Mon avis sur … Politiques du visible – Dorothea Lange

 

J’ai découvert Dorothea Lange en cours d’anglais au lycée : pour notre examen de fin d’année nous devions savoir parler d’une photo sélectionnée par notre professeur. Je suis tombée sur « Migrant mother » de Dorothea Lange.

Dorothea Lange est surtout connue pour une série de 6 images qui a fait polémique. « Migrant mother » est une photo de cette série qui représente une mère qui fuit la sécheresse durant la grande dépression aux États-Unis. La controverse tourne autour de la vraie histoire de ces photos. En effet, Lange explique dans la description de sa photo que cette femme est désespérée car elle n’a plus d’argent pour nourrir ses enfants, elle a même dû vendre ses pneus pour cela. Pourtant dans ses cahiers de note il est écrit que cette femme attendait simplement son mari, parti remplacer les pneus abîmés. Quand on sait l’importance que Lange accordait à ses légendes et à ses notes on est en droit de se questionner sur les raisons de cette différence.

Le mois dernier se déroulerait au Jeu de Paume à Paris, une exposition dédiée à Dorothea Lange :  » Politiques du visible » . Curieuse de découvrir le reste de son œuvre j’ai eu l’occasion d’y aller pour mon anniversaire. Et heureusement, car c’était le dernier jour avant la fermeture !

L’exposition se déroule en cinq parties : les deux premières étant consacrées à la Grande Dépression qui a touchée les Etats-Unis dans les années 1870’s.

La première partie de cette salle nous apprend que Dorothea a commencé en temps que photographe portraitiste en studio. Cependant elle a vite choisi de changer de voie quand la Grande Dépression est arrivée. Elle ne voulait pas seulement faire de beaux portraits mais montrer la réalité sociale de son époque. En photographiant les chômeurs sans abris de San Francisco et les manifestations elle a ancré ses photos dans un style sociologique et anthropologique. Les photos dans cette partie sont accompagnées par des cartels affichant une citation de Dorothea. Il ne sont pas là simplement pour décrire l’œuvre, mais aussi pour nous informer sur la façon que Dorothea avait de voir son travail. Elle souhaitait faire un travail de documentation tout en changeant la société. Elle dira d’ailleurs « la Grande Dépression m’a réveillée ».

La seconde partie est consacrée à la migration de population suite à la Grande Dépression. Ces photos ont été réalisées lors de plusieurs voyages d’étude de terrain. Lange avait pour habitude d’annoter ses photos pour retranscrire les témoignages oraux qu’elle recueillait en côtoyant les personnes photographiées. On trouve dans cette partie des tirages orignaux avec ses fameuses annotations mais également des planches contact qui répertorient toutes les images qu’elle a réalisée pour la Farm Security Administration (FSA). Elle a ainsi créé l’une des plus vastes archives photographiques de cette période. Pour accompagner ces archives, il y a une carte géante des États-Unis où sont répertoriés tous les lieux qu’elle a visitée pour la FSA.

« Une photographie documentaire n’est en soi pas une photographie factuelle. c’est une photographie qui communique entièrement le sens et la porté de l’épisode ou de la circonstance … On ne peut pas vraiment parler de guerre entre l’artiste et la photographie documentaire. Une photographie doit être les deux » Dorothea Lange

Cette citation m’a beaucoup marquée car en regardant les planche contact je me suis aperçue que malgré la quantité d’image qu’elle a réalisée, Dorothea réussissait toujours à réaliser des images artistiques et également informatives, sans jamais montrer des choses accablantes ou désolantes comme peuvent le faire les reporters d’aujourd’hui.

La troisième section de l’exposition est consacré au chantier naval Kaiser, Richemond. Dorothea va s’intéresser à a une nouvelle forme de migration interne. Sur le chantier elle photographie le roulement de plus cent mille employés. Elle remarque qu’ils sont dans les mêmes conditions de vie et de solitude que lors des migrations de la grande dépression. Il y a peu d’images dans cette partie mais un très grand cliché nous fait bien ressentir cette oppression et cette solitude dans la foule représentée sur ces photos. Dans cette partie c’est surtout la scénographie qui m’a le plus touchée.

