Zoom sur … le Kodak Brownie Junior Six-20

Lors d’un week-end chez mes grands-parents j’ai rencontré un petit bijou que je souhaite vous présenter. D’après ma grand-mère, cet appareil a une centaine d’année et appartenait à un de ses cousins. Il avait été soigneusement rangé mais avait finalement été oublié au fond d’une armoire. Cela aurait pu être une triste fin pour ce petit appareil mais heureusement il fut retrouvé par hasard il y a quelques semaines ! Il était dans un état assez catastrophique, mais pas question de renoncer à le tester ! Je l’ai donc bichonné pour lui redonner sa gloire d’antan.

Lorsque je l’ai vu pour la première fois ce boîtier m’a intriguée. Une boîte rectangulaire avec un objectif, un semblant de manivelle, un petit loquet et deux viseurs. D’ailleurs, l’un des deux viseurs semblait cassé. Afin de savoir à qui j’avais à faire, j’ai cherché une inscription. Rechercher des informations sur un boitier inconnu est en effet la première chose à faire pour éviter les bêtises. Par chance, sous la poussière, les inscriptions étaient plutôt claires et j’ai pu découvrir son nom : le Brownie junior six-20.

Puisque je suis une « digital native » je cherche toujours s’il existe des informations historiques sur le site Collection Appareils. J‘ai découvert que ce boitier de chez Kodak avait été produit à New York, dans les années 30. Le système mécanique et la partie avant, qui accueille l’objectif, sont fabriqués en aluminium. La boîte qui permet l’étanchéite à la lumière est quant à elle faite en et bois reconstitué et recouverte de moleskine. Après en avoir appris un peu plus sur ses origines, il s’agit maintenant de comprendre son fonctionnement.

En navigant sur internet j’ai découvert un nouveau site que je ne connaissais pas, dans lequel sont répertoriées un grand nombre de notices d’utilisation : Central Manuels. Une vraie mine d’or ! J’y ai trouvée la notice du boîtier qui nous intéresse aujourd’hui (vous pourrez la retrouver ici). Après avoir bien étudié cette notice, j’ai compris comment ouvrir le Brownie junior six-20. Malheureusement, avec les années, l’humidité a créé de la rouille et il ne voulait pas s’ouvrir. J’ai finalement forcé un peu et après plusieurs tentatives, il a bien voulu me révéler ses secrets.  À mon grand étonnement il restait une pellicule à l’intérieur. Elle était sèche et friable ce qui signifie qu’elle devait être là depuis très longtemps. Celle-ci ressemblait à une pellicule au format 120, mais il était indiqué que les pellicules à utiliser pour ce boîtier étaient des 620. Évidemment, Kodak a stoppé leur production et il n’en existe plus aujourd’hui… Pourtant, en étant un peu maligne, j’ai réussi à trouver une pellicule adéquate ! La seule différence entre les pellicules 120 et 620 est en fait la taille de la bobine. Il suffit donc de transférer le film d’une pellicule 120 sur la bobine d’une pellicule 620. (Vous trouverez un tutoriel pour faire cette manipulation à cette adresse : lien du tuto). L’inconvénient de cette technique est qu’il faut posséder une paire de bobines au bon format. Le fait qu’il restait une pellicule dans le boitier m’a donc rendu un grand service : je les ai récupérées et j’ai transféré une pellicule 120 dessus. Petit conseil d’ami : si vous faites développer vos pellicules, n’oubliez pas de préciser que vous souhaitez récupérer la bobine sinon elle sera perdue et vous ne pourrez plus utiliser votre boîtier !

Après un bon nettoyage et quelques coups de papier à poncer je décide de tester la bête malgré la rouille toujours un peu présente. Après tout, les accidents font les meilleures photos ! La rouille pourrait leur apporter un style ?

Ce boîtier est très troublant à utiliser : pas de choix pour la vitesse (à priori déterminée à 1/50ème de seconde) hormis si on utilise le mode B grâce à un petit loquet qui permet de maintenir le diaphragme ouvert (Si vous voulez savoir ce qu’est le mode B, je vous invite à lire mon Zoom sur … l’Olympus OM-10 dans lequel tout est expliqué) . Il y a deux tailles de diaphragme à notre disposition mais je ne connais pas la valeur exacte de ceux-ci et cela rend la tâche compliqué pour ceux qui ont appris à déterminer les paramètres de réglage avec des valeurs précises. Pour palier ces inconnues, je me suis référée au manuel dans lequel il y a un guide d’exposition qui est très bien fait mais auquel je n’ai pas encore tout compris.

Malgré toutes ces incertitudes je me suis lancée dans la prise de vue. J’ai décidé de rester à la plus grande ouverture de diaphragme et à la vitesse imposée avec une pellicule 400 ISO. Première impression : on prend une photo sans s’en rendre compte ! Il n’y pas de bruit du au déclencheur et tout est très rapide car il n’y a pas de réglage à faire. Ce n’est pas désagréable mais c’est déstabilisant. Question ergonomie, le déclencheur n’est pas très pratique et la manivelle pour changer de vue fait mal aux doigts, surtout à cause de la rouille qui provoque de la résistance.

