Au fil de la laine en Toscane

Ça y est, en septembre je débute ma dernière année à Gobelins – l’école de l’image. Durant ces deux dernières années j’ai, grâce à l’école, pu participer à plusieurs projets extérieurs. Pour ce dernier voyage nous nous rendons en Toscane afin de réaliser un double projet !

Pour ce voyage nous sommes, comme pour le workshop à Villemer, partis à 10 : 5 étudiants de 1ère année et 5 de 2ème année. C’est Hervé Bialé, notre professeur de retouche, qui a organisé ce séjour. Il avait un contact au sein de l’entreprise Fili di lana et nous a donc proposé de travailler en collaboration avec eux pour leur fournir des photos de leurs produits. Fili di lana est une société qui fabrique des foulards, des étoles, des chapeaux, des gants, des ponchos etc. le tout entièrement made in Italy. 

Durant ce voyage je souhaitais réaliser en plus des photos des produits, un mini film avec des plans en noir et blanc dans l’usine et des plans en couleur avec les foulards flottant au vent dans les paysages toscans pour promouvoir le made in Italy. Je devais également réaliser, comme les autres élèves de 2ème année présents, une série d’images pouvant être utilisées dans le cadre du workshop “risographie”, organisé en parallèle de ce voyage. 

Dès notre arrivée, après un bon plat de pâtes à la carbonara préparé par nos hôtes, nous sommes allés découvrir l’usine et les produits de la marque. Puis nous sommes partis nous balader dans le village où nous logions. Des paysages magnifiques se dressaient devant nous. Nous en avons donc profité pour faire quelques photos à l’argentique. Voici quelques photos backstage.

Charlotte souhaitait s’essayer à la photographie de nuit. Je l’ai donc assistée dans ses expériences et j’en ai profité pour faire quelques tests également. Voici le résultat :

Les jours qui ont suivi, nous avons visité les villages des alentours. Nous en avons profité pour faire des photos pour le workshop “risographie”. Le thème de celui ci était “architecture fantasmée et paysage urbain”. Lors de la prise de vue, il fallait penser à prendre en compte le fait que ces photos seraient imprimées en risographie. C’est-à-dire imprimées en 2 ou 3 couches colorées seulement. Pas d’inquiétude si vous ne voyez pas de quoi je parle, je vous ferai un petit article sur le sujet pour la photo technique de septembre ! 

Dans un premier temps, je souhaitais réaliser des photos d’objets ou de lieux sacrés mais cela ne m’a pas enthousiasmé très longtemps. J’ai donc photographié à l’argentique des paysages urbains et végétaux que je pourrais associer ensemble pour le rendu. 

Après quelques jours à se balader, il était temps de rentrer dans le vif du sujet. Nous avions un après-midi pour déambuler dans l’usine afin de réaliser toutes les images que nous souhaitions. J’ai donc pris mon Steadicam (un système stabilisateur de prise de vues portatif) et le Sony alpha 7R de l’école et je me suis mise au travail.

Le lendemain j’ai filmé les foulards dans les paysages toscans et la maison, typique, que nous occupions.

Après ce périple nous avons enchaîné avec le workshop “risographie” puis j’ai réalisé un stage, je n’ai donc pas eu le temps de finir de monter le film mais je vous le dévoilerai fin août !

Hervé nous avait organisé quelques rencontres durant ce voyage, dont la première avec la scuola de la fondazione Studio Marangoni di Firenze. Avec les élèves de cette école, nous avons fait un échange sur des lectures de portfolios pour comparer nos travaux et s’enrichir mutuellement. Nous avons également rencontré un architecte italien du nom de Franco Vannini, qui nous a fait un petit cours sur l’histoire de l’art en Italie.

Merci à Hervé et Elisabetta, nos organisateur et hôte de ce voyage mais surtout nos papa et maman de ce séjour. Merci également à l’équipe de Fili di lana qui nous a ouvert les portes de son usine et prêté ses produits. 

Pour finir, merci à mes super acolytes de voyage Eugénie, Charlotte, Marjory et Lucie notre super pilote !

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Le mélange des espaces à Villemer

Ça y est, en septembre je débute ma dernière année à Gobelins – l’école de l’image. Durant ces deux dernières années j’ai, grâce à l’école, pu participer à plusieurs projets extérieurs. Cette fois-ci nous sommes partis en Bourgogne pour réaliser un workshop sur le thème “inside/out” afin de faire une exposition pour la journée portes ouvertes de l’école.

Avec 5 élèves de première et deuxième années mélangé, nous avons donc fait route vers Villemer. Nous avons eu la chance d’être logés dans la maison d’un de nos professeurs : Maroussia Podkosova. Cette demeure était remplie d’objets en tout genre qui ne demandaient qu’à être dépoussiérés et exploités.

Le lendemain de notre arrivée nous avons fait une petite réunion pour parler du thème, de nos idées et pour chercher des inspirations. Nous avons également fait du repérage autour de la maison pour trouver des lieux adaptés aux shoots.

Le thème et les lieux m’ont beaucoup inspiré. J’ai décidé de réaliser une série qui dénonce cette envie de retourner à la nature tout en conservant notre confort, souvent peu éco-responsable il faut bien le dire ! Nous souhaitons faire entrer la nature à l’intérieur de nos maisons pour avoir bonne conscience mais dans ce cas, pourquoi ne pas mettre nos meubles en extérieur ?  J’ai donc choisi de recréer des espaces intérieurs au milieu des champs, loin de tout urbanisme. Pour matérialiser le mélange des espaces, j’ai choisi d’utiliser des portes et fenêtres qui délimitent l’espace intérieur. Mais il me fallait encore trouver ces éléments ! Par chance le voisin de notre logement avait des décors de cinéma et il a bien voulu nous prêter certaines choses. Ensuite fallait-il encore que tout ce bazar rentre dans ma voiture pour l’apporter dans les champs… 

Avec Eugénie et Charlotte nous nous sommes entraidées pour nos shootings respectifs. Cela s’est avéré bien utile pour avoir une assistance logistique et un œil différent sur les projets de chacune.

