Célébrons l’argentique !

Aujourd’hui, le jeudi 12 avril 2018, c’est la journée mondiale de la photographie argentique !

Une bonne excuse pour vous faire partager mon amour pour cette merveille technologique 🙂

L’argentique c’est toute une histoire, c’est même l’Histoire de la photographie ! Le principe de la chambre noire était connu déjà sous l’Antiquité mais c’est Daguerre qui donna la plus grande visibilité à cette technique photographique. L’appareil argentique avec des films souples voit le jour en 1884 et permet de petites photos d’identité en noir et blanc. La photo couleur apparait une vingtaine d’année plus tard avec le brevet des frères Lumière et est popularisée par une action de l’entreprise Kodak. « Vous pressez le bouton, nous faisons le reste » pouvait-on lire sur les affiches offrant un appareil photo gratuit !

Sans vous faire un long descriptif sur la méthode argentique, je voulais vous faire part du bonheur que je ressens en shootant avec de vieux boitiers. L’avantage et l’inconvénient de l’argentique est qu’on ne peut pas voir ce qu’on vient de prendre ! Cela implique de bien réfléchir à la composition, de se pencher sur les réglages qui sont spécifiques à chaque appareil et de bien se concentrer pendant la prise de vue. Il faut ensuite développer les négatifs pour enfin avoir un résultat. Tout cela demande beaucoup de temps et d’investissement, ce qui, à l’inverse du numérique, dissuade de prendre tout et n’importe quoi. C’est selon moi un procédé qui gagne a être connu et c’est surtout un savoir-faire à faire perdurer.

Et puis on ne peut contester que les vieilles photos sur papier ont aussi un certain charme. De plus le papier argentique dure beaucoup plus longtemps que tout ce qui existe aujourd’hui.

La bonne nouvelle c’est que de nos jours les vieux appareils ne coûtent quasiment rien puisqu’ils sont considérés comme des vieilleries inutilisables. Or certains boitiers ayant un déclencheur mécanique, ils sont presque immortels ! Personnellement j’adore acheter des « antiquités » pour voir si elles fonctionnent, les réparer si besoin et tenter de les apprivoiser. Vous pouvez d’ailleurs découvrir mes expériences avec eux dans la rubrique « Zoom sur « 

Par ailleurs ce mode de photographie revient en force actuellement puisque la mode est au vintage. On voit fleurir un nombre impressionnant d’appareils numériques au look argentique et même une méthode néo-argentique ! On pourra citer par exemple les derniers Lomography ou encore les Instax Mini permettant de retrouver le style instantané des Polaroïd.

Pour fêter cette journée mondiale je me suis achetée deux « petits » appareils instantanés de chez Kodak : le Ek2 et le Colorburst 100. Ils ont tous les deux un design un peu particulier qui m’a fait craqué !

Le mot de la fin : vive l’argentique 😀

De gauche à droite : le kodak Ek2, le kodak colorburst 100, le lomography diana f+, le voightlander brillant et le dacora dignette

Nature en résistance

Cette série a été réalisée lors d’un workshop sur la photo infrarouge proposé par deux professeurs de Gobelins (la technique de l’infrarouge est détaillée dans l’article Voir au delà … avec l’infrarouge). En me baladant dans les serres d’Auteuil et dans les serres du Jardin des plantes, j’ai fait un constat : nous cherchons à faire vivre la nature dans des endroits clos ! N’y a-t-il pas un paradoxe ?

En déambulant au hasard dans les couloirs des serres, j’ai ressenti plusieurs émotions. Ce qui m’a frappé au départ c’était la paix qui régnait dans ces lieux, mais au fur et à mesure, j’ai fini par me sentir oppressée par cette abondance de végétaux qui allaient jusqu’à empiéter sur les chemins de passage. Le fait de regarder cet endroit à travers mon objectif modifié rendait la présence des plantes encore plus importante puisque les autres matières sont attenuées sur l’image en infrarouge.

Par cette série, je voulais montrer le sentiment d’enfermement et l’envie de faire tomber les murs pour libérer cette nature en cage qui m’ont envahit à la fin de la visite. Je voyais les feuilles et les branches plier contre les parois de verre, des pousses apparaitre dans les fissures du pavé et je sentais ce besoin de sortir pour respirer. Alors pourquoi ne pas rendre à la nature sa place en extérieur ? Le paradoxe prend ici tout son sens car bien que la nature veuille faire exploser sa prison, elle ne survivrait pas dehors.