J’ai finalement pu réaliser 8 images seulement car il m’était impossible de changer de vue après la 8ème photo. J’ai choisi de prendre différentes conditions d’éclairage pour me permettre de comprendre un peu mieux quelles sont les conditions optimales pour faire des photos correctement exposées avec cet appareil.

Après le développement, le résultat m’a surprise ! Toute la pellicule était plutôt bien exposée malgré deux photos qui semblaient légèrement cramées (surexposition de la pellicule qui détruit la matière). Je sais désormais pour quelle raison je n’ai pu faire que 8 photos : elles sont presque deux fois plus grandes que des photos au format 120 ! Après avoir scanné les images, je me suis rendu compte que toutes les images étaient griffées de manière régulière sur toute la largeur et la longueur, sûrement à cause de la rouille. Le côté droit de la pellicule était quant-à lui griffé tout du long également.

Les griffures sur le noir et blanc apportent un côté fantomatique aux images, comme sur un vieux film, et cela me plait beaucoup. Je suis plutôt contente de ce premier essai et j’ai déjà prévu de réutiliser le Brownie Junior Six-20 pour réaliser une commande de l’école qui fera l’objet d’un prochain article !

 

Une histoire de réflexion

Après vous avoir expliqué la technique photo pour shooter la matière  dans mon article De toutes les matières, c’est la cosmétique que je préfère, je voulais revenir sur un autre aspect essentiel des photos de packshot. Pour rappel, le packshot ou photo produit, est un cliché de haute qualité sur fond neutre, le plus souvent blanc, utilisé à des fins commerciales ; notamment pour illustrer un produit dans un catalogue ou sur un site internet. Ce type de photo se distingue des autres par sa réalisation soignée : les ombres sont maitrisées, la netteté est à son maximum et les reflets sont parfaits. Enfin ils sont censé l’être… Malheureusement ils sont souvent réalisés en post-production et donc inadaptés ! Voici quelques exemples :

Tout d’abord, revenons sur la définition même du reflet : un reflet est la copie exacte d’un objet, renvoyée par une surface. Pour qu’un reflet soit réaliste, il faut une ombre de contact entre l’objet et la surface sur laquelle il est posé. Le reflet doit être sur un plan de symétrie horizontal et doit toucher l’objet en tout point à sa base.

Pour réaliser un reflet en packshot directement lors de la prise de vue, il faut installer un fond blanc en cyclo, c’est-à-dire un fond blanc tiré de manière à ce qu’il soit parfaitement lisse et qu’il n’y ait pas de démarcation visible entre la partie posée et la partie suspendue. On dépose ensuite une plaque de verre sur la partie posée du fond blanc pour servir de support à l’objet. Afin d’éviter les doubles reflets, je vous conseille d’utiliser un vitrage simple. Ensuite, on installe l’objet à photographier et les lumières en essayant de ne pas les diriger directement sur la plaque de verre pour prévenir les taches de lumière. Le fait de shooter directement l’ombre plutôt que de la reconstruire en post-production permet d’avoir un rendu adapté. Le point d’attention fondamental de cette technique photo est la lumière : on ne doit percevoir qu’une seule ombre sur la photo malgré les nombreux éclairages pour mettre en valeur les différents éléments du produit. Par ailleurs, il faut veiller à ce que l’ombre soit la moins présente possible, car plus elle est douce et petite moins on ne s’attarde dessus !

La post-production est primordiale en photo de packshot car c’est un type de photo qui doit être proche de la perfection. Il faudra donc passer du temps à retoucher les petits défauts tels que les poussières, les tâches, les griffures etc. Ensuite, il faudra enlever les parties visibles de la plaque de verre ainsi que les éléments servant à faire tenir l’objet dans la position voulue. Afin d’accrocher le regard du spectateur sur l’objet et non sur le reflet, il peut être nécessaire d’atténuer et de flouter ce-dernier. Personnellement j’aime créer un dégradé léger de la partie la plus lointaine de l’objet vers sa base. La partie du reflet qui est en contact avec l’objet est assez opaque tandis que la partie la plus éloignée disparaît. Il faut être attentif à bien faire les mêmes retouches sur l’objet et sur le reflet : si on redresse une couture ou qu’on supprime un défaut sur l’objet il faut également le faire sur le reflet pour éviter les incohérences. Comme dit plus haut dans la définition : le reflet doit être identique à l’objet !

Je vous ai présenté ici le produit d’une manière technique avec la photo packshot, mais un produit peut également être mis en avant avec des photos lifestyle pour permettre au client potentiel de se projeter avec le produit. Vous découvrirez donc cette série sous peu sur mon instagram et sur mon blog 😉

Métro, boulot, dodo

Lorsque nous nous présentons à quelqu’un, l’une des premières choses dont nous parlons c’est notre travail. Notre activité professionnelle est certes, au cœur de nos vies, mais cela nous caractérise-t-il vraiment ? Et le fameux « métro boulot dodo », ce slogan de mai 68, reflète-t-il vraiment la société actuelle ?