Le soir nous retouchions nos images tout en pensant à d’autres scénographies possibles avant d’aller cuisiner de bons petits plats entre copines.

Après quelques jours de shoot, dans la bonne humeur (mais aussi dans le froid !!) nous avons fait une nouvelle réunion pour parler de l’accrochage aux portes ouvertes de l’école. En raison du thème et des moyens humains que nous avions, il a été décidé très rapidement de recréer une maison à l’intérieur des studios de l’école. Nous avons créé des plans et commencé à placer les différentes séries à l’intérieur de ce lieu fictif en fonction du nombre d’images que chacun pensait pouvoir fournir.

Voici les images de la série que j’ai réalisé durant cette semaine intense, bien qu’un peu courte pour exploiter tout le potentiel de ce lieu.

Nous avons peu eu l’occasion de faire des photos personnelles ou de flâner aux alentours car l’élaboration de nos projets nous a pris tout notre temps libre. J’ai tout de même pu faire quelques photos à l’argentique que vous pouvez retrouver sur mon Zoom sur… le Brownie Junior Six-20.

Moi qui essaye de comprendre comment fonctionne le Kodak Brownie Junior Six-20

Quelques semaines après notre retour, nous avons monté l’exposition pour les portes ouvertes. Les premières années ont construit la maison avec Germain et par la suite, nous avons accroché les photos en dos bleu ou en cadres sur les murs selon le parcours que nous avions prévu pendant notre séjour.

Merci à Maroussia pour nous avoir proposé ce superbe thème et de nous avoir accueilli dans son cocon. Un grand merci également à Germain qui nous a aidé à réaliser nos idées les plus folles en ce qui concerne la scénographie. Et bien sûr, merci à Eugénie et Charlotte qui m’ont assisté malgré le froid et la pluie. Sans elles cette série n’aurait pas vu le jour.

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L’aventure Incadaqués

Ça y est, en septembre je débute ma dernière année à Gobelins – l’école de l’image. Durant ces deux dernières années j’ai, grâce à l’école, pu participer à plusieurs projets extérieurs. Les semaines précédentes je vous ai partagé mes expériences dans deux festivals français : la foire internationale de Bièvres et les promenades photographiques de Vendôme. En septembre, c’est en Espagne que j’ai participé à un festival photographique ! Pour la première fois Les Gobelins ont participé au festival Incadaqués et j’ai eu l’occasion d’y assister avec 9 autres étudiants et Ricardo Moreno, notre professeur référent durant ce voyage. Nous avons pris part à ce festival en temps que bénévoles pour aider à l’installation des expositions. 

Le festival Incadaqués se déroule fin septembre dans la ville de Cadaqués (la ville de Salvador Dali) et il regroupe 35 photographes qui exposent dans toute la ville.

Nous logions sur les hauteurs de la ville. Même si nous étions un peu loin du centre ville et que cela nous demandait encore un effort physique pour remonter là-haut après nos journées chargées, nous étions ravis d’avoir une aussi belle vue.

Le premier jour de travail nous avons déchargé les différents camions dans lesquels se trouvaient les œuvres. La ville étant aux trois quarts piétonne, il nous a fallu beaucoup de temps et d’énergie  pour apporter les œuvres dans leurs lieux d’exposition respectifs. Après un déjeuner plus que rapide, nous nous sommes rendus dans un local de vente à l’abandon pour le débarrasser et nettoyer de fond en comble. Ce local accueillera 3 photographes pour former la galerie Mia. Galerie dont nous serons en charge pendant tout le festival avec Charlotte et Lou-Anne.

Après l’avoir rangé, nous devions lui redonner un coup de jeune. Nous nous sommes donc armés de nos pinceaux et d’un grand pot de peinture blanche pour rafraîchir les murs et la façade du bâtiment. Bien que très long et peu passionnant, ce travail est indispensable (et finalement plutôt drôle à faire !). A peine avions nous fini qu’il fallait installer les oeuvres tout juste arrivées.

Durant les jours qui ont suivi, nous avons rencontré deux des photographes qui exposaient  la galerie Mia : Kalel KOVEN et Gil RIGOULET. Ce fut très enrichissant de pouvoir interagir avec eux sur la manière dont ils voyaient leur scénographie. Nous avons beaucoup appris en travaillant avec eux pour mettre en place leur vision selon l’espace et la disposition des murs que nous avions.

Nous avons eu beaucoup de difficultés avec notre galerie. Tout d’abord, ce n’était pas évident de trouver du matériel pour faire l’accrochage, car il y en avait très peu pour une dizaine de galeries. Il fallait souvent courir dans toute la ville après le marteau et les vis… Ensuite nous nous sommes rendu compte qu’il était impossible de planter un clou dans les murs de la galerie Mia car ils étaient trop durs. Après avoir posé des repères, nous nous sommes donc mis en quête d’une perceuse. 

Nous ne sommes pas restés très longtemps au chômage technique, car même si nous avions un contre-temps pour notre galerie, nous avons été réquisitionnés pour aider à décharger ou accrocher des oeuvres et même pour faire la scénographie d’autres expositions. Nous avons également dû afficher la signalétique pour le vernissage. Celle-ci se présentait sous la forme de dos bleus à accrocher sur les murs de la ville. Le rythme était épuisant mais les discussions avec les photographes ont su nous rebooster.

