La minute d’avant…

Récemment l’école nous a passé une commande un peu particulière : il s’agissait de faire le portrait de comédiens. La difficulté de cette commande résidait en le fait de ne pas photographier le personnage joué mais bien la personne qui joue.

Cela n’est pas sans rappeler l’historique du portrait. Originellement le portrait photographique avait pour but de montrer le réel sans interprétation humaine. Par la suite, Nadar a réalisé des portraits où l’on voyait transparaitre la psychologie et la position sociale des sujets. Le portrait photographique se rapproche alors des portraits en peinture où les éléments de décor avaient une signification importante.

Dans mes portraits je voulais donc faire ressortir à la fois la personnalité des comédiens mais également leur métier. Pour cela j’ai choisi de photographier un moment précis propre à chaque comédien mais commun à toute la profession : le court temps qui précède la montée sur scène. Pour moi cet instant est celui qui représente le mieux le comédien en tant que personne car c’est un moment intime de préparation et de concentration intense. Chacun y va de sa méthode, certains font des exercices de mise en situation d’autres se recentrent sur eux-mêmes et d’autres encore rentrent dans leur personnage en ajustant leur costume.

Lors de la prise de vue je leur ai demandé de me parler de leurs habitudes avant de monter sur scène et de me les montrer. J’ai également recréé un décor de coulisses de théâtre pour les mettre dans l’ambiance. Ainsi j’ai pu prendre des photo presque sur le vif.

Cette commande a été très enrichissante pour moi car elle m’a obligé à sortir de ma zone de confort pour faire de l’humain. J’ai dû parler avec les modèles, apprendre à les connaitre pour retranscrire au mieux qui ils sont dans mes portraits. Je tiens donc à remercier chaleureusement Nadia Hermès, Aurélien Martinet, Maxime Leguay, Bryan Grandin, Romane-Marie Ridel et Benjamin Constant.

A la manière de … Lise Sarfati

Lise Sarfati est une photographe française qui a réalisé six grande séries : Post Factum, Acta est, Rough, Cold and Close : a Russian Poem, The New Life, Austin – Texas et On Hollywood. Ces œuvres sont toutes reliées par la même recherche artistique qui met en relation les lieux et les personnes.

The New life (2003) qui représente des adolescents de la classe moyenne américaine seuls dans leur univers. Cette série est un questionnement sur le vide : le décalage et le flottement qui sont des sentiments propres à l’adolescence. La sélection des personnages qu’elle opère lui permet de ne pas faire de mise en scène et donc de saisir le moment où les adolescents se perdent dans leur univers avec une émotion intacte.

Le vide est souvent présent dans ces photos, comme dans la série Post Factum (date) qui illustre l’appartement vide, mais non sans vie, de Marguerite Duras après son décès. Le vide apparait parfois de manière très subtile : même lorsqu’il y a des personnages, il se fait sentir par les expressions faciales de ceux-ci ou au travers du décor souvent très épurée ou surchargé mais toujours figé.

Pour revisiter le travail de Lise Sarfati, j’ai choisi de réaliser un diptyque composé d’un portrait et d’une nature morte. La première photo pourrait faire partie de The New Life tandis que la seconde est assimilable à Post Factum. Les deux photos dialoguent entre elles et rendent encore plus visible la ligne conductrice de l’œuvre de Sarfati : le vide qui n’est pas forcément où on pourrait le croire.

 

A la manière de … Jonas Bresnan

Cet éclairage bicolore, souvent rouge et bleu, est le fait d’un photographe de mode : Jonas Bresnan. Assez peu connu, il a pourtant réalisé de nombreux clichés pour Glamour, InStyle et Stylist. C’est d’ailleurs dans ce dernier magazine (numéro de décembre 2015) qu’est parue sa série « Party pour la nuit », où j’ai pu découvrir cette manière très particulière d’éclairer un modèle. Un côté rouge, un côté bleu. Cette opposition de couleurs fait penser aux éclairages de boites de nuit et à cette ambiance sexy et glamour. Son utilisation des paillettes accentue encore cet effet.

Pour réaliser cet éclairage j’ai utilisé deux torches (flash) avec deux bols pour modeler la lumière. L’utilisation des bols a pour but de concentrer la lumière sur une zone afin d’en faire ressortir les contrastes. Les ombres sont ainsi plus marquées. Puisqu’il fallait appuyer sur la différence entre les deux couleurs sur le visage, j’ai placé les flashs de part et d’autre du modèle, latéralement. Pour avoir ce rendu rouge et bleu, les bols ont été habillés avec des gélatines colorées. Pour ne pas refaire la photo exacte de Jonas Bresnan j’ai choisi d’inverser les couleurs et de dénuder au maximum le modèle. Ici ce qui est mis en avant ce n’est pas un vêtement mais un accessoire : la montre.

 

Des lumières dans la nuit

Même si les jours raccourcissent il faut bien s’occuper, et hors de question d’arrêter de faire des photos uniquement parce qu’il fait nuit ! Une solution aussi belle qu’amusante existe pour illuminer les douces soirées d’automne : le light painting. Et si cette technique est à la mode actuellement, elle existe depuis les années 40 ! La preuve en image :

Picasso utilisant la technique du light painting. (Photo by Gjon Mili/The LIFE Picture Collection)

Le light painting consiste à faire des dessins avec une forte source de lumière dans un lieu sombre avec un temps de pose long, c’est-à-dire avec une vitesse d’obturation de 15 ou 30 secondes. Pour réaliser une photo en light painting, il faut régler son appareil avec les ISO au minimum et l’ouverture du diaphragme assez petite. L’idée est d’avoir un fond très sombre voire complétement noir et de l’embellir avec des éléments lumineux. Il peut être utile de placer des marqueurs dans la zone physique de la photo afin que le modèle connaisse les bords du cadrage. Puisque le temps de pose est allongé pour avoir le temps de dessiner, il est nécessaire d’utiliser un trépied pour éviter tout mouvement. Pour éviter les mauvaises surprises, je vous conseille également de faire la mise au point avant le déclenchement de la prise de vue. Pour cela vous pouvez demander à votre modèle de se placer comme pour la photo avec une lampe torche et choisissez la zone de mise au point en manuel. Si vous souhaitez faire apparaitre le modèle en plus des éléments lumineux, il suffit de faire un flash court pendant le temps de pose.

Le light painting demande de l’entrainement, alors sauf si vous faites appel à un pro du dessin, vous allez certainement devoir vous y reprendre à plusieurs fois pour obtenir le résultat escompté. C’est une technique photo qui demande de la patience !

Dans le cadre de mon exercice imposé, j’ai souhaité réaliser une thématique sur le rêve, comme dans les bulles d’une BD. L’étudiante rêvasse à un monde sous-marin et la lumière permet de matérialiser ses pensées.

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Merci à Léa Lepioufle d’avoir joué les modèles et à Marie Morandi pour ces beaux dessins !

L’art de l’effort

Les sports comme la danse ou la Gymnastique Rythmique ne sont pas seulement pourvoyeurs d’esthétique, depuis toujours ce milieu est rythmé par la compétitivité. Même dans la beauté, il y a  l’idée de performance. En cette période de compétitions nationales, cette série de photos a pour but de montrer le versant le moins médiatisé de ces arts : l’effort et le travail corporel.

Une future star …

Lors d’un exercice nous avons dû réaliser un shooting de mannequins pour illustrer la couverture d’un magasine de mode. Ceci a été très enrichissant pour moi d’un point de vue technique car il fallait mettre en valeur le modèle plus que la tenue. L’aisance des mannequins m’a également aidé à mieux les diriger afin qu’elles prennent les poses qui les valorisaient.

J’ai choisi avec la robe noire de faire ressortir l’intensité du regard.

 

Puis, avec la robe design, j’ai fait ressortir la silhouette féminine.