Le slogan « métro boulot dodo » est emprunté à un poème Couleurs d’usine de Pierre Béarn. La strophe  « Au déboulé garçon pointe ton numéro / Pour gagner ainsi le salaire / D’un énorme jour utilitaire / Métro, boulot, bistrot, mégots, dodo, zéro »  du poème a été tirée à 2 000 exemplaires et distribuée aux étudiants qui occupaient la place de l’Odéon. Après épuration du dernier vers pour enlever les trois mots pouvant être mal interprétés : « bistrot », « mégots » et « zéro », il ne reste que la trilogie qui va enrichir les graffitis peints sur les murs de Paris, jusqu’à en devenir célèbre.

Si célèbre qu’il semble ne faire aucun doute que la vie s’organise ainsi. Cela m’a donné l’idée de montrer la vie en dehors du travail. Si cette part de nos existences est tellement prégnante, que reste-t-il lorsque nous avons fini notre journée de boulot ? Selon moi le travail a un vrai impact sur notre vie personnelle et c’est pour cette raison qu’il nous caractérise. Même hors du bureau nous agissons par et pour notre travail. Afin de prouver ou d’invalider cette théorie, j’ai réalisé une série documentaire. La photo documentaire est un courant photographique caractérisé par une image réaliste et neutre dans laquelle on ne sent pas la présence du photographe. J’ai donc suivi pendant 4 jours (du mercredi au samedi) une personne dans sa vie avant et après le travail mais également au cours du week-end. J’ai décidé de prendre 9 moments clé par journée : le réveil, la préparation, les transports en commun, l’arrivée au travail, la pause déjeuner, la pause clope de fin de journée, le trajet retour, les activités du soir et l’heure du coucher.

Les photos ont été réalisées en argentique pour faire ressortir le côté spontané des moments capturés. De plus la présentation sous forme de planche contact donne l’impression que les photos ont été prises sur le vif. Le changement de point de vue des photos (interne ou externe au sujet) permet de donner du rythme aux séries quotidiennes et de trouver des repères temporels au cour de la journée grâce aux horloges.

Au travers des moments clé et des horloges, on se rend bien compte que lors d’une journée ordinaire la routine s’installe autour des horaires de travail. Même s’il existe quelques petites différences en fonction de l’heure laquelle on arrive à s’extirper du lit ou des activités du soir, la ligne conductrice reste la même. La journée du week-end semble se dérouler de la même manière, mais en étant attentif on constate que les horaires de la matinée sont complètement différents. D’ailleurs la différence est encore plus marqué l’après-midi car la vie s’organise différemment sortie de la contrainte du travail. 

 

Merci à Romane-Marie Ridel qui a acceptée d’être mon sujet pour ce reportage.

 

 

 

 

De toutes les matières, c’est la cosmétique que je préfère !

Vous connaissez maintenant mon attrait pour la photo de publicité et notamment de cosmétique. Pour cette raison, j’avais envie de vous parler d’une technique pour photographier la matière. Dans la publicité les photos de matière sont très utilisées pour accompagner les packshots (photo simplifiée sur fond uni qui montre le packaging du produit). Quelques exemples ci-dessous :

Pour réaliser ces photos de matière il faut tout d’abord comprendre ce que la matière peut apporter à l’image. La matière de la crème ou la texture du fond de teint sont des choses très importantes en cosmétique. Elles sont testées, réfléchies et améliorées pour satisfaire la clientèle. La photo de matière permet de rendre compte de la qualité du produit, elle doit donc être la plus fidèle possible.

Côté technique il faut aussi analyser comment la photo de matière est intégrée au packshot. Elle est généralement en fond, derrière le produit. Il faut donc faire attention, au moment de la prise de vue, à ne pas donner un effet « plaqué sur le fond » à la matière. Pour cela l’astuce est de poser les matières sur une plaque de verre placée au minimum à 80cm au dessus du fond, de cette manière, la matière ne produira pas d’ombre de contact sur le fond. La plaque de verre doit être simple (pas de double vitrage) pour éviter les effets de dédoublement. Pour l’éclairage, il faut créer une lumière contrastée afin de faire ressortir les volumes et les textures. Il faut également être attentif aux reflets sur les matières brillantes et sur la vitre. L’angle de prise de vue doit être une plongée parfaitement parallèle à la plaque de verre pour éviter toute déformation. L’élément sera ainsi facile à intégrer dans l’image packshot. Pour les photos de matière la retouche est primordiale et incontournable ! Elle permet d’ajuster les formes (grâce a l’outil fluidité de Photoshop par exemple) et d’enlever quelques imperfections sur la matière.