Quelques jours avant le vernissage nous avons été formés à vendre les tickets d’entrée. Ce n’était pas prévu et pas très passionnant mais nous l’avons tout de même fait de bon gré. Il était difficile de parler espagnol pour la plupart des étudiants mais fort heureusement, beaucoup de visiteurs parlaient français et nous avons tout de même réussi à nous faire comprendre.

Après avoir passé la journée à courir pour finir d’installer les expositions et à vendre des billets nous devions encore veiller au bon déroulement des vernissages, ce qui ne nous a pas permis d’en profiter pleinement.

Durant ces quelques jours, nous avons eu la chance de rencontrer l’équipe de Granon Digital qui était à l’origine des quotidiens distribués durant les 4 jours du festival. A l’intérieur se trouvaient certaines oeuvres des photographes avec la date et le lieu de leur vernissage. Les photos étaient réinterprétées grâce au procédé de la risographie. Ils étaient vendus par deux étudiantes de Gobelins, à la sauvette, dans les rues de Cadaqués. Cette revisite en risographie a d’ailleurs sûrement dû donner quelques idées à nos professeurs puisque qu’ils nous ont organisé un atelier de risographie en fin de deuxième année ! Vous découvrirez bientôt tout cela dans un article dédié.

Le dernier jour de notre périple nous avons enfin pris le temps de visiter tous ensemble les sentiers à côté de notre logement. Cela a été très ressourçant. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour photographier cette magnifique ville qu’est Cadaqués mais voici tout de même quelques photos prises à l’argentique. 

Le bénévolat durant ce festival a été éreintant bien que constructif. Je sais désormais quels sont les indispensables pour monter plusieurs expositions en même temps lors d’un festival et l’importance de la communication entre les organisateurs, les bénévoles et les photographes exposés. J’ai également eu la chance de côtoyer deux photographes attachants qui nous ont fait confiance et qui on pris en compte notre avis durant l’accrochage de leurs œuvres. L’entraide entre étudiants et le soutien que nous pouvions avoir auprès de Ricardo était également très appréciables. Cette expérience aura permis de renforcer les liens que nous avions déjà au sein de la team Gobelins qui a participé à ce voyage.

PS : je tiens à remercier Lauréline, Lou-Anne et Charlotte pour m’avoir autorisé à utiliser leurs photos en illustration de cet article puisque les miennes ont disparu avec ma carte SD…

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Les promenades photographiques de Vendôme

Ça y est, en septembre je débute ma dernière année à Gobelins – l’école de l’image. Durant ces deux dernières années j’ai, grâce à l’école, pu participer à plusieurs projets extérieurs. La semaine dernière, je vous ai parlé de mon premier voyage à Biarritz. Aujourd’hui je vais vous parler du second. Durant l’été, c’est l’effervescence des festivals de musiques, mais pas seulement. La foire internationale de la photo à Bièvres annonce pour moi le début des festivals photographiques. Juste après arrive un autre festival que j’ai découvert il y a maintenant un an : les promenades photographiques de Vendôme.

Les promenades photographiques sont un appel à découvrir et à redécouvrir la photographie. Le festival met un point d’honneur sur la cohabitation entre, des photographies connues ou inédites de photographes renommés, des photographies oubliées et des auteurs en pleine émergence. Les expositions sont gratuites pour en permettre l’accès à tous. Dans cette idée de découvrir la nouvelle génération de photographes, le festival organise deux événements majeurs : Le prix mark Grosset qui récompense des étudiants en fin de cursus, et le Campus des promenades photographiques. L’événement se déroule dans toute la ville de Vendôme : chaque espace public est préparé en amont pour accueillir les expositions. C’est toute la ville qui s’investit pour l’occasion.

J’ai pu participer à ce campus en 2018  grâce à l’école qui propose chaque année à quelques uns des ses étudiants en première année d’y participer. Cette année, nous étions six.

Après quelques heures sur les nationales, nous sommes arrivés dans ce magnifique village. Malgré sa petite taille, nous avons réussi à nous perdre pour trouver le camping qui accueillait tous les étudiants participant au campus. Ce lieu est un endroit clé de cette aventure car tous les étudiants s’y retrouvent et cela permet de discuter sur les pratiques photographiques de chacun ainsi que sur nos différents parcours. 

Après s’être installés, nous avions rendez-vous dans les locaux d’une troupe de théâtre qui nous ont été gracieusement prêtés pour devenir le QG du campus. Mat Jacob (photographe et CO fondateur du collectif Tendance Floue), qui supervise ce campus, nous a fait part des thèmes, du déroulement et de la finalité du projet. Durant cette réunion nous avons retrouvé Maroussia Podkosova, notre référente pour ce séjour, mais aussi les élèves et référents des 4 autres écoles présentes pour le campus : l’EMI, l’ETPA, l’atelier photo de la Sorbonne, Agnès Varda (Belgique)

Le thème principal était « Slogans de Mai 68 », mais nous avions 5 sous thèmes : 

  • La vie est ailleurs 
  • L’imagination au pouvoir 
  • La liberté en chantier 
  • La beauté et dans la rue 
  • Vivre au présent

Ces sous-thèmes avaient pour but de créer des groupes, dans lesquels il était possible de créer des images de groupe ou des images individuelles. Mais le but final était de réaliser une fresque commune à tous les groupes.