L’avant dernière partie est celle sur la déportation des citoyens américains d’origine japonaise. Dorothea Lange avait été mandatée par la War Relocation Authority. Cette partie m’a interpellée car en partant d’une commande, elle a réussi à réaliser des photos pour montrer au monde ce qu’il se passait réellement dans ces camps. Elle s’est d’ailleurs faite virer pour cela et ce fut un soulagement car elle en avait assez du mensonge. De plus, elle avait réussi à capter ce qu’elle ressentait vraiment pour documenter la réalité. Ces photos ont d’ailleurs été scellées en tant qu' »archives militaires » et ont été révélées au grand public pour la première fois en 1972.

La dernière partie était constituée de 5 images qui parlaient du nouveau système d’avocat commit d’office aux États-Unis. Lange a fait ce reportage à la demande du magasine Life mais il ne sera finalment pas publier. Ces photos s’inscrivent dans un tout nouveau style de photos en intérieur. Ce qui a desservie cette série selon moi c’est qu’elle était tres courte, se trouvait au niveau de la sortie avait peu d’impact juste après une série aussi marquante que celle de la déportation des Américains d’origine japonaise.

J’ai trouvé cette exposition particulièrement intéressante : j’ai pu en apprendre plus sur Dorothea Lange et découvrir la globalité de son travail. J’étais légèrement inquiète au début car l’affiche de l’exposition montre « migrant mother » et je m’attendais à ce que tout tourne autour de ça. Ce n’était pas le cas et j’en fut agréablement surprise. Je trouve que ses photos son poignantes et pleines de réalisme sans jamais être apitoyantes. Elle se sert de la photo comme un outil de communication et essaye de faire bouger les chose grâce à ses clichés. C’est ce que j’apprécie particulièrement dans son travail. Les images peuvent dire et servir énormément de choses, elles ont un impact fort sur la société d’aujourd’hui. C’est pour cela que je pense que nous devrions d’avantage nous en servir comme un moyen de communication positive et informatif à la manière de Dorothea Lange à son époque. Continuer la lecture de Mon avis sur … Politiques du visible – Dorothea Lange

Zoom sur … l’Olympus OM-10

Fin février 2019 Olympus fêtera son 100ème anniversaire ! Pour l’occasion, la marque a annoncé la sortie de la version silver du OM-D E-M1 Mark II ! Puisque j’ai moi aussi envie de fêter cet anniversaire comme il se doit, je vais vous faire découvrir un boitier argentique de la marque : le OM-10, mon chouchou du moment !

Olympus OM-10

 Mon histoire avec ce boîtier a commencé d’une manière très singulière : je l’ai trouvé en me baladant sur la plage, abandonné sur un rocher, en piteux état. Avec mon âme de collectionneuse de boitiers anciens, j’ai décidé de le prendre avec moi pour le ramener à la vie. Après l’avoir bichonné, je l’ai testé et surprise, il fonctionnait ! Avec un objectif 50 mm, il est plutôt petit, discret et pas trop lourd. Parfait pour un appareil de tous les jours ! Mais entre fonctionner mécaniquement parlant et fonctionner dans les faits il y a une grosse différence. Il faut donc tester tout ce qu’il est possible de teste.

Avant de l’allumer j’ai voulu insérer une pellicule (c’est un appareil argentique donc sans pellicule il n’est pas très utile… à moins d’en faire un presse papier !). Pour ce faire il faut ouvrir le capot arrière en tirant délicatement vers le haut la manivelle de rembobinage. C’est à ce moment que je me suis aperçue que le commutateur marche-arrêt était trop souple, ce qui laissait présager que le boîtier allait s’allumer et s’éteindre de manière intempestive… Après avoir refermé le boîtier et j’ai armé plusieurs fois la gâchette de l’appareil pour que la pellicule soit placée au niveau de la vue n°1. Celle-ci s’affiche sur le compteur de vue (à droite de la gâchette d’armement), qui n’est pas très clair mais suffisant pour qu’on sache à quelle position de la pellicule on se trouve. Une fois la pellicule choisie et installée il ne faut surtout pas oublier de régler les ISO sur le boîtier grâce à la bague située au-dessus du sélecteur de mode.