Voir au dela … avec l’infrarouge

La photographie infrarouge est une technique qui était au début utilisée à des fins techniques : par les militaires pour la vision nocturne, par les policiers pour visualiser des fluides corporels ou dans le domaine de l’art pour authentifier un tableau. Cependant ces techniques sont compliquées à mettre en œuvre car il faut utiliser des sources d’éclairage modifiées et un appareil également modifié. Désormais la photographie infrarouge est utilisée à des fins artistiques c’est de cette technique dont je vais vous parler.

Tout d’abord, reprenons les bases. L’œil peut voir les longueurs d’onde de 380 nm à 780 nm. En dessous de ce spectre il existe les ultra violets que nous laisserons de côté pour le moment et au-dessus nous avons les infrarouges !

 

Notre œil ne peut donc pas les voir les infrarouges mais un appareil photo si ! Seulement les constructeurs mettent un filtre (UVIR-Block/cut) devant le capteur afin de stopper les infrarouges et les ultraviolets pour rendre des photos telles qu’on peut les voir. Il faut donc l’enlever et le remplacer par un verre de la même épaisseur pour rendre au capteur toutes ses capacités. Une fois la modification faite, il faut utiliser des filtres que nous plaçons devant l’objectif pour sélectionner quelles longueurs d’onde nous souhaitons capter. Je vous laisse découvrir le comparatif des filtres sur le site de  Photographie Infrarouge géré par Yann et Pierre-Louis, deux intervenants de ce Workshop  « Infrarouge ». C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai eu accès au matériel modifié : un boitier Canon 70D modifié avec un objectif Canon 24×70, f:2.8 et un filtre infrarouge 720. 

En pratique la photo infrarouge est particulière, tout d’abord il est très conseillé de shooter en live view (visée par l’écran) car avec le filtre placé sur l’objectif nous aurons du mal à voir à travers l’objectif. De plus la visée par l’écran permet d’avoir un aperçu du rendu en fonction de la balance des blancs. Ensuite il faut obligatoirement enregistrer les photos en JPG et RAW. Ces deux formats de fichiers sont importants : le premier pour garder l’aperçu du rendu que l’on souhaitait et le second pour faire la retouche sur le fichier brut, ce qui est obligatoire en photo infrarouge ! Pendant la prise de vue il faut faire la mise au point manuellement car souvent elle ne fonctionne plus très bien à cause de la modification du capteur. Il faut savoir que lors de shooting en infrarouge avec un filtre 720 la végétation devient bleu très saturé avec une balance des blancs automatique et le reste de la photo est d’un jaune très peu saturé ne reflétant quasiment que des nuances de gris. Cela survient car les végétaux renvoient beaucoup de lumière infrarouge qui est traduite en couleur bleue par le capteur. Attention l’infrarouge c’est une question de matière et de composition car dans ce type de shooting l’objet ne renvoie pas la couleur mais la lumière infrarouge.

La post-production est une partie entière de la photo infrarouge. Avec les fichier bruts il faut en premier lieu refaire une balance des blancs puis une inversion de couches. Pour ma photo j’ai fait en sorte de laisser tous les végétaux en bleu et j’ai veillé à ce que tout le reste soit le plus dé-saturé possible. Je n’ai pas fait l’inversion des couches (qui consiste à faire ressortir les infrarouges en changeant le bleu en jaune/doré) puisque je voulais conserver la couleur bleue des végétaux. Si vous voulez prendre connaissance de toutes les étapes, y compris celles que je n’ai pas réalisées, vous pouvez vous rendre sur ce tuto.

Voici donc ma réalisation technique d’une photographie infrarouge faite à la serre d’Auteuil.

Je vous invite à découvrir la série complète sur l’article Nature en résistance.

Zoom sur … La chambre noire

La camera obscura fut d’abord utilisée par les peintres pour réaliser des portraits très détaillés et au plus proche de la vision humaine. Par la suite on découvrit de la méthode de fixation des images grâce à un procédé chimique. Cette boite avec son sténopé (un dispositif optique très simple, formé par un minuscule trou) est à l’origine de la photographie.  Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire de la photographie mais après plusieurs modifications et inventions nous arrivons à la chambre photographique. La chambre que j’ai eue l’occasion de tester lors d’un Workshop « Architecture à la chambre 4×5 » et une Sinar P2.

De manière générale, une chambre est composée obligatoirement :

  • d’un banc optique qui sert à fixer la chambre sur un pied et permet aux différents éléments de bouger
  • d’un corps avant sur lequel sera fixé l’objectif (et l’obturateur s’il est dissocié de l’objectif)
  • d’un corps arrière sur lequel sera fixé le support de verre dépoli et de châssis
  • d’un soufflet accordéon ou ballon qui relie les deux corps de la chambre

Voici le schéma représentant les différentes parties qui composent une chambre Sinar P2 et la photo d’un châssis porte-film.