Personnellement j’ai choisi d’intégrer le groupe “Liberté en chantier” et comme le dit si bien Laureline Reynaud du blog Par les yeux de la Coccinelle, je fus “ le vilain petit canard du groupe Liberté en chantier » puisque  j’ai préféré faire une série personnelle plutôt que de participer à l’image collective qui avait été décidée par mon groupe. Je vous laisse d’ailleurs aller jeter un coup d’œil, à son article pour découvrir son avis sur ce campus. Elle y parle également des différentes séries réalisées par les élèves de Gobelins.

Le lendemain de ce brief nous avons eu une réunion avec le responsable France de Fujifilm  qui nous a fait découvrir le boîtier Fuji X-PRO 2. Des boîtiers ont été mis à notre disposition tout au long du séjour. C’était l’un des nombreux et jolis partenariats que le campus propose. Dans l’après-midi nous avons eu un moment par groupe pour parler avec les référents de chaque école de nos idées afin de mûrir les projets et de trouver des solutions à nos différentes problématiques.

Le troisième jour nous avons commencé à shooter. Nous n’avions que quelques jours pour cela. Pour ma part je n’ai pas beaucoup shooté mais j’ai eu l’occasion de poser pour nos amis de l’école belge, Badr et Samir qui réalisaient des mises en scène chez les habitants du village. Grâce à eux j’ai vécu de beaux moments de partage avec les habitants.

Après ces quelques jours de création d’image et de discussion avec les référents et les autres étudiants sur l’avancement de nos séries, les référents de chaque école ont dû trancher sur la manière d’agencer les photos sur le mur. Cette étape a été une grande source de débats car il est difficile d’accepter que l’intégralité de chaque série ne sera finalement pas affichée. C’est frustrant de s’investir autant et de n’avoir qu’une seule partie de son travail présentée. Avec du recul, je me suis rendu compte que les référents devaient faire un choix et que c’était le résultat final et collectif qui importait le plus.

Après une journée et une longue nuit de réflexion, le choix des photos était fait. Il ne nous restait plus qu’à traiter nos images pour les envoyer à Picto afin de les faire imprimer sur du dos bleu. Un ambassadeur Picto était à nos côtés pour nous expliquer comment bien préparer ses images pour l’impression.

Nous avons ensuite eu quelques jours plus calmes durant lesquels nous avons eu des regroupements pour assister à des conférences durant lesquelles nous avons eu l’occasion de participer à des lectures de book collectives, des rencontres avec des photographes et des organismes photo.

Les tirages arrivés, nous avons tous ensemble participé à l’affichage. La particularité des photos à dos bleu est qu’elle se collent à la manière d’un papier peint. C’est ce procédé qui est généralement utilisé pour les affiches dans le métro. Cela a été un travail de longue haleine mais plutôt intéressant. Nous en avons également profité pour aider les bénévoles à préparer les autres expositions.

Le travail d’une semaine et demie était fini ! Place au vernissage !

Le vernissage s’est déroulé sur deux jours. Il a pris la forme d’une promenade dans la ville au gré des expositions. Ce fut un moment magique. De plus, lors de ce vernissage il était possible de rencontrer de grands photographes comme Sarah Moon.

Durant ce séjour, j’ai choisi de montrer la liberté à travers la nature car pour moi elle ne répond à aucune interdiction. Le thème que j’ai choisi étant  » la liberté en chantier » j’ai trouvé intéressant d’intégrer des panneaux de signalisation de chantier dans les paysages. Vous me direz “mais où trouver des panneaux de signalisation sans les emprunter illégalement sur les chantiers ?”. Comme je vous l’ai dit précédemment, toute la ville s’investit dans ce festival mais aussi pour le campus ! Grâce à cela j’ai pu demander au responsable signalisation de la voirie s’il pouvait me prêter quelques uns de ses panneaux. Il a accepté avec plaisir et j’ai chargé 5 panneaux de signalisation dans ma petite voiture (d’ailleurs je remercie Louise et Léa qui m’ont aidé à les charger et à les déplacer !).

Voilà maintenant mon travail durant ce séjour :

Aujourd’hui je ne suis plus tout à fait convaincue par cette série. Car après avoir pris du recul, je pense que je ne suis pas allée suffisamment loin dans mon idée et dans sa réalisation. Je me suis probablement plus investit plus dans le côté humain, dans la rencontre d’autres étudiants et dans l’apprentissage de ce qu’est la préparation d’un festival. Je voulais tout de même vous montrer le résultat même si ce n’est pas ce que je retiens de cette expérience active dans un festival photo. Les rencontres que j’y ai fait, la découverte et la satisfaction d’avoir participé à ce festival sont plus importants.

Les pieds dans l’eau à Biarritz

Ça y est, en septembre je débute ma dernière année à Gobelins – l’école de l’image. Durant ces deux dernières années j’ai, grâce à l’école, pu participer à plusieurs projets extérieurs. Mon premier voyage était une mission qui a duré une semaine. Nous sommes une petite dizaine d’élèves à être partis avec le magazine Basque international à Biarritz. Le but de ce voyage était que chacun d’entre nous réalise une série d’images qui seraient intégrées dans le magazine.

Dès notre arrivée à Biarritz nous avons rencontré Taki Bibelas, le créateur du magazine mais aussi un grand photographe de mode qui nous a expliqué le fonctionnement de ce biannuel. 

Après une bonne nuit de sommeil pour nous remettre de notre périple en bus nous avons décidé d’aller visiter les alentours du camping, situé à 5 minutes de la plage. Appareil argentique au tour du cou, nous avons fait une petite randonnée de repérage sur les sentiers qui longent les bords des falaises. Des paysages sublimes se dressaient devant nous. Les jours qui ont suivi nous avons continué à explorer les environs, de jour comme de nuit.