Il est important de photographier chaque élément au fur et à mesure de l’installation. Cela permet, si besoin, de reconstituer des parties de l’image en post-production sans perte de réalisme. Par exemple la mousse s’étale et perd ses bulles au bout d’un certain temps. Lorsque la composition est finie et que le photographe est prêt à shooter il se peut que la mousse ne soit plus esthétique. Étant donné que cet élément a déjà été shooté seul auparavant, il sera aisé de le reconstituer sur la photo finale.

Pour illustrer cette technique, j’ai réalisé une photo qui pourrait servir de publicité pour un produit nettoyant pour le visage de chez Garnier. Sur cette photo on peux voir le packaging mais également la texture de ce produit.

Mon avis sur … Politiques du visible – Dorothea Lange

 

J’ai découvert Dorothea Lange en cours d’anglais au lycée : pour notre examen de fin d’année nous devions savoir parler d’une photo sélectionnée par notre professeur. Je suis tombée sur « Migrant mother » de Dorothea Lange.

Dorothea Lange est surtout connue pour une série de 6 images qui a fait polémique. « Migrant mother » est une photo de cette série qui représente une mère qui fuit la sécheresse durant la grande dépression aux États-Unis. La controverse tourne autour de la vraie histoire de ces photos. En effet, Lange explique dans la description de sa photo que cette femme est désespérée car elle n’a plus d’argent pour nourrir ses enfants, elle a même dû vendre ses pneus pour cela. Pourtant dans ses cahiers de note il est écrit que cette femme attendait simplement son mari, parti remplacer les pneus abîmés. Quand on sait l’importance que Lange accordait à ses légendes et à ses notes on est en droit de se questionner sur les raisons de cette différence.

Le mois dernier se déroulerait au Jeu de Paume à Paris, une exposition dédiée à Dorothea Lange :  » Politiques du visible » . Curieuse de découvrir le reste de son œuvre j’ai eu l’occasion d’y aller pour mon anniversaire. Et heureusement, car c’était le dernier jour avant la fermeture !

L’exposition se déroule en cinq parties : les deux premières étant consacrées à la Grande Dépression qui a touchée les Etats-Unis dans les années 1870’s.

La première partie de cette salle nous apprend que Dorothea a commencé en temps que photographe portraitiste en studio. Cependant elle a vite choisi de changer de voie quand la Grande Dépression est arrivée. Elle ne voulait pas seulement faire de beaux portraits mais montrer la réalité sociale de son époque. En photographiant les chômeurs sans abris de San Francisco et les manifestations elle a ancré ses photos dans un style sociologique et anthropologique. Les photos dans cette partie sont accompagnées par des cartels affichant une citation de Dorothea. Il ne sont pas là simplement pour décrire l’œuvre, mais aussi pour nous informer sur la façon que Dorothea avait de voir son travail. Elle souhaitait faire un travail de documentation tout en changeant la société. Elle dira d’ailleurs « la Grande Dépression m’a réveillée ».

La seconde partie est consacrée à la migration de population suite à la Grande Dépression. Ces photos ont été réalisées lors de plusieurs voyages d’étude de terrain. Lange avait pour habitude d’annoter ses photos pour retranscrire les témoignages oraux qu’elle recueillait en côtoyant les personnes photographiées. On trouve dans cette partie des tirages orignaux avec ses fameuses annotations mais également des planches contact qui répertorient toutes les images qu’elle a réalisée pour la Farm Security Administration (FSA). Elle a ainsi créé l’une des plus vastes archives photographiques de cette période. Pour accompagner ces archives, il y a une carte géante des États-Unis où sont répertoriés tous les lieux qu’elle a visitée pour la FSA.

« Une photographie documentaire n’est en soi pas une photographie factuelle. c’est une photographie qui communique entièrement le sens et la porté de l’épisode ou de la circonstance … On ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et la photographie documentaire. Une photographie doit être les deux » Dorothea Lange

Cette citation m’a beaucoup marquée car en regardant les planche contact je me suis aperçue que malgré la quantité d’image qu’elle a réalisée, Dorothea réussissait toujours à réaliser des images artistiques et également informatives, sans jamais montrer des choses accablantes ou désolantes comme peuvent le faire les reporters d’aujourd’hui.

La troisième section de l’exposition est consacré au chantier naval Kaiser, Richemond. Dorothea va s’intéresser à a une nouvelle forme de migration interne. Sur le chantier elle photographie le roulement de plus cent mille employés. Elle remarque qu’ils sont dans les mêmes conditions de vie et de solitude que lors des migrations de la grande dépression. Il y a peu d’images dans cette partie mais un très grand cliché nous fait bien ressentir cette oppression et cette solitude dans la foule représentée sur ces photos. Dans cette partie c’est surtout la scénographie qui m’a le plus touchée.