Photographier à la chambre est passionnant même si cela peut sembler compliqué. Mon expérience s’est plutôt bien déroulée grâce à l’aide de mon professeur @olivemauffrey et de mes coéquipières @leaponcho et @_charlottefouillet_ ! Premièrement nous avons appris à monter la chambre, après quelques péripéties nous avons fini par réussir. Grâce à @photogobelins nous avons pu investir les anciens locaux de la douane. En visitant, j’ai tout de suite su que je voulais faire des photos au 3ème étage. C’est à ce moment là que je me suis demandé comment j’allais faire pour y monter la chambre : le gros problème étant que cet engin est extrêmement lourd.

J’ai  choisi de mettre un objectif grand angle et on m’a conseillé de mettre un soufflet ballon à la place du soufflet accordéon. Le soufflet ballon a l’avantage de s’aplatir plus que l’accordéon. Il est donc plus adapté pour des objectifs grand angle qui ont besoin d’un très faible tirage (espacement entre les corps de la chambre). Avant de repartir j’ai mis des plans films dans mes châssis. Le châssis porte-film est un boitier étanche à la lumière, il peut accueillir deux films, c’est à dire qu’avec un même châssis nous réalisons deux prises de vue. Pour l’occasion nous avions le droit à quatre plans films négatifs couleur. Pour remplir un châssis, il faut être dans une pièce noire ou utiliser une tente ou des manchons de chargement afin de ne pas exposer les films à la lumière.

J’ai monté la chambre au 3ème étage, non sans mal et je l’ai mise en place. J’ai commencé par cadrer l’image sur le verre dépoli. Petit rappel, l’image est à l’envers car dans une chambre il n’y a pas de miroir pour redresser l’image. Afin de mieux voir l’image qui n’est pas très lumineuse, il faut se mettre sous un voile. Pour connaître les réglages appropriés (vitesse et diaphragme) il faut utiliser un posemètre. C’est un appareil pour mesurer la luminosité d’une scène. Sur le boitier on désigne les ISO imposés par le plan film utilisé, on choisi la vitesse d’exposition et le posemètre nous indique quel diaphragme utiliser. Enfin prête a shooté !  Je monte le châssis dans son emplacement devant le verre dépoli. Surprise l’image a disparu ! Rien d’anormal puisque le châssis coupe la visibilité. J’ouvre le volet du châssis et CLIC, la photo est prise !! La chambre a plusieurs atouts comme les bascules et le décentrement qui servent à redresser les perspectives ou agrandir le plan de netteté. Toutes ces techniques sont complexes mais si j’ai un conseil à vous donner, c’est d’essayer toutes les manettes et regarder sur le verre dépoli ce que cela change. Vous comprendrez mieux ces techniques en testant par vous-même !

La dernière étape de la prise de vue est le développement des plans film. Je l’ai fait réaliser par le laboratoire Processus. Ensuite il faut les scanner et les mettre en positif grâce a un logiciel de retouche. Je vous laisse découvrir le résultat.

Deux photos en une !

La double exposition ou surexposition et une technique qui vient à l’origine de la photo argentique. Au début simple erreur, elle est très vite devenue une technique à part entière. Comme son nom l’indique l’idée est d’exposer deux clichés sur la même vue d’un film. Cela pouvait survenir si le photographe avait, par exemple, oublié de réarmer la pellicule ou de changer de plan film entre deux prises de vue.  Cette « erreur » si elle est bien maitrisée, peut donner des photos très artistiques. Lors de la réalisation d’une telle photo, il faut penser qu’exposer deux fois une vue de pellicule peut « cramer » les images (rendre certaines parties trop claires et provoquer la perte des détails). Pour éviter cela, il faut sous-exposer les deux images ou tout du moins la seconde.

Maintenant que vous savez tout cela vous allez me dire « mais c’est impossible de faire ça avec un appareil numérique ! » Effectivement avec les appareils actuels il est impossible de bloquer le film vu qu’il n’y en a pas. Il existe cependant sur certains boitiers un réglage qui  permet de combiner automatiquement deux images prises l’une à la suite de l’autre.

Sur le Canon 5d mark III ce réglage se trouve dans la touche . Il faut ensuite enter dans le menu  et aller à la partie « expo multiple ».