Un soir nous avions rendez-vous avec Taki Bibelas pour l’assister sur un shooting de la marque Rip Curl qui avait prêté des vêtements. Celui-ci devait être intégré dans le magazine. Voir un photographe aguerri shooter dans ces magnifiques paysages était très captivant.

Source : @photogobelins

Un autre soir nous sommes allés à la rencontre d’un club de surf, sujet incontournable à Biarritz et donc dans le magazine Basque international !

Nous avons rencontré beaucoup de monde et certains étudiants ont fait des portraits des surfeurs mais personnellement j’ai préféré me faufiler dans le local de l’association, avec leur accord bien évidemment. Ce lieu était plutôt photogénique.

Ce soir-là nous avons également rencontré Carolina, une surfeuse qui a décidé de créer sa marque, Captain Couturier, avec des vêtements et chaussures fabriqués à la main uniquement à partir de morceaux de tissus recyclés. Elle a accepté de nous prêter certaines de ses productions pour nos shooting. 

Le lendemain j’ai assisté Lou-Anne OLERON sur son shooting : elle avait trouvé un model originaire de la région pour porter les tenues de Carolina. Malgré le fait que ce shoot se soit fini sous la pluie j’ai passé un très bon moment. Durant ce shooting j’en ai profité pour voler quelques portraits de la superbe Noemy et faire quelques photos avec les chaussures portées. Par la suite, j’ai shooté les espadrilles sur la plage et près d’un petit cabanon abandonné 

Après ces quelques jours très chargés nous avons profité d’une journée plus calme pour aller visiter les ateliers de création des collections Rip Curl grâce à Taki Bibelas et Fabrice Laroche. Il ne nous a pas été possible de prendre des photos à l’intérieur de ces lieux mais malgré ça, cette visite était très intéressante. L’après-midi nous avons même pu participer à un cours de surf !

Au cours de ce voyage, nous nous sommes essayés à la photo dans l’eau mais ce fut peu concluant. Nous avons été secoués par beaucoup de grosses vagues mais j’en garde de très bons souvenirs.

Lors de mon retour (et après quelques jours de repos bien mérités), j’ai édité mes photos et développé mes négatifs. Nous devions envoyer une large sélection de photos à Taki pour son magazine alors j’ai décidé de lui envoyer plusieurs petites séries. Quelques jours plus tard, il nous a fait part de ses choix et par la suite il nous a envoyé un exemplaire du magazine. Le voici :

Merci à Fabrice Laroche et Taki Bibelas pour cette superbe expérience et pour cette 1ère publication ! Merci aussi à Lou-Anne ma super coéquipière de randonnées de l’extrême 😉

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Les noirs secrets du Low Key

Je vous avais présenté il y a quelques temps une photo High Key et je vous avais promis de vous montrer son sombre pendant. Voici donc comment réaliser un Low Key !

La photo low key est une photo à dominantes sombres sans que les noirs ne soient bouchés. Puisque j’utilise un vocabulaire technique, j’imagine que des définitions sont nécessaires :

  • « Low key ligthing » peut se traduire par « lumière à niveau faible » : expression évocatrice mais peu sexy qui explique que l’anglicisme ait été conservé.
  • « La sous-exposition se produit quand le film (ou le capteur) reçoit trop peu de lumière, ce qui donne des images numériques, des tirages ou des diapositives foncés et une réduction des contrastes » John Edgecoe – La photographie
  • « Boucher » une photo signifie qu’il n’y a plus aucun détail dans le noir, ce n’est plus qu’un aplat.

Réaliser une photo en low key nécessite une maitrise de l’éclairage et une bonne connaissance de l’interprétation des histogrammes. Il faut mettre en place un éclairage permettant d’avoir beaucoup de contrastes entre les tons clairs et les ombres. Les contre-jours et les lumières rasantes sont plutôt appréciés pour cela. Pour ce genre de photo il ne faut pas beaucoup de lumière, une seule suffit en général. Différents modeleurs vous permettront de ne pas inonder la scène de lumière. Il est également important d’utiliser des réflecteurs afin de déboucher légèrement le côté de l’élément photographié qui se trouve dans l’ombre. Petite astuce : les morceaux de carton plume font de très bon réflecteurs !

Après avoir shooté une photo test, il faut en regarder l’histogramme. L’histogramme d’une photo low key est une courbe ascendante à gauche qui ne doit pas être écrasée sur la droite ce qui signifierait qu’il n’y ait pas d’information dans les noirs car ils seraient « bouchés ».

La composition d’une photo low key est généralement très simple, c’est l’éclairage qui fait le plus gros du rendu. Plus il y a d’éléments sur la photos plus il est compliqué de gérer toutes les ombres pour éviter que celles-ci ne soient « bouchées ». Pour ma photo, j’ai choisi de prendre uniquement une bouteille de parfum. Comme cette bouteille est transparente j’ai dû utiliser deux flash. Le premier était surmonté d’un bol, sur lequel j’ai ajouté un nid d’abeilles qui permet de concentrer encore plus la lumière du bol. Il en existe de différentes tailles mais l’important est de savoir que plus les trous du nid d’abeilles sont rapprochés plus la source de lumière est concentrée. Cet éclairage est placé en contre-jour, c’est-à-dire derrière le produit. Il faut faire attention à ce qu’il ne soit pas placé trop bas pour éviter les lumières parasites dans l’objectif. Il faut donc le placer légèrement en plongée. Le deuxième flash était posé latéralement à la bouteille pour en dessiner les côtés. Face à cet éclairage j’ai placé un réflecteur pour souligner le côté du parfum non éclairé par le flash. J’ai également placé un réflecteur devant le parfum pour faire ressortir les écritures. Dernière astuce, afin de ne pas éclairer le « sol » et ainsi faire ressortir une différence de couleur dans les teintes sombres, j’ai surélevé la bouteille de parfum grâce à un support.