L’avant dernière partie est celle sur la déportation des citoyens américains d’origine japonaise. Dorothea Lange avait été mandatée par la War Relocation Authority. Cette partie m’a interpellée car en partant d’une commande, elle a réussi à réaliser des photos pour montrer au monde ce qu’il se passait réellement dans ces camps. Elle s’est d’ailleurs faite virer pour cela et ce fut un soulagement car elle en avait assez du mensonge. De plus, elle avait réussi à capter ce qu’elle ressentait vraiment pour documenter la réalité. Ces photos ont d’ailleurs été scellées en tant qu' »archives militaires » et ont été révélées au grand public pour la première fois en 1972.

La dernière partie était constituée de 5 images qui parlaient du nouveau système d’avocat commit d’office aux États-Unis. Lange a fait ce reportage à la demande du magasine Life mais il ne sera finalment pas publier. Ces photos s’inscrivent dans un tout nouveau style de photos en intérieur. Ce qui a desservie cette série selon moi c’est qu’elle était tres courte, se trouvait au niveau de la sortie avait peu d’impact juste après une série aussi marquante que celle de la déportation des Américains d’origine japonaise.

J’ai trouvé cette exposition particulièrement intéressante : j’ai pu en apprendre plus sur Dorothea Lange et découvrir la globalité de son travail. J’étais légèrement inquiète au début car l’affiche de l’exposition montre « migrant mother » et je m’attendais à ce que tout tourne autour de ça. Ce n’était pas le cas et j’en fut agréablement surprise. Je trouve que ses photos son poignantes et pleines de réalisme sans jamais être apitoyantes. Elle se sert de la photo comme un outil de communication et essaye de faire bouger les chose grâce à ses clichés. C’est ce que j’apprécie particulièrement dans son travail. Les images peuvent dire et servir énormément de choses, elles ont un impact fort sur la société d’aujourd’hui. C’est pour cela que je pense que nous devrions d’avantage nous en servir comme un moyen de communication positive et informatif à la manière de Dorothea Lange à son époque. Continuer la lecture de Mon avis sur … Politiques du visible – Dorothea Lange

Zoom sur … l’Olympus OM-10

Fin février 2019 Olympus fêtera son 100ème anniversaire ! Pour l’occasion, la marque a annoncé la sortie de la version silver du OM-D E-M1 Mark II ! Puisque j’ai moi aussi envie de fêter cet anniversaire comme il se doit, je vais vous faire découvrir un boitier argentique de la marque : le OM-10, mon chouchou du moment !

Olympus OM-10

 Mon histoire avec ce boîtier a commencé d’une manière très singulière : je l’ai trouvé en me baladant sur la plage, abandonné sur un rocher, en piteux état. Avec mon âme de collectionneuse de boitiers anciens, j’ai décidé de le prendre avec moi pour le ramener à la vie. Après l’avoir bichonné, je l’ai testé et surprise, il fonctionnait ! Avec un objectif 50 mm, il est plutôt petit, discret et pas trop lourd. Parfait pour un appareil de tous les jours ! Mais entre fonctionner mécaniquement parlant et fonctionner dans les faits il y a une grosse différence. Il faut donc tester tout ce qu’il est possible de teste.

Avant de l’allumer j’ai voulu insérer une pellicule (c’est un appareil argentique donc sans pellicule il n’est pas très utile… à moins d’en faire un presse papier !). Pour ce faire il faut ouvrir le capot arrière en tirant délicatement vers le haut la manivelle de rembobinage. C’est à ce moment que je me suis aperçue que le commutateur marche-arrêt était trop souple, ce qui laissait présager que le boîtier allait s’allumer et s’éteindre de manière intempestive… Après avoir refermé le boîtier et j’ai armé plusieurs fois la gâchette de l’appareil pour que la pellicule soit placée au niveau de la vue n°1. Celle-ci s’affiche sur le compteur de vue (à droite de la gâchette d’armement), qui n’est pas très clair mais suffisant pour qu’on sache à quelle position de la pellicule on se trouve. Une fois la pellicule choisie et installée il ne faut surtout pas oublier de régler les ISO sur le boîtier grâce à la bague située au-dessus du sélecteur de mode.

D’ailleurs, parlons-en un peu, cet appareil possède 3 modes :

  • Le mode Auto qui est en réalité un mode semi automatique priorité a l’ouverture.  » Semi automatique priorité à l’ouverture ?! Mais qu’est que c’est que ce charabia ? » me direz vous.  Pour régler un appareil photo il faut trois paramètres : les ISO, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation. Deux entre eux sont à régler manuellement tandis que le 3ème est calculé grâce à la cellule photographique intégrée. Les ISO sont déterminés par la pellicule choisie. Puisque le mode est priorité à l’ouverture du diaphragme, c’est ce paramètre qu’il faut régler manuellement. La vitesse sera donc automatiquement déterminée par la cellule.
Bargraphe d’exposition de l’OM-10
  •  Le mode B, dit « bulb », qui consiste à gérer le temps de prise de vue en restant appuyé sur le déclencheur afin de permettre des poses longues.  Cette curieuse appellation vient de l’accessoire originel qui servait à garder la fenêtre de l’obturateur ouvert. C’est ce qu’on appelle une poire/valve en français mais qui se dit « bulb » (ampoule) en anglais. Faire des poses longues en gardant l’obturateur ouvert est utile notamment pour faire des photos de nuit, des filés (photo où l’on ne voit que les lumières des voitures sur une route), du light painting ou encore des photos avec du flou de mouvement…
Poire de déclenchement (source : blog.photo24.fr)
  • Le mode le manuel adapté qui permet de régler les trois paramètres de façon manuelle. Ce mode nécessite un petit accessoire : un adaptateur manuel qui se connecte avec une prise jack sur le devant du boîtier, à gauche de l’objectif. Par chance le boîtier que j’ai trouvé en possédait un.
Adaptateur Manuel OM-10