D’ailleurs, parlons-en un peu, cet appareil possède 3 modes :

  • Le mode Auto qui est en réalité un mode semi automatique priorité a l’ouverture.  » Semi automatique priorité à l’ouverture ?! Mais qu’est que c’est que ce charabia ? » me direz vous.  Pour régler un appareil photo il faut trois paramètres : les ISO, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation. Deux entre eux sont à régler manuellement tandis que le 3ème est calculé grâce à la cellule photographique intégrée. Les ISO sont déterminés par la pellicule choisie. Puisque le mode est priorité à l’ouverture du diaphragme, c’est ce paramètre qu’il faut régler manuellement. La vitesse sera donc automatiquement déterminée par la cellule.
Bargraphe d’exposition de l’OM-10
  •  Le mode B, dit « bulb », qui consiste à gérer le temps de prise de vue en restant appuyé sur le déclencheur afin de permettre des poses longues.  Cette curieuse appellation vient de l’accessoire originel qui servait à garder la fenêtre de l’obturateur ouvert. C’est ce qu’on appelle une poire/valve en français mais qui se dit « bulb » (ampoule) en anglais. Faire des poses longues en gardant l’obturateur ouvert est utile notamment pour faire des photos de nuit, des filés (photo où l’on ne voit que les lumières des voitures sur une route), du light painting ou encore des photos avec du flou de mouvement…
Poire de déclenchement (source : blog.photo24.fr)
  • Le mode le manuel adapté qui permet de régler les trois paramètres de façon manuelle. Ce mode nécessite un petit accessoire : un adaptateur manuel qui se connecte avec une prise jack sur le devant du boîtier, à gauche de l’objectif. Par chance le boîtier que j’ai trouvé en possédait un.
Adaptateur Manuel OM-10

 

Au cours de cette découverte du boitier, j’ai eu quelques frayeurs. La première car le miroir s’arrêtait à mi-course après la prise de vue lors des premiers déclenchements. Après quelques vérifications, je me suis aperçue qu’il y avait une pile (LR44) et qu’elle avait certainement besoin d’être changée. Ces piles sont évidemment peu courantes (sinon ça serait trop facile !) mais une fois trouvée et changée, le miroir fonctionnait correctement. La deuxième, lorsque le bargraphe (instrument indiquant la vitesse dans le viseur) ne s’est pas allumé alors que le boitier était sur « on ». J’ai donc vérifié la pile en poussant le commutateur on/off jusqu’à la position « check » et le boitier s’est mis à bipper. La pile était donc fonctionnelle. Après plusieurs tentatives, le bargraphe s’est enfin allumé. Comme je le craignais, mon commutateur trop souple allait me faire des misères j’étais trop heureuse pour y penser car mon nouveau joujou était enfin prêt à me suivre partout !

Après une semaine dans mon sac à shooter une fois de temps en temps sans souci, les problèmes ont commencé ! Dès que j’armais la pellicule, je l’entendais craquer, se déchirer. J’ai donc décidé de la rembobiner et de la changer. La deuxième pellicule n’avait semble-t-il aucun problème jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais sûrement dépasser depuis longtemps les 36 poses… Le compteur de vue était en effet revenu à 0 sans que je m’en aperçoive mais je pouvais toujours actionner la gâchette d’armement. En voulant rembobiner j’ai constaté que je tournai dans le vide : le film s’était désolidarisé de sa bobine. J’ai tout de même pu sortir et développer ma deuxième pellicule. J’ai pu constater qu’il y avait un léger voile sur mes photos. Mauvaise nouvelle… il y a probablement des fuites de lumière dans mon boîtier… Malgré tout je l’aime beaucoup donc je décide de lui donner une autre chance en espérant que le problème venait de pellicules défectueuses. Sans résultat.

Puisque j’adorais ce boitier et que j’étais vraiment triste de ne plus pouvoir l’utiliser, j’ai décidé d’en commander un à Papa Noël ! Gros défi, puisque si ce boitier est facilement trouvable en occasion, peu de modèles fonctionnent ! Mais défi relevé en fin de compte pour mon plus grand plaisir !

