La dernière étape de la prise de vue est le développement des plans film. Je l’ai fait réaliser par le laboratoire Processus. Ensuite il faut les scanner et les mettre en positif grâce a un logiciel de retouche. Je vous laisse découvrir le résultat.

Zoom sur … le Voigtländer Brillant n°2

Voigtländer est une marque d’appareils photos allemande. Créée en 1756 par Johann Christoph Voigtländer, cette entreprise fabriquait des instruments optiques de pointe et en 1849 ils lancent la fabrication des premiers appareils photo en métal au monde ! C’est donc de l’un de ceux-là dont je vais vous parler : le Brillant n°2. Il sera produit entre 1932 et 1951 et sera fabriqué en plusieurs versions, six exactement, dont certaines n’étaient pas en métal mais en bakélite (matière plastique mise au point en 1907 par le chimiste belge Leo Baekeland).

Le Brillant est un appareil photo argentique bi-objectif qui s’utilise avec une pellicule 120. Les deux optiques sont placées l’une au-dessus de l’autre : celle du bas pour la prise de vue et celle du haut pour la visée. Sur certaines versions, plus coûteuses, les deux objectifs sont couplés affin de pouvoir contrôler la mise au point. Sur les versions plus basiques, il n’existe pas de moyen pour la gérer, il faut donc se fier à son instinct. Le cadrage se fait sur un verre dépoli en visée poitrine, c’est n’est donc pas un réflex en visée directe comme nos appareils actuels. Le verre dépoli donnant une image très brillante au cadrage vous pouvez deviner d’où vient le nom de ce modèle !

Si j’ai décidé de faire un zoom sur le Voigtländer Brillant n°2 c’est que j’en ai un ma possession et que je voulais vous faire partager ma première expérience. Celle-ci, bien que, difficile était très intéressante. Je n’avais fait aucune recherche sur l’appareil que j’avais entre les mains car je me disais que cela ne devait pas être très compliqué … GROSSE ERREUR. La première difficulté que j’ai rencontrée était « mais comment monte-t-on la pellicule ?? ». Après des heures de recherches sur Internet j’ai enfin réussi à la positionner correctement. Une fois mon cadrage fait, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de cellule intégrée au boitier, il me fallait donc mesurer la lumière avec une cellule à main. Cette étape effectuée et mes paramètres réglés grâce aux bagues présentes sur l’objectif, j’ai voulu faire la mise au point mais là encore je me suis heurtée à un problème … J’avais beau tourner la bague de mise au point rien ne se passait. Après inspection du boitier j’ai compris qu’elle se faisait « à l’estimer » à l’aide des indications de distance en mètres inscrites sur le boitier. Par reflex, après avoir déclenché, j’ai regardé le dos de mon appareil … j’ai eu un gros fou rire lié à ma bêtise. Enfin est venu cette sensation étrange, un mélange entre la satisfaction d’avoir réussi et le moment de doute « ai-je bien fait mes réglages ? » mais surtout l’impatience de découvrir le résultat. Ma première photo au Voigtländer Brillant était faite ! Afin d’enclencher la nouvelle zone de prise de vue sur la pellicule, il faut tourner une petite molette. Le numéro dans la fenêtre ronde change, indiquant que la pellicule est bien positionnée. Enfin il faut croiser les doigts pour que ça soit le cas. Les prises s’enchainent et là c’est le drame ! Je ne me souvenais plus si j’avais utilisé la vue n°5 ou non … tant pis cela ferait des effets … J’ai donc fini cette pellicule un peu perplexe. Quelques jours plus tard je l’ai développée, le résultat était catastrophique : seulement huit photos sur douze sont sorties et elles étaient toutes floues.

Voici tout de même le résultat de ma première expérience (ce sont les négatifs scannés de ma série sur la vie d’une citrouille d’Halloween) :

Bilan de cette expérience : RE-CO-MMEN-CER ! Maintenant que j’ai compris le fonctionnement de l’appareil, la prochaine pellicule sera la bonne et je vous présenterai des photos réussies !