 

Au cours de cette découverte du boitier, j’ai eu quelques frayeurs. La première car le miroir s’arrêtait à mi-course après la prise de vue lors des premiers déclenchements. Après quelques vérifications, je me suis aperçue qu’il y avait une pile (LR44) et qu’elle avait certainement besoin d’être changée. Ces piles sont évidemment peu courantes (sinon ça serait trop facile !) mais une fois trouvée et changée, le miroir fonctionnait correctement. La deuxième, lorsque le bargraphe (instrument indiquant la vitesse dans le viseur) ne s’est pas allumé alors que le boitier était sur « on ». J’ai donc vérifié la pile en poussant le commutateur on/off jusqu’à la position « check » et le boitier s’est mis à bipper. La pile était donc fonctionnelle. Après plusieurs tentatives, le bargraphe s’est enfin allumé. Comme je le craignais, mon commutateur trop souple allait me faire des misères j’étais trop heureuse pour y penser car mon nouveau joujou était enfin prêt à me suivre partout !

Après une semaine dans mon sac à shooter une fois de temps en temps sans souci, les problèmes ont commencé ! Dès que j’armais la pellicule, je l’entendais craquer, se déchirer. J’ai donc décidé de la rembobiner et de la changer. La deuxième pellicule n’avait semble-t-il aucun problème jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais sûrement dépasser depuis longtemps les 36 poses… Le compteur de vue était en effet revenu à 0 sans que je m’en aperçoive mais je pouvais toujours actionner la gâchette d’armement. En voulant rembobiner j’ai constaté que je tournai dans le vide : le film s’était désolidarisé de sa bobine. J’ai tout de même pu sortir et développer ma deuxième pellicule. J’ai pu constater qu’il y avait un léger voile sur mes photos. Mauvaise nouvelle… il y a probablement des fuites de lumière dans mon boîtier… Malgré tout je l’aime beaucoup donc je décide de lui donner une autre chance en espérant que le problème venait de pellicules défectueuses. Sans résultat.

Puisque j’adorais ce boitier et que j’étais vraiment triste de ne plus pouvoir l’utiliser, j’ai décidé d’en commander un à Papa Noël ! Gros défi, puisque si ce boitier est facilement trouvable en occasion, peu de modèles fonctionnent ! Mais défi relevé en fin de compte pour mon plus grand plaisir !

Un voyage et quatre pellicules plus tard ! Je peux vous affirmer que j’adooooore ce boîtier !

Je n’ai pas encore pu développer les photos que j’ai faite avec mon deuxième Olympus OM-10 mais voici une courte série de photos que j’ai réalisée avec le premier boîtier ! Les fuites de lumière apportent un effet voilé, laiteux qui donne l’impression de photos prises il y longtemps.

 A très vite pour d’autres séries et de nouvelles aventures avec ce nouveau boîtier !

Voir la vie en blanc avec le High Key

Lors d’un exercice à Gobelins, on nous a demandé de réaliser une photo en high key ou en low key. Cet exercice était très intéressant et c’est pour cette raison que j’ai choisi de vous présenter le high key aujourd’hui ! Le low key fera certainement plus tard l’objet d’une autre photo technique.

Un photo en high key (contraction de « high key lighting ») est une image à dominantes claires avec une légère surexposition sans pour autant « cramer » les blancs. Puisque j’utilise un vocabulaire technique, j’imagine que des définitions sont nécessaires.

  • « High key ligthing » peut se traduire par « lumière à niveau élevé » : expression évocatrice mais peu sexy qui explique que l’anglicisme ait été conservé.
  • « La surexposition se produit si le film (ou le capteur) reçoit trop de lumière, soit parce qu’il est exposé a une lumière trop forte, soit parce qu’on a laissé agir la lumière trop longtemps. Cela donne des photos claires et réduit le contraste du sujet »  John Edgecoe – La photographie
  • « Cramer » une photo signifie que la surexposition est tellement importante qu’il n’existe plus de matière sur la photo.