Je n’ai pas eu beaucoup de travail de post-production : j’ai nettoyé quelques imperfections sur l’image et supprimé le support qui me permettait de surélever le parfum.

Voici ma photo finale :

Finalement, qu’est-ce qui a votre préférence : le high key ou le low key ?

Mon avis sur… la foire de Bièvres

Vous connaissez maintenant ma passion pour tester les vieux appareils photo, eh bien figurez-vous que je n’ai pas fini d’apporter de nouveaux éléments à la catégorie Zoom sur… les appareils argentiques !

Pour retourner aux origines, cette envie m’est venue lors de ma première visite à Bièvres. Le week-end dernier j’y suis retournée et j’ai encore fait des folies ! Pour votre plus grand bonheur n’est-ce pas ? ^^

Tous les ans, le premier week-end de juin, se tient la Foire internationale de la photo à Bièvres. Cette foire est un grand marché de la photographie argentique qui existe depuis depuis 56 ans. On y trouve différentes activités, des conférences, des animations, des expositions et même des concours. Personnellement je n’y suis allée qu’à 4 reprises et je n’ai jamais eu l’occasion de faire autre chose que le marché. Une journée ce n’est pas suffisant ! Les pôles qui m’intéressent le plus sont le marché de l’occasion et des antiquités photographiques ainsi que le marché des artistes. Il y a également un marché du neuf et des services.

La foire se présente sous forme d’une brocante, les exposants viennent de partout même si la plupart des vendeurs sont des réguliers. Pendant un week-end des passionnés, des curieux et des connaisseurs se retrouvent dans cette ville transformée pour l’occasion. Je vous déconseille d’ailleurs d’y aller en voiture, sauf si vous connaissez les lieux et n’avez pas peur des petites ruelles ! Le plus simple est encore d’y aller en RER C, si vous ne comptez pas revenir trop chargé…

Il est important de bien se préparer avant de partir, car s’il y a de beaux objets et des prix cassés, il faut faire attention à ne pas acheter un boitier plus cher que ce qu’il ne vaut ou un boitier défectueux.

Quelques conseils pour bien se préparer

1. Avant le grand jour, repérez plusieurs boitiers qui vous intéressent sur Internet, YouTube, Insta… Lors de vos recherches, essayez de trouver les notices d’utilisation, car plus vous connaissez un appareil mieux vous pourrez vérifier si celui que vous avez entre les mains fonctionne une fois sur place. N’hésitez pas à tenir un petit carnet de notes sur chaque modèle avec par exemple les pellicules compatibles, s’il fonctionne à piles (et lesquelles), et surtout la fourchette de prix de sa valeur en ligne.

2. La veille du départ, préparez un petit sac avec des piles de toute sorte, et notamment celles qui vous permettront de tester les boîtiers que vous avez précédemment repérés. Mettez-y également une pellicule 120 et une 135. Elles vous serviront à tester la manivelle d’armement. Elles vous permettront aussi de vérifier que le boîtier qui se trouve entre vos mains nécessite des pellicules toujours disponibles.

3. Le jour J, prévoyez du liquide pour payer (et une somme conséquente pour éviter les déceptions) car la carte bleue n’est acceptée nulle part dans la foire de Bièvres !

4. Enfilez votre tenue de combat : des chaussures dans lesquelles vous êtes à l’aise car on marche beaucoup et le sol est inégal, un grand sac pour mettre vos trouvailles et de la crème solaire. C’est toujours a Bièvres que je prends mon premier coup de soleil de l’été !

Vous voilà prêt pour dénicher des trésors à la Foire internationale de la photo de Bièvres !

Une fois sur place, comment vérifier qu’un boîtier fonctionne ?

1. Examiner son aspect extérieur (rouille, bosse, etc.). Cela peut vous donner un indice sur son état de conservation et donc de fonctionnement.

2. Armer et déclencher. Si une résistance survient, que le boitier ne déclenche pas, essayez de varier la vitesse de prise de vue. En vieillissant certains boitiers ne marchent plus très bien dans les vitesses basses. Vous pouvez également essayer d’armer et de déclencher pour vous assurer que le rideau s’ouvre et se ferme correctement.

3. Ouvrir l’emplacement à pellicule. En général elle s’ouvre tirant sur la molette de rembobinage ou sur le côté du boîtier. Assurez-vous que les picots qui font avancer la pellicule ne soient pas cassés.

4. Assurez-vous que l’objectif est en bon état : qu’il n’y ait pas de champignons et que le diaphragme fonctionne correctement. Pour cela il suffit de tourner la bague des diaph et de regarder dans l’objectif si celui si varie correctement.

5. Si vous ne connaissez pas le fonctionnement d’un appareil, n’hésitez pas à demander au vendeur ! Il se fera une joie de vous parler de son matériel. Comme je l’ai mentionné en début d’article, c’est un lieu de rencontre entre passionnés, alors vous pouvez sans crainte demander conseil aux personnes autour de vous. Ils vous donneront parfois même leur avis sans que vous ayez besoin de le demander !