Dans le menu qui s’ouvre il faut effectuer les manipulations suivantes :

  • Expo multiple : ON : Fn/ctrl (priorité aux fonctions et aux commandes), avec ce réglage il est possible d’activer la visée par l’écran ce qui permet d’ajuster correctement les deux images.
  • Ctrl expo multi : Sans grain (je vous invite également à tester les autres modes mais pour moi c’est celui qui a le meilleur rendu)
  • Nb d’expositions : cela correspond au nombre de photos que vous souhaitez assembler. Ici, j’en ai utilisé deux.
  • Enr. imgs source : je vous conseille d’enregistrer toutes les photos, au cas où.

La photo technique que je vais vous présenter se compose donc de deux clichés. La première (photo P_09_01) est celle une d’un verre éclairé au flash afin d’avoir une belle transparence. La seconde (photo P_09_02) met en scène des pommes en lumière continue. La dernière photo que vous pouvez voir est le résultat de la composition automatique faite par l’appareil (photo P_09_03).

Après la prise de vue, comme pour toutes photos, nous passons sur Photoshop,. Grâce à la compilation automatique pas besoin de faire le montage des deux images mais il faut quand même modifier les contrastes pour que le verre soit plus marqué. Et voilà le résultat final !

Alors qui est partant pour un petit verre de cidre fait maison ? 😉

A la manière de … Lise Sarfati

Lise Sarfati est une photographe française qui a réalisé six grande séries : Post Factum, Acta est, Rough, Cold and Close : a Russian Poem, The New Life, Austin – Texas et On Hollywood. Ces œuvres sont toutes reliées par la même recherche artistique qui met en relation les lieux et les personnes.

The New life (2003) qui représente des adolescents de la classe moyenne américaine seuls dans leur univers. Cette série est un questionnement sur le vide : le décalage et le flottement qui sont des sentiments propres à l’adolescence. La sélection des personnages qu’elle opère lui permet de ne pas faire de mise en scène et donc de saisir le moment où les adolescents se perdent dans leur univers avec une émotion intacte.

Le vide est souvent présent dans ces photos, comme dans la série Post Factum (date) qui illustre l’appartement vide, mais non sans vie, de Marguerite Duras après son décès. Le vide apparait parfois de manière très subtile : même lorsqu’il y a des personnages, il se fait sentir par les expressions faciales de ceux-ci ou au travers du décor souvent très épurée ou surchargé mais toujours figé.

Pour revisiter le travail de Lise Sarfati, j’ai choisi de réaliser un diptyque composé d’un portrait et d’une nature morte. La première photo pourrait faire partie de The New Life tandis que la seconde est assimilable à Post Factum. Les deux photos dialoguent entre elles et rendent encore plus visible la ligne conductrice de l’œuvre de Sarfati : le vide qui n’est pas forcément où on pourrait le croire.

 

« Mali Twist » – Malick Sidibé

Entrée de l’exposition – Agnes Dahan Studio

L’exposition « Mali Twist » est un hommage à l’artiste Malick Sidibé décédé l’année dernière. Elle a une résonance toute particulière puisqu’elle a lieu exactement 25 ans après sa première exposition a la fondation. Malick Sidibé est un photographe portraitiste malien reconnu dans le monde entier pour ses photos de la jeunesse bamakoise. Il commence sa carrière auprès de Gérard Guillat-Guignard dans son studio Photo Service en 1955 puis, 7 ans plus tard, il choisi d’ouvrir son propre studio a Bamako.

L’exposition se déroule à la Fondation Cartier et regroupe environ 300 photos emblématiques, dont la plupart sont des tirages originaux faits par Malick Sidibé. Dans la première salle, on trouve principalement des photos-reportages des soirées de jeunes bamakois. Ces clichés rendent compte de l’insouciance et de la liberté ressentie suite à l’indépendance du pays. Au milieu de cette pièce se trouve une petite salle dans laquelle on peut découvrir comment Malick Sidibé présentait ses tirages pour les vendre. Il utilisait des pochettes cartonnées pour présenter ses photos en petit format lors des soirées.

La suite de la visite se déroule au sous-sol. On y découvre des photos de studio avec le décor et les accessoires qui ont rendu Malick Sidibé célèbre. Grâce à ces deux éléments les personnes venues se faire photographier se sentaient plus à l’aise. A cet étage on trouve également une salle de projection où l’on peut voir une vidéo avec des extraits d’interview du photographe.

Dans la dernière pièce, un objet inhabituel attire l’œil : un appareil photo géant, sculpté dans du bois. C’est la Fondation Cartier qui a commandé cette œuvre à Paa Joe car il représente l’appareil photo que Malick Sidibé utilisait le plus souvent. Le choix du bois n’est pas anodin puisque cette sculpture est en fait … un cercueil ! Au Ghana les personnes sont enterrées dans un cercueil représentant leur métier et Paa Joe est un artiste dans ce domaine. La Fondation a donc souhaité faire un petit clin d’œil pour cet hommage. La dernière particularité de cette salle est une reconstitution du studio du photographe, avec les accessoires associés, où les visiteurs peuvent se prendre en photo à la manière de Malick Sidibé.

Cette exposition était vraiment très enrichissante car elle permet de vraiment comprendre Malick Sidibé et sa manière de travailler. Le fait de toujours garder le même décor et les mêmes accessoires pourrait sembler redondant et plat mais les personnes photographiées dégagent toutes une impression distincte ce qui rend les tirages uniques. Les extraits d’interview apportent vraiment un plus pour découvrir la personnalité du photographe et permettent de rentrer en dialogue avec lui.

Une campagne de pub extraORdinaire

Qui dit commande pour une campagne de pub, dit maquette. Une maquette est une mise en page chartée fournie par la marque commanditaire pour la mise en valeur d’un produit donné. Elle va par exemple contenir les textes, le logo et les éléments constitutifs de l’image d’une marque.

Afin de réaliser une photo s’adaptant à la maquette, il faut penser à cadrer plus large, c’est-à-dire à laisser des marges autour de la composition (notamment en haut et en bas) lors de la prise de vue. La tâche n’étant pas simple, il est possible de s’aider d’un logiciel de prise de vue nommé Capture One. Ce logiciel permet de visualiser les images prises instantanément sur l’ordinateur. Grâce à l’onglet « superposition » du menu « recadrage », la maquette peut être visualisée directement sur l’image pour vérifier que le cadrage est assez large. Cependant, la maquette n’est là que pour cette vérification. Lors de l’exportation des fichiers, elle disparait et il faut la remettre via un logiciel de retouche.

Pour cet exercice je devais créer une pub pour une capsule de l’OR Espresso. Il était demandé de mettre en valeur les arômes de celle-ci au travers de la composition. J’ai donc choisi la capsule Lungo Elegante – Intensité 6, qui est caractérisée par ses arômes intenses et fleuris. Suivant cette spécificité j’ai décidé de mettre en scène une rose d’un rouge intense renfermant la capsule, accompagnée d’un bouton de rose doré.

Pour faire ressortir les contours de la fleur et de la tige d’un côté tout en les effaçant de l’autre, j’ai utilisé un flash monté d’un bol couplé à un nid d’abeille médium. J’ai également utilisé une astuce fort efficace pour obtenir un fond noir sans reflet : le velours. Cette matière absorbe la lumière produite par les flashes et donne un rendu totalement noir. Le dernier élément matériel pour faire ce shoot est un flash habillé d’un snoot, servant à concentrer la lumière sur un point précis, ici la capsule.

Un nouveau look pour la nouvelle année !

Avec l’arrivée de 2018, Meli-Melo s’enrichit d’une partie portfolio.

L’occasion de découvrir de nouveaux clichés mais cette fois sans explications. Le but de cette section étant de présenter mes travaux de manière plus professionnelle. Vous y retrouverez la plupart des catégories et séries que vous connaissez déjà mais aussi des exclusivités.

Je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2018, pleine d’aventure et de bonheur.

Et pour bien la commencer, une petite photo de la vie par -23°C dans le grand nord Canadien 😉

 

A la manière de … Jonas Bresnan

Cet éclairage bicolore, souvent rouge et bleu, est le fait d’un photographe de mode : Jonas Bresnan. Assez peu connu, il a pourtant réalisé de nombreux clichés pour Glamour, InStyle et Stylist. C’est d’ailleurs dans ce dernier magazine (numéro de décembre 2015) qu’est parue sa série « Party pour la nuit », où j’ai pu découvrir cette manière très particulière d’éclairer un modèle. Un côté rouge, un côté bleu. Cette opposition de couleurs fait penser aux éclairages de boites de nuit et à cette ambiance sexy et glamour. Son utilisation des paillettes accentue encore cet effet.

Pour réaliser cet éclairage j’ai utilisé deux torches (flash) avec deux bols pour modeler la lumière. L’utilisation des bols a pour but de concentrer la lumière sur une zone afin d’en faire ressortir les contrastes. Les ombres sont ainsi plus marquées. Puisqu’il fallait appuyer sur la différence entre les deux couleurs sur le visage, j’ai placé les flashs de part et d’autre du modèle, latéralement. Pour avoir ce rendu rouge et bleu, les bols ont été habillés avec des gélatines colorées. Pour ne pas refaire la photo exacte de Jonas Bresnan j’ai choisi d’inverser les couleurs et de dénuder au maximum le modèle. Ici ce qui est mis en avant ce n’est pas un vêtement mais un accessoire : la montre.