Ce rendu n’est pas très compliqué dans la mise en œuvre, c’est surtout une question d’éclairage à maîtriser et d’histogrammes à interpréter. Bien sûr des photographies en high key existaient avant l’appareil photo numérique et il est donc possible d’en réaliser sans histogramme, mais il faut dire que ça facilite la vie ! Le high key est aussi bien utilisé pour faire des portraits que des natures mortes. Fidèle à moi-même, j’ai décidé de réaliser une photo de nature morte, et j’ai choisi pour sujet un téléphone de la fameuse marque au logo en forme de pomme.

Pour faire une photo en high key il faut un éclairage doux pour des ombres peu marquées. J’ai donc utilisé un flash avec une boîte à lumière comme éclairage principal. celui-ci est placé en douche au dessus du produit. Comme je souhaitais faire une photo en plongée (vue de haut) il a fallu que j’utilise une Boxlite comme fond pour poser à plat les éléments de décor. Ce modeleur de lumière permet de « déboucher » (ré-éclairer les zones d’ombre sans les faire disparaitre) toutes les ombres entre les pommes et celles créées par la boîte à lumière. Enfin pour qu’il y ait tout de même une légère direction de lumière (que l’image ne soit pas trop « plate ») j’ai positionné un flash avec un snoot sur la gauche de la mise en scène pour créer de petites ombres.

Pour bien régler les différents flashs entre eux et être subtile dans les ombres, j’ai utilisé une cellule photo. Premièrement il faut éteindre tous les flashs, excepté le flash principal et mesurer la puissance de celui-ci. Ensuite on règle les paramètres de l’appareil photo suivant cette mesure. Pour déboucher les ombres sans créer de contre-jour, la Boxlite doit être à la même puissance que la lumière principale. Je mesure donc sa puissance grâce à la cellule photo et l’ajuste pour obtenir les mêmes réglages que ceux du flash avec la boîte à lumière. Enfin je veux que le snoot soit légèrement plus fort que le reste des lumières pour créer des ombres. Pour cela, je mesure la lumière du snoot et le règle de +1/4 en ouverture de diaphragme par rapport aux autres lumières. Après avoir fait ces réglages je shoot une première photo et regarde l’histogramme de la photo. On doit y voir une courbe ascendante vers la droite mais pas collée contre le bord, ce qui signifierait que des informations sont « cramées ».

Après ces premiers réglages on peut ajuster pas à pas les réglages des flashs en fonction de son envie.

Une fois la prise de vue effectuée, il reste quelques travaux de post-production à effectuer pour améliorer l’image. Tout d’abord on peut atténuer le contraste grâce à l’outil courbe de Photoshop. Ensuite il faut s’assurer que les blancs soient « bien blancs », pour cela on peut saturer au maximum l’image afin de  vérifier l’existence d’autres dominantes colorés (attention à ne pas oublier de supprimer ce calque à la fin !). Si on en trouve on les atténue avec l’outil balance des blancs. Cette technique doit être utilisée avec précaution lorsqu’il y a des éléments de couleur dans le décor. S’il n’y a pas d’élément coloré dans l’image on peut aussi passer la photo en noir et blanc ce qui permet de travailler les teintes de blanc et de gris plus facilement. Pour ma part j’ai préféré jouer avec la balance des blancs pour donner un aspect légèrement froid à mon image.

Voici ma photo finale :

Alors, qu’en pensez-vous ?

Zoom sur … la cellule photographique

Aujourd’hui, petit retour aux sources avec la cellule photo !

 

Pour ceux qui ne le savent pas, la cellule photo (ou posemètre) est un appareil qui mesure la luminosité ambiante. Cet outil était indispensable du temps de l’argentique et des chambres photographiques pour avoir l’exposition désirée. Pour rappel, il existe 3 réglages essentiels à effectuer avant une prise de vue : la vitesse d’obturation, les ISO et l’ouverture du diaphragme. Le principe de la cellule photo est très simple : elle permet de calculer n’importe lequel de ces réglages à partir de deux d’entre eux. Par exemple : si nous avons une pellicule de 200 ISO et que nous souhaitons une vitesse de 1/150 pour éviter les « flous de bouger », il suffit de rentrer ces deux valeurs dans la cellule pour qu’elle nous donne la valeur du diaphragme appropriée à la scène que nous voulons photographier.

De nos jours il existe des cellules photos intégrées dans tous les boîtiers (et sur certain appareils argentiques). Cet outil est représenté par une bargraphe d’exposition dans le viseur.

Bien que les appareils photo numériques soient dotés d’un posemètre, il n’est pas rare qu’on utilise tout de même des cellules photo dites à main, notamment en studio. En effet, en studio, la cellule de l’appareil peut pas être efficace car elle ne peut mesurer que la luminosité ambiante et pas la luminosité qu’il y aura au moment du flash. La cellule à main nous permet de mesurer indépendamment chaque flash : elle peut s’y connecter afin de mesurer la luminosité lors du déclenchement.