Mes trouvailles du week-end

Cette année je me suis rendue à la foire de Bièvres dans l’idée de trouver un Olympus Pen EE et des bobines pour pellicules 620. J’y suis allée avec des amies également passionnées (Par les yeux de la coccinelle) en fin de matinée le dimanche. Après un tour de repérage peu concluant, nous avons déambulé en regardant tout ce qu’il y avait et sans se focaliser sur nos listes d’achat. Et cette fois-ci nous avons trouvé bien plus que nos attentes ! Finalement, voici mes achats lors de cette Foire internationale de la photo de Bièvres :

  • une sacoche Polaroid en cuir
  • une cellule photo (pour savoir ce que c’est : zoom sur… la cellule photographique)
  • une bobine pour pellicule 620 (que je vais pouvoir utiliser avec mon brownie junior six-20)
  • un Olympus Pen EE
  • un Agfa ISO Pak CI
  • un Agfa Parat I
  • un Agfa Silette LK
  • un Hanimex 35 SE

Vous découvrirez bientôt ces petits bijoux dans la catégorie Zoom sur… les appareils argentiques !

Le noir et blanc, toute une technique

A l’origine, la photographie était uniquement en noir et blanc, c’est pour cette raison qu’il me semblait important de vous expliquer cette technique. Bien que les premières photos aient été faites en argentique, le noir et blanc est également réalisable avec des appareils numériques.

La première photographie fixée en noir et blanc est « Le point de vue du gras » de Joseph Nicéphore Niépce, qui a réalisé ce cliché en 1826 !

La photo en noir et blanc numérique est une interprétation de l’image. En effet, la photo numérique est toujours capturée en couleur, c’est grâce à des logiciels qu’elle est transformée en noir et blanc. Même si le mode « noir et blanc » existe sur votre appareil photo, le cliché sera tout de même pris en couleur avant d’être affichée en noir et blanc. Pour vérifier mes dires, je vous invite à faire le test : choisissez un enregistrement RAW et JPG et mettez votre boitier en mode « noir et blanc ». Si le JPG bien est en noir et blanc vous verrez que si vous ouvrez le RAW (le fichier brut) dans un logiciel tel que Camera RAW , il est en couleurs (cf photo si dessous) ! La différence repose sur le traitement de l’image qui est fait par votre boitier puisqu’il est réglé sur le mode « noir et blanc ». Le JPG a transformé les couleurs en différents tons de luminance. Pour être un peu plus claire, voici une petite définition : La luminance est une grandeur correspondant à la sensation visuelle de luminosité d’une surface. Une surface très lumineuse présente une forte luminance, tandis qu’une surface parfaitement noire aura une luminance nulle. Donc lorsque nous passons de la couleur au noir et blanc chaque nuance a un ton de luminance différent. Cela nous indique qu’il faut penser la photo à réaliser en termes de lumière et de contrastes si on veut un bon rendu en noir et blanc.

Il est possible de modifier la luminance de chaque couleur individuellement mais la tâche est plus facile lorsque les couleurs sont bien tranchées car cela permet de moduler le noir et blanc comme nous le souhaitons. Pour s’assurer de cela il existe un outil : la « charte Q14 ». Au moment de la prise de vue, elle permet de savoir si les couleurs choisies et l’éclairage permettent d’avoir des tons de luminance suffisamment différents. Mais pour comprendre tout cela, je vous invite à aller voir mon article sur les chartes de prise de vue. Il ne faut pas oublier de prendre une photo finale sans la charte.

Si on en reste là, faire du noir et blanc est très simple : mettre son boitier sur le bon mode et hop, c’est dans la boite ! Mais le mieux est de faire soi-même son noir et blanc en post-production grâce l’outil « Noir et blanc » dans Photoshop par exemple. Cet outil plutôt accessible est composé de plusieurs réglettes.  Chacune d’entre elles influe sur une couleur. En jouant avec les curseurs on peut donc augmenter ou diminuer la luminance des couleurs. Par exemple sur ma photo, si on touche à la réglette rouge pour la glisser vers la gauche, les tons rouges de l’image deviennent plus contrastés. La peau se détache maintenant mieux du fond. On peut également toucher aux couleurs jaunes de l’image (ici le papier et le blouson) pour les rendre plus sombres et diminuer la zone très claire due au rayon de lumière. En fait, il n’y a pas de recette miracle avec cet outil, il faut faire des essais jusqu’à trouver le rendu souhaité.

Lorsque que nous faisons des choix d’éclairage ou de cadrage nous pouvons les justifier, il doit en être de même pour le noir et blanc. Ce rendu d’image en numérique ne doit pas servir à cacher des problèmes de chromie. Dans la photo ci-dessous, le noir est blanc est un choix artistique : il floute la limite entre le réel et le dessin. J’ai pensé cette photo pour être en noir et blanc, ainsi je peux faire ressortir les jeux de lumière et de matière.

La photo en argentique noir et blanc est bien différente de son homologue numérique car c’est une réaction chimique à la lumière : ce sont des grains d’argent qui réagissent a la lumière. Certains tombent lors du développement tandis que d’autres restent. C’est l’absence des ces grains d’argent qui forme les tons clairs de l’image lors du tirage. Les tons foncés sont formés par les grains d’argent restant qui ne laissent pas passer la lumière. Si cela vous semble très abstrait, je vous invite à découvrir cet article qui détaille un peu plus le procédé : https://www.la-photo-argentique.com/la-chimie-du-developpement-argentique-comment-ca-marche/

Si vous avez envie de comparer les deux formats de noir et blanc, vous trouverez dans mon article sur le Brownie Junior six-20 une série de photos réalisées avec un appareil argentique.