Un voyage et quatre pellicules plus tard ! Je peux vous affirmer que j’adooooore ce boîtier !

Je n’ai pas encore pu développer les photos que j’ai faite avec mon deuxième Olympus OM-10 mais voici une courte série de photos que j’ai réalisée avec le premier boîtier ! Les fuites de lumière apportent un effet voilé, laiteux qui donne l’impression de photos prises il y longtemps.

 A très vite pour d’autres séries et de nouvelles aventures avec ce nouveau boîtier !

Voir la vie en blanc avec le High Key

Lors d’un exercice à Gobelins, on nous a demandé de réaliser une photo en high key ou en low key. Cet exercice était très intéressant et c’est pour cette raison que j’ai choisi de vous présenter le high key aujourd’hui ! Le low key fera certainement plus tard l’objet d’une autre photo technique.

Un photo en high key (contraction de « high key lighting ») est une image à dominantes claires avec une légère surexposition sans pour autant « cramer » les blancs. Puisque j’utilise un vocabulaire technique, j’imagine que des définitions sont nécessaires.

  • « High key ligthing » peut se traduire par « lumière à niveau élevé » : expression évocatrice mais peu sexy qui explique que l’anglicisme ait été conservé.
  • « La surexposition se produit si le film (ou le capteur) reçoit trop de lumière, soit parce qu’il est exposé a une lumière trop forte, soit parce qu’on a laissé agir la lumière trop longtemps. Cela donne des photos claires et réduit le contraste du sujet »  John Edgecoe – La photographie
  • « Cramer » une photo signifie que la surexposition est tellement importante qu’il n’existe plus de matière sur la photo.

Ce rendu n’est pas très compliqué dans la mise en œuvre, c’est surtout une question d’éclairage à maîtriser et d’histogrammes à interpréter. Bien sûr des photographies en high key existaient avant l’appareil photo numérique et il est donc possible d’en réaliser sans histogramme, mais il faut dire que ça facilite la vie ! Le high key est aussi bien utilisé pour faire des portraits que des natures mortes. Fidèle à moi-même, j’ai décidé de réaliser une photo de nature morte, et j’ai choisi pour sujet un téléphone de la fameuse marque au logo en forme de pomme.

Pour faire une photo en high key il faut un éclairage doux pour des ombres peu marquées. J’ai donc utilisé un flash avec une boîte à lumière comme éclairage principal. celui-ci est placé en douche au dessus du produit. Comme je souhaitais faire une photo en plongée (vue de haut) il a fallu que j’utilise une Boxlite comme fond pour poser à plat les éléments de décor. Ce modeleur de lumière permet de « déboucher » (ré-éclairer les zones d’ombre sans les faire disparaitre) toutes les ombres entre les pommes et celles créées par la boîte à lumière. Enfin pour qu’il y ait tout de même une légère direction de lumière (que l’image ne soit pas trop « plate ») j’ai positionné un flash avec un snoot sur la gauche de la mise en scène pour créer de petites ombres.

Pour bien régler les différents flashs entre eux et être subtile dans les ombres, j’ai utilisé une cellule photo. Premièrement il faut éteindre tous les flashs, excepté le flash principal et mesurer la puissance de celui-ci. Ensuite on règle les paramètres de l’appareil photo suivant cette mesure. Pour déboucher les ombres sans créer de contre-jour, la Boxlite doit être à la même puissance que la lumière principale. Je mesure donc sa puissance grâce à la cellule photo et l’ajuste pour obtenir les mêmes réglages que ceux du flash avec la boîte à lumière. Enfin je veux que le snoot soit légèrement plus fort que le reste des lumières pour créer des ombres. Pour cela, je mesure la lumière du snoot et le règle de +1/4 en ouverture de diaphragme par rapport aux autres lumières. Après avoir fait ces réglages je shoot une première photo et regarde l’histogramme de la photo. On doit y voir une courbe ascendante vers la droite mais pas collée contre le bord, ce qui signifierait que des informations sont « cramées ».

Après ces premiers réglages on peut ajuster pas à pas les réglages des flashs en fonction de son envie.

Une fois la prise de vue effectuée, il reste quelques travaux de post-production à effectuer pour améliorer l’image. Tout d’abord on peut atténuer le contraste grâce à l’outil courbe de Photoshop. Ensuite il faut s’assurer que les blancs soient « bien blancs », pour cela on peut saturer au maximum l’image afin de  vérifier l’existence d’autres dominantes colorés (attention à ne pas oublier de supprimer ce calque à la fin !). Si on en trouve on les atténue avec l’outil balance des blancs. Cette technique doit être utilisée avec précaution lorsqu’il y a des éléments de couleur dans le décor. S’il n’y a pas d’élément coloré dans l’image on peut aussi passer la photo en noir et blanc ce qui permet de travailler les teintes de blanc et de gris plus facilement. Pour ma part j’ai préféré jouer avec la balance des blancs pour donner un aspect légèrement froid à mon image.

Voici ma photo finale :

Alors, qu’en pensez-vous ?

Zoom sur … la cellule photographique

Aujourd’hui, petit retour aux sources avec la cellule photo !

 

Pour ceux qui ne le savent pas, la cellule photo (ou posemètre) est un appareil qui mesure la luminosité ambiante. Cet outil était indispensable du temps de l’argentique et des chambres photographiques pour avoir l’exposition désirée. Pour rappel, il existe 3 réglages essentiels à effectuer avant une prise de vue : la vitesse d’obturation, les ISO et l’ouverture du diaphragme. Le principe de la cellule photo est très simple : elle permet de calculer n’importe lequel de ces réglages à partir de deux d’entre eux. Par exemple : si nous avons une pellicule de 200 ISO et que nous souhaitons une vitesse de 1/150 pour éviter les « flous de bouger », il suffit de rentrer ces deux valeurs dans la cellule pour qu’elle nous donne la valeur du diaphragme appropriée à la scène que nous voulons photographier.

De nos jours il existe des cellules photos intégrées dans tous les boîtiers (et sur certain appareils argentiques). Cet outil est représenté par une bargraphe d’exposition dans le viseur.

Bien que les appareils photo numériques soient dotés d’un posemètre, il n’est pas rare qu’on utilise tout de même des cellules photo dites à main, notamment en studio. En effet, en studio, la cellule de l’appareil peut pas être efficace car elle ne peut mesurer que la luminosité ambiante et pas la luminosité qu’il y aura au moment du flash. La cellule à main nous permet de mesurer indépendamment chaque flash : elle peut s’y connecter afin de mesurer la luminosité lors du déclenchement.

Il existe deux manières d’utiliser une cellule photo à main. La première consiste à trouver la valeur du réglage recherché en faisant la moyenne de toutes les valeurs trouvées lors des différents essais flash. Cette donnée est ensuite entrée dans le boîtier photo. On peut également se servir d’une cellule à main pour régler la puissance des flashs en fonction de valeurs déjà définies. Ici on règle donc la valeur sur l’appareil photo en premier puis on adapte les flashs après en avoir mesurée la puissance grâce à la cellule à main. Ceci permet par exemple de régler un flash secondaire par rapport à un flash principal.

Une valise à toute épreuve

Comme vous l’avez sûrement remarqué, j’adore faire des photos de nature morte ! C’est pourquoi j’ai choisi de vous expliquer aujourd’hui la technique photo pour composer de belles images.

La photographie de nature morte est une technique photo qui tourne essentiellement autour d’objets commerciaux et de végétaux. Il n’y a donc aucun mouvement dans l’image, ce sont les jeux d’ombre et de lumière, ainsi que la composition qui font vivre la photo.

Avant de réaliser la composition d’une image de publicité, il faut se poser les bonnes questions : il faut comprendre le produit à mettre en avant. On doit alors réfléchir à son utilisation, à la nature des matières et à la manière dont elles réagissent à la lumière. Il faut aussi se demander à qui est destiné le produit pour savoir quels « codes » utiliser dans la scénographie. Après avoir répondu à ces questions on peut se pencher sur la composition. L’important est d’avoir une idée précise du rendu souhaité. La photo pourra évidemment par la suite être ajustée selon les besoins.

Quelques petits conseils de composition :

  • Le produit doit être le cœur de la photo, il ne doit pas être caché ou trop petit (il doit faire au minimum 1/3 de l’image)
  • L’image ne doit pas être surchargée car cela détournerait l’attention du produit
  • Le décor peut être disposé sur différents plans pour faciliter la lecture

L’éclairage d’une photo de nature morte demande beaucoup de temps car il doit être travaillé flash par flash. C’est-à-dire qu’il faut faire une première photo avec un flash, modifier la puissance, l’angle etc. jusqu’à satisfaction puis en ajouter un autre et répéter l’opération jusqu’à l’obtention de la lumière souhaitée.

La photo technique du mois est donc cette fois-ci, une publicité pour une marque de valise qui sort une nouvelle collection : Châtelet par DELSEY.

J’ai décidé de réaliser une série de 4 photos : une par saison. On voit ainsi que les valises sont pratiques pour tout type de vacances. Sur les quatre photos, la valise est disposée exactement de la même manière. Cela montre que cette valise est solide et durable dans le temps. Pour matérialiser les saisons j’ai créé des origamis qui correspondent aux éléments météorologiques de chacune d’entre elles. Ensuite j’ai disposé à côté de la valise des vêtements et accessoires qui correspondent également aux saisons. Outre l’esthétique, ils permettent de visualiser la taille de la valise.

Cliquez sur les images pour les visualiser en taille réelle

Avec ces quatre images j’ai également réalisé un montage qui reprend le logo et les codes du design de la marque, déjà présents sur les valises. Cette image de présentation peut servir de première page à un édito mais également de publicité pour les affichages extérieurs comme les abris-bus.

La minute d’avant…

Récemment l’école nous a passé une commande un peu particulière : il s’agissait de faire le portrait de comédiens. La difficulté de cette commande résidait en le fait de ne pas photographier le personnage joué mais bien la personne qui joue.

Cela n’est pas sans rappeler l’historique du portrait. Originellement le portrait photographique avait pour but de montrer le réel sans interprétation humaine. Par la suite, Nadar a réalisé des portraits où l’on voyait transparaitre la psychologie et la position sociale des sujets. Le portrait photographique se rapproche alors des portraits en peinture où les éléments de décor avaient une signification importante.

Dans mes portraits je voulais donc faire ressortir à la fois la personnalité des comédiens mais également leur métier. Pour cela j’ai choisi de photographier un moment précis propre à chaque comédien mais commun à toute la profession : le court temps qui précède la montée sur scène. Pour moi cet instant est celui qui représente le mieux le comédien en tant que personne car c’est un moment intime de préparation et de concentration intense. Chacun y va de sa méthode, certains font des exercices de mise en situation d’autres se recentrent sur eux-mêmes et d’autres encore rentrent dans leur personnage en ajustant leur costume.

Lors de la prise de vue je leur ai demandé de me parler de leurs habitudes avant de monter sur scène et de me les montrer. J’ai également recréé un décor de coulisses de théâtre pour les mettre dans l’ambiance. Ainsi j’ai pu prendre des photo presque sur le vif.

Cette commande a été très enrichissante pour moi car elle m’a obligé à sortir de ma zone de confort pour faire de l’humain. J’ai dû parler avec les modèles, apprendre à les connaitre pour retranscrire au mieux qui ils sont dans mes portraits. Je tiens donc à remercier chaleureusement Nadia Hermès, Aurélien Martinet, Maxime Leguay, Bryan Grandin, Romane-Marie Ridel et Benjamin Constant.

Et soudain, le drame

Ce mois-ci, j’ai souhaité attirer votre attention sur la lumière dans la photographie. C’est un élément constitutif d’une image qui n’est pas toujours très visible sur le rendu final mais qui est d’une importance capitale. Que diriez-vous si on voyait un point lumineux et une ombre à contre-sens ? Cela paraitrait insensé ! Et pourtant, pour bien éclairer l’objet principal, il se peut que les sources de lumière se croisent et modifient les ombres. La lumière nécessite donc une attention particulière en photographie. Surtout lorsque la réalisation concerne une série photo. Comme au cinéma, la lumière doit être cohérente tout au long de la série. Si sur la première photo la lumière vient du côté de la pointe d’un crayon, quel que soit le deuxième point de vue, la lumière devra toujours provenir du côté de la pointe du crayon. C’est en cela que réside l’une des difficultés techniques de la réalisation d’une série de photos.

Pour être un peu plus spécifique je voudrais vous parler aujourd’hui de la photographie en lumière continue. La lumière continue est un type d’éclairage qui est surtout utilisé au cinéma (pour plus de détails je vous invite à lire l’article : Zoom sur … la lumière continue). En photographie cela nous permet d’utiliser la visée par l’écran afin de pouvoir agencer le décor de manière précise sans avoir à effectuer des centaines de photos test. Par ailleurs, elle permet un rendu totalement différent de la prise de vue au flash. Ces deux types d’éclairage sont donc bien plus complémentaires que rivales comme on pourrait le croire. Je les ai d’ailleurs utilisées ensemble dans cet article de photo technique : La photo à la bougie.

Le défi était ici de conserver une cohérence d’éclairage sur une série tout en utilisant de la lumière continue. Mon objectif était donc de raconter une histoire en trois images à partir d’un même décor avec deux sources lumineuses en lumière continue.

Inspirée par la magnifique lumière de la pleine Lune les jours qui ont précédés ce shooting, j’ai décidé de recréer cette lumière bleue et pâle pour éclairer une scène de dîner aux chandelles à travers une fenêtre. Afin de donner une atmosphère nocturne et un peu mystérieuse à ma photo, j’ai utilisé un Mizar* et des gélatines bleues. Vous l’avez deviné, si la première source lumineuse est la Lune, la seconde est la flamme des chandelles ! Ne pouvant pas allumer de bougies dans le studio, j’ai décidé de matérialiser leur éclairage avec un Bambino* et de rajouter des flammes en post-production. Puisque ma composition avait un éclairage peut puissant j’ai réglé ma vitesse de prise de vue à 6 secondes. Pour obtenir une grande plage de netteté sur les photos, j’ai ouvert le diaphragme à 16.

Cette série raconte une histoire étrange et effrayante car les ellipses temporelles entre les photos laissent place à l’imagination. Tout commençait pourtant si bien … Soudain, la fenêtre s’ouvre ! Est-ce le vent ou bien quelque chose de plus dangereux ? La dernière photo nous laisse penser qu’un drame s’est produit, pourtant nous ne saurons jamais vraiment ce qui s’est passé ce soir de pleine Lune …

Cliquez sur les photos pour une meilleure expérience

*Le Mizar et le Bambino sont des appareils permettant de produire de la lumière continue. Leurs propriétés respectives sont développées dans l’article « Zoom sur … la lumière continue » cité plus haut.

Zoom sur … La lumière continue

Puisque que je vous ai parlé de la lumière continue dans un article de photo technique, je me suis dit qu’il fallait que je vous explique un peu plus précisément de quoi il s’agit !

Comme son nom l’indique la lumière est diffusée en continue : elle ne se déclenche pas au moment du cliché contrairement au flash. Il peut aussi bien s’agir de sources de lumière artificielle spécifique (Fresnel tungstène, mandarine, cycloïde) que de lumière artificielle commune (lampe de poche, bougie, …) ou encore de la lumière naturelle telle que celle provenant du Soleil. La lumière continue est surtout utilisée en photo pour faire des natures mortes car l’intensité lumineuse, moins forte que les flash, nous contraint à des temps de pose plus long ce qui peut s’avérer compliqué avec un modèle vivant.

Il existe trois types de matériel pour produire de la lumière continue artificielle spécifique :

  • Les lumières au tungstène qui sont des lampes à filaments. Elles sont puissantes et de très bonne qualité lumineuse mais consomment et chauffent énormément. Leur température de couleur est de 3200 K. Il y a plusieurs sortes de lampes tungstènes : les mandarines qui peuvent délivrer entre 650 et 800 Watts, le Mizar et le Bambino qui ont tous les deux des lentilles Fresnel tungstène de puissances différentes : respectivement 650 Watt et 500 Watt.
  • Les tubes fluorescents qui ont un encombrement et une consommation électrique moyenne. L’avantage de ce type de source lumineuse est qu’il est possible de changer l’intensité de la lumière : il suffit de ne pas allumer tous les tubes en même temps. Il est également possible de modifier la température de couleur en changeant les tubes pour passer de 3200 K à 5500 K. Il existe plusieurs sortes de lampes fluo : Le kino flo et le cycloïde.
  • Le HMI (Hydrargyrum medium-arc iodide ou lampe aux halogénures métalliques) qui est très puissant et resitue très bien la température de la lumière du jour (5600 K). En revanche, c’est un matériel très encombrant qui chauffe et consomme beaucoup. Ce type d’éclairage est notamment utilisé au cinéma.
  • La LED qui a une consommation électrique faible et est très peu encombrante. C’est un éclairage polyvalent qui permet de choisir la température de couleur ainsi que la puissance. Actuellement très peu de projecteurs permettent d’avoir une lumière concentrée mais avec le progrès technique, on peut penser que la LED va finir par éclipser la plupart des autre types de lumière continue.

 

Par ailleurs, chaque type de lampe possède ses accessoires. Le HMI et le Tungstene peuvent être agrémentés de lentilles Fresnel. Le principe de celles-ci est de concentrer la lumière pour donner un éclairage précis et très contrasté avec des ombres très marquées.

Sur les traces de la guerre 14-18

En cette année de centenaire de la Première Guerre Mondiale, j’ai choisi de vous présenter une série de photos que j’avais prise pour mon Bac en 2016. Nous devions tous faire un book sur un thème commun : TRACE. Chacun devait ensuite le travailler de manière personnelle et le thème de la Grande Guerre m’a immédiatement sauté aux yeux.

Tout d’abord j’avais souhaité faire un reportage sur mon ancêtre de 4ème génération Ernest Ladame qui est mort dans les tranchées à Cerisy-Gally. Durant mes recherches et en explorant les lieux de mémoire pour retrouver où il avait été enterré, je me suis rendue compte que je voulais partager mes découvertes sur la Grande Guerre et faire perdurer la mémoire de cet évènement à travers mon reportage. Mon but était de montrer que si nous ne faisons pas ce travail de mémoire que ce soit par la photo ou par les restaurations, ces traces pourraient bien disparaitre un jour. Le travail de mémoire est un enjeu important pour nous tous car c’est à travers l’Histoire que nous nous construisons. C’est grâce à cette mémoire que nous ne referons pas les mêmes erreurs.

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A la manière de … Barry Pringle

Puisque Pâques n’est pas loin derrière nous, j’ai décidé d’y faire un petit clin d’œil dans ma nouvelle contribution à la série « à la manière de … » !

Barry Pringle est un photographe Sud-africain spécialisé en photos de natures mortes et de nues. Ses séries ont pour point commun la dissemblance du même, il joue visuellement avec les mots. Il regroupe par exemple des objets qui portent le même nom mais qui ne se ressemblent pas, il les photographie et les expose les uns à coté des autres. Les titres de ses séries sont donc des mots très simples et descriptifs.

Des fleurs, de la nourriture, des intérieurs, des parties du corps humain… ses sujets de prise de vue sont variés. Une série m’a plus particulièrement étonnée : Eggs (les œufs en français). Je n’ai pu trouver aucune information sur la création de cette série mais elle m’a tellement plu que j’ai eu envie de la revisiter. La photo que j’ai réalisée pourrait en être la suite car c’est une énième façon de voir les œufs. Et comme dit le célèbre adage : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! C’est ce que j’ai voulu illustrer avec ma revisite de Barry Pringle. Du côté technique j’ai repris ses codes d’éclairage, c’est-à-dire une lumière crue, des ombres marquées et une dominante colorée jaune pour créer un aspect de lumière naturelle et non celle d’un flash.