Il existe deux manières d’utiliser une cellule photo à main. La première consiste à trouver la valeur du réglage recherché en faisant la moyenne de toutes les valeurs trouvées lors des différents essais flash. Cette donnée est ensuite entrée dans le boîtier photo. On peut également se servir d’une cellule à main pour régler la puissance des flashs en fonction de valeurs déjà définies. Ici on règle donc la valeur sur l’appareil photo en premier puis on adapte les flashs après en avoir mesurée la puissance grâce à la cellule à main. Ceci permet par exemple de régler un flash secondaire par rapport à un flash principal.

Une valise à toute épreuve

Comme vous l’avez sûrement remarqué, j’adore faire des photos de nature morte ! C’est pourquoi j’ai choisi de vous expliquer aujourd’hui la technique photo pour composer de belles images.

La photographie de nature morte est une technique photo qui tourne essentiellement autour d’objets commerciaux et de végétaux. Il n’y a donc aucun mouvement dans l’image, ce sont les jeux d’ombre et de lumière, ainsi que la composition qui font vivre la photo.

Avant de réaliser la composition d’une image de publicité, il faut se poser les bonnes questions : il faut comprendre le produit à mettre en avant. On doit alors réfléchir à son utilisation, à la nature des matières et à la manière dont elles réagissent à la lumière. Il faut aussi se demander à qui est destiné le produit pour savoir quels « codes » utiliser dans la scénographie. Après avoir répondu à ces questions on peut se pencher sur la composition. L’important est d’avoir une idée précise du rendu souhaité. La photo pourra évidemment par la suite être ajustée selon les besoins.

Quelques petits conseils de composition :

  • Le produit doit être le cœur de la photo, il ne doit pas être caché ou trop petit (il doit faire au minimum 1/3 de l’image)
  • L’image ne doit pas être surchargée car cela détournerait l’attention du produit
  • Le décor peut être disposé sur différents plans pour faciliter la lecture

L’éclairage d’une photo de nature morte demande beaucoup de temps car il doit être travaillé flash par flash. C’est-à-dire qu’il faut faire une première photo avec un flash, modifier la puissance, l’angle etc. jusqu’à satisfaction puis en ajouter un autre et répéter l’opération jusqu’à l’obtention de la lumière souhaitée.

La photo technique du mois est donc cette fois-ci, une publicité pour une marque de valise qui sort une nouvelle collection : Châtelet par DELSEY.

J’ai décidé de réaliser une série de 4 photos : une par saison. On voit ainsi que les valises sont pratiques pour tout type de vacances. Sur les quatre photos, la valise est disposée exactement de la même manière. Cela montre que cette valise est solide et durable dans le temps. Pour matérialiser les saisons j’ai créé des origamis qui correspondent aux éléments météorologiques de chacune d’entre elles. Ensuite j’ai disposé à côté de la valise des vêtements et accessoires qui correspondent également aux saisons. Outre l’esthétique, ils permettent de visualiser la taille de la valise.

Cliquez sur les images pour les visualiser en taille réelle

Avec ces quatre images j’ai également réalisé un montage qui reprend le logo et les codes du design de la marque, déjà présents sur les valises. Cette image de présentation peut servir de première page à un édito mais également de publicité pour les affichages extérieurs comme les abris-bus.

La minute d’avant…

Récemment l’école nous a passé une commande un peu particulière : il s’agissait de faire le portrait de comédiens. La difficulté de cette commande résidait en le fait de ne pas photographier le personnage joué mais bien la personne qui joue.

Cela n’est pas sans rappeler l’historique du portrait. Originellement le portrait photographique avait pour but de montrer le réel sans interprétation humaine. Par la suite, Nadar a réalisé des portraits où l’on voyait transparaitre la psychologie et la position sociale des sujets. Le portrait photographique se rapproche alors des portraits en peinture où les éléments de décor avaient une signification importante.

Dans mes portraits je voulais donc faire ressortir à la fois la personnalité des comédiens mais également leur métier. Pour cela j’ai choisi de photographier un moment précis propre à chaque comédien mais commun à toute la profession : le court temps qui précède la montée sur scène. Pour moi cet instant est celui qui représente le mieux le comédien en tant que personne car c’est un moment intime de préparation et de concentration intense. Chacun y va de sa méthode, certains font des exercices de mise en situation d’autres se recentrent sur eux-mêmes et d’autres encore rentrent dans leur personnage en ajustant leur costume.

Lors de la prise de vue je leur ai demandé de me parler de leurs habitudes avant de monter sur scène et de me les montrer. J’ai également recréé un décor de coulisses de théâtre pour les mettre dans l’ambiance. Ainsi j’ai pu prendre des photo presque sur le vif.

Cette commande a été très enrichissante pour moi car elle m’a obligé à sortir de ma zone de confort pour faire de l’humain. J’ai dû parler avec les modèles, apprendre à les connaitre pour retranscrire au mieux qui ils sont dans mes portraits. Je tiens donc à remercier chaleureusement Nadia Hermès, Aurélien Martinet, Maxime Leguay, Bryan Grandin, Romane-Marie Ridel et Benjamin Constant.