Alors quelle est votre version préférée du noir et blanc : l’argentique ou le numérique ?

Zoom sur … les chartes de prise de vue

Aujourd’hui je vais vous présenter un outil essentiel en photographie : la charte de prise de vue. Une charte est un outil dans lequel sont référencées des couleurs normées. Ainsi, quelle que soit la marque de la charte, les couleurs seront les mêmes. Cela permet de donner une référence commune à toute personne travaillant dans la chaine de production graphique.

Il existe plusieurs types de charte. La première dont je vais vous parler est la Charte de Gris, c’est la plus courante. Sur celle-ci, 3 couleurs sont référencées : le blanc 100 % , le gris neutre 18 % et le noir 100 % . Elle permet de régler la balance des blancs et d’être sûr à 100 % de ne pas avoir de dominante colorée. Elle existe sous différentes formes :

Il y a deux manières d’utiliser une charte de gris : lors de la prise de vue et lors de la retouche.

Au moment de la prise de vue, on peut se connecter à un ordinateur grâce à des logiciels tel que Capture One. Il suffit de prendre une photo de la charte dans la scène à photographier, puis grâce a l’outil pipette de la balance des blancs, sélectionner le gris neutre. Après cette manipulation, toutes les photos qui suivent garderont les mêmes réglages de balance des blancs.

Si vous ne possédez pas d’outil pouvant lier l’appareil photo et le logiciel de retouche, il faut utiliser la seconde manière. Lors de la prise de vue, il faut réaliser une photo de la charte dans la scène à photographier en ayant au préalable réglé la balance des blancs en fonction de l’éclairage utilisé (cf. mon article sur les différentes sources de lumière). Cette photo vous permettra sur photoshop de créer un calque de réglage « balance des blancs »  que vous pourrez ensuite appliquer en le copiant sur vos photos finales. Quelle merveille cette technologie 😉

Il existe également des chartes de couleur comme la charte Q14, qui référence dix-huit patchs de couleurs (2 saturations de 9 couleurs). Elle est surtout utilisée dans la photographie de produits ou en reproduction d’art, car il faut respecter précisément les couleurs des objets photographiés. La charte de couleur Q14 permet de régler la balance des blancs et ainsi de ne pas avoir de dominante colorée d’une manière plus précise qu’avec la charte de gris. Comme pour la charte de gris il faut réaliser une photo avec la charte au milieu de la scène à photographier. En post-production il faut s’assurer que les couleurs de la charte en photo correspondent aux couleurs de la charte réelle. Pour cela il suffit d’utiliser la pipette sur photoshop par exemple et de regarder si les données des couleurs correspondent aux données fournies sur la notice d’utilisation de la charte. Si toutes les couleurs correspondent, cela signifie que l’image est bien réglée colorimétriquement parlant : les couleurs du produit sur la photo seront identiques aux couleurs du produit choisies par le designeur.

Quelle que soit la charte et la méthode utilisées, il ne faut pas oublier d’enlever la charte après avoir fait la photo de référence. Il faut également penser à refaire une charte à chaque fois que la lumière change de manière significative.

On utilise des chartes similaires en vidéo, comme la Xrite Charte Color Checker. Elle permet d’avoir une cohérence entre chaque plan d’un film. Pour ce faire, avant le clap de début de chaque plan, le cadreur demande à ce que l’on place la charte devant la caméra et la filme pendant quelques secondes.

Même si le but des chartes de prise de vue est de supprimer les dominantes colorées au moment de la prise de vue d’une image, cela ne veut pas dire que l’image finale ne pourra pas avoir une dominante colorée. Bien au contraire. Il est en effet plus facile de peindre une feuille blanche en couleurs que de changer la couleur d’une feuille déjà colorée !

Zoom sur … le Kodak Brownie Junior Six-20

Lors d’un week-end chez mes grands-parents j’ai rencontré un petit bijou que je souhaite vous présenter. D’après ma grand-mère, cet appareil a une centaine d’année et appartenait à un de ses cousins. Il avait été soigneusement rangé mais avait finalement été oublié au fond d’une armoire. Cela aurait pu être une triste fin pour ce petit appareil mais heureusement il fut retrouvé par hasard il y a quelques semaines ! Il était dans un état assez catastrophique, mais pas question de renoncer à le tester ! Je l’ai donc bichonné pour lui redonner sa gloire d’antan.

Lorsque je l’ai vu pour la première fois ce boîtier m’a intriguée. Une boîte rectangulaire avec un objectif, un semblant de manivelle, un petit loquet et deux viseurs. D’ailleurs, l’un des deux viseurs semblait cassé. Afin de savoir à qui j’avais à faire, j’ai cherché une inscription. Rechercher des informations sur un boitier inconnu est en effet la première chose à faire pour éviter les bêtises. Par chance, sous la poussière, les inscriptions étaient plutôt claires et j’ai pu découvrir son nom : le Brownie junior six-20.

Puisque je suis une « digital native » je cherche toujours s’il existe des informations historiques sur le site Collection Appareils. J‘ai découvert que ce boitier de chez Kodak avait été produit à New York, dans les années 30. Le système mécanique et la partie avant, qui accueille l’objectif, sont fabriqués en aluminium. La boîte qui permet l’étanchéite à la lumière est quant à elle faite en et bois reconstitué et recouverte de moleskine. Après en avoir appris un peu plus sur ses origines, il s’agit maintenant de comprendre son fonctionnement.

En navigant sur internet j’ai découvert un nouveau site que je ne connaissais pas, dans lequel sont répertoriées un grand nombre de notices d’utilisation : Central Manuels. Une vraie mine d’or ! J’y ