Deux photos en une !

La double exposition ou surexposition et une technique qui vient à l’origine de la photo argentique. Au début simple erreur, elle est très vite devenue une technique à part entière. Comme son nom l’indique l’idée est d’exposer deux clichés sur la même vue d’un film. Cela pouvait survenir si le photographe avait, par exemple, oublié de réarmer la pellicule ou de changer de plan film entre deux prises de vue.  Cette « erreur » si elle est bien maitrisée, peut donner des photos très artistiques. Lors de la réalisation d’une telle photo, il faut penser qu’exposer deux fois une vue de pellicule peut « cramer » les images (rendre certaines parties trop claires et provoquer la perte des détails). Pour éviter cela, il faut sous-exposer les deux images ou tout du moins la seconde.

Maintenant que vous savez tout cela vous allez me dire « mais c’est impossible de faire ça avec un appareil numérique ! » Effectivement avec les appareils actuels il est impossible de bloquer le film vu qu’il n’y en a pas. Il existe cependant sur certains boitiers un réglage qui  permet de combiner automatiquement deux images prises l’une à la suite de l’autre.

Sur le Canon 5d mark III ce réglage se trouve dans la touche . Il faut ensuite enter dans le menu  et aller à la partie « expo multiple ».

Dans le menu qui s’ouvre il faut effectuer les manipulations suivantes :

  • Expo multiple : ON : Fn/ctrl (priorité aux fonctions et aux commandes), avec ce réglage il est possible d’activer la visée par l’écran ce qui permet d’ajuster correctement les deux images.
  • Ctrl expo multi : Sans grain (je vous invite également à tester les autres modes mais pour moi c’est celui qui a le meilleur rendu)
  • Nb d’expositions : cela correspond au nombre de photos que vous souhaitez assembler. Ici, j’en ai utilisé deux.
  • Enr. imgs source : je vous conseille d’enregistrer toutes les photos, au cas où.

La photo technique que je vais vous présenter se compose donc de deux clichés. La première (photo P_09_01) est celle une d’un verre éclairé au flash afin d’avoir une belle transparence. La seconde (photo P_09_02) met en scène des pommes en lumière continue. La dernière photo que vous pouvez voir est le résultat de la composition automatique faite par l’appareil (photo P_09_03).

Après la prise de vue, comme pour toutes photos, nous passons sur Photoshop,. Grâce à la compilation automatique pas besoin de faire le montage des deux images mais il faut quand même modifier les contrastes pour que le verre soit plus marqué. Et voilà le résultat final !

Alors qui est partant pour un petit verre de cidre fait maison ? 😉

A la manière de … Lise Sarfati

Lise Sarfati est une photographe française qui a réalisé six grande séries : Post Factum, Acta est, Rough, Cold and Close : a Russian Poem, The New Life, Austin – Texas et On Hollywood. Ces œuvres sont toutes reliées par la même recherche artistique qui met en relation les lieux et les personnes.

The New life (2003) qui représente des adolescents de la classe moyenne américaine seuls dans leur univers. Cette série est un questionnement sur le vide : le décalage et le flottement qui sont des sentiments propres à l’adolescence. La sélection des personnages qu’elle opère lui permet de ne pas faire de mise en scène et donc de saisir le moment où les adolescents se perdent dans leur univers avec une émotion intacte.

Le vide est souvent présent dans ces photos, comme dans la série Post Factum (date) qui illustre l’appartement vide, mais non sans vie, de Marguerite Duras après son décès. Le vide apparait parfois de manière très subtile : même lorsqu’il y a des personnages, il se fait sentir par les expressions faciales de ceux-ci ou au travers du décor souvent très épurée ou surchargé mais toujours figé.

Pour revisiter le travail de Lise Sarfati, j’ai choisi de réaliser un diptyque composé d’un portrait et d’une nature morte. La première photo pourrait faire partie de The New Life tandis que la seconde est assimilable à Post Factum. Les deux photos dialoguent entre elles et rendent encore plus visible la ligne conductrice de l’œuvre de Sarfati : le vide qui n’est pas forcément où on pourrait le croire.

 

Une campagne de pub extraORdinaire

Qui dit commande pour une campagne de pub, dit maquette. Une maquette est une mise en page chartée fournie par la marque commanditaire pour la mise en valeur d’un produit donné. Elle va par exemple contenir les textes, le logo et les éléments constitutifs de l’image d’une marque.

Afin de réaliser une photo s’adaptant à la maquette, il faut penser à cadrer plus large, c’est-à-dire à laisser des marges autour de la composition (notamment en haut et en bas) lors de la prise de vue. La tâche n’étant pas simple, il est possible de s’aider d’un logiciel de prise de vue nommé Capture One. Ce logiciel permet de visualiser les images prises instantanément sur l’ordinateur. Grâce à l’onglet « superposition » du menu « recadrage », la maquette peut être visualisée directement sur l’image pour vérifier que le cadrage est assez large. Cependant, la maquette n’est là que pour cette vérification. Lors de l’exportation des fichiers, elle disparait et il faut la remettre via un logiciel de retouche.

Pour cet exercice je devais créer une pub pour une capsule de l’OR Espresso. Il était demandé de mettre en valeur les arômes de celle-ci au travers de la composition. J’ai donc choisi la capsule Lungo Elegante – Intensité 6, qui est caractérisée par ses arômes intenses et fleuris. Suivant cette spécificité j’ai décidé de mettre en scène une rose d’un rouge intense renfermant la capsule, accompagnée d’un bouton de rose doré.

Pour faire ressortir les contours de la fleur et de la tige d’un côté tout en les effaçant de l’autre, j’ai utilisé un flash monté d’un bol couplé à un nid d’abeille médium. J’ai également utilisé une astuce fort efficace pour obtenir un fond noir sans reflet : le velours. Cette matière absorbe la lumière produite par les flashes et donne un rendu totalement noir. Le dernier élément matériel pour faire ce shoot est un flash habillé d’un snoot, servant à concentrer la lumière sur un point précis, ici la capsule.

Un nouvel air pour les taxis

Deux ans après la COP21, j’ai souhaité vous présenter un reportage sur les taxis « Hype » de la STEP (Société du Taxi Électrique Parisien) qui roulent à l’hydrogène liquide. Des taxis écologiques au nombre de cinq lors du lancement fin 2015 sur Paris qui sont aujourd’hui bien plus nombreux. Cette initiative, prise lors de la COP21 et renforcée chaque année, prouve bien que l’on cherche des solutions alternatives pour contrer les méfaits de l’industrialisation de masse.

Cela fera 800 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère cette année. Une très bonne nouvelle donc, pour les défenseurs de l’environnement.

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Faire une reproduction d’œuvre d’art

La reproduction d’œuvre d’art est une technique photographique utilisée pour illustrer les catalogues de vente ou de musée. Il faut donc absolument que la photo reproduise exactement les couleurs, les textures et les brillances du tableau.

Tout d’abord il faut utiliser un objectif  à focale fixe pour avoir un excellent piqué. Il faut également utiliser l’objectif le mieux adapté au boitier afin de reproduire la vision de l’œil humain.  Pour éviter la déformation, l’appareil doit être positionné parfaitement face au tableau ainsi le capteur et l’œuvre sont parallèles. De plus il faut suspendre le tableau à une distance suffisante du fond, pour éviter d’avoir des ombres. Les photos sont généralement prises sur fond blanc car cela permet de ne pas avoir de retour de couleur sur l’œuvre et de faciliter le détourage s’il faut enlever le fond.

Pour faire une bonne reproduction, il faut également faire un travail de lumière.

LightingSetupLa lumière doit être très homogène. Pour cela on utilise deux sources de lumière les plus identiques possible. On les dispose à la même distance du  tableau. Différents modeleurs peuvent être utilisés pourvu qu’ils soient doux pour éviter les éclats de lumière importants sur le tableau. Pour vérifier l’homogénéité on peut réaliser une image test en plaçant des morceaux de papier blanc aux quatre coins de l’image, s’ils ont exactement la même luminosité notre éclairage est homogène.

Pour être sûr de retranscrire les couleurs de l’œuvre il faut utiliser une charte de couleur Q-14 (ou Q-13). Mettre la charte de couleurs sur la photo permet de faire ensuite une comparaison des valeurs grâce à la pipette dans le logiciel Photoshop. On peut ainsi vérifier que les couleurs du tableau sont identiques à celles de la reproduction. Pour donner une bonne idée de la taille du tableau il est également possible de placer une règle graduée sur un bord du tableau. Attention : il faut tout de même faire une photo sans la charte et la règle car les deux photos peuvent être demandées.

Voici l’exemple d’une reproduction que j’ai réalisée :

Bouh !

Aujourd’hui c’est Halloween ! Pour cette occasion je voulais vous faire découvrir ma vision de Jack-o’-Lantern. Ceci me permet également de vous parler d’une technique photographique : la photo à la bougie.

Pour photographier la flamme d’une bougie il faut une vitesse lente et un diaphragme fermé, ici j’ai utilisé les paramètres suivants : 1s et f/20. Avec ces réglages je voyais parfaitement la flamme et l’ambiance de la bougie mais de par sa position enfermée, elle était peu éclairée.  Pour remédier à cela il faut une autre source de lumière. L’aspect technique de cette photo est donc d’utiliser deux sources lumineuses sans que l’une prenne le pas sur l’autre. Pour cela le flash doit être à une puissance très faible afin d’éclairer la citrouille tout en gardant l’ambiance donnée par la bougie. Deux éclairages différents veut obligatoirement dire deux températures de couleur différentes ce qui peut s’avérer très embêtant. Comme je voulais garder  le coté très jaune de la bougie j’ai volontairement fait la balance des blancs par rapport à mon éclairage de flash ce qui conserve le coté très chaud de tout ce qui est éclairé par la bougie. Si j’avais voulu un éclairage neutre de la bougie j’aurai dû placer une gélatine rouge sur mon flash.

En espérant que cette photo aura su vous effrayer, je vous souhaite un très macabre Halloween …

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Une vague de fraîcheur

En ces jours de grande chaleur je vous propose découvrir une photo pleine de fraîcheur. Je l’ai réalisée pour approfondir un exercice vu en classe : celui de la goûte d’eau ! Il fallait prendre en photo la réaction d’un liquide juste après l’impact d’une goûte sur celui-ci. J’ai voulu refaire cette photo avec deux liquides de densités différentes pour voir si la réaction changeait. J’ai donc utilisé de l’eau et de la grenadine afin de joindre l’utile à l’agréable ! J’ai également voulu mettre en scène cette réaction pour lui donner de l’intérêt : comme si l’on capturait l’instant précis où la préparation de notre boisson rafraîchissante tant attendue touche à sa fin. Le fait d’utiliser un verre apportait une difficulté supplémentaire par rapport à l’éclairage à cause de la transparence, mais j’aime relever des défis. J’ai donc opté pour un éclairage indirect en contre-jour.

 

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La couleur dans tous ses états

Les couleurs peuvent être naturelles ou travaillées par l’homme mais elles ont toutes une interprétation associée. Bleu pour les garçons et rose pour les filles, toutes les couleurs ont une signification en société. Pourtant la nature n’a pas créé des couleurs uniquement pour qu’on les utilise en marketing. Ces triptyques ont pour but de montrer que les couleurs existent au delà des significations qu’on peut leur attribuer : elles sont là pour être rendre le monde plus beau.

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Dans l’ombre de la modernité

Chaque objet technologique que nous utilisons au quotidien a un jour été une machine manuelle. Celles-ci ne sont plus utilisées pour leur fonction première mais servent le plus souvent d’objets de décoration. Elles restent dans l’ombre des nouvelles technologies car elles représentent leur histoire. J’ai donc voulu matérialiser cela dans cette série de photos en studio où les ombres des objets sont en fait celles de leurs ancêtres.

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De l’autre côté du miroir

Comme disait Magritte : ceci n’est pas une pipe. L’art n’est pas la réalité, il est le reflet de celle-ci vu par les yeux de l’artiste. Parfois l’art peut embellir la réalité comme dans la publicité. D’autres fois il peut permettre à l’artiste de tromper le spectateur. Ici c’est ce que j’ai choisi de faire en utilisant des miroirs. Alors, saurez-vous différencier l’objet de son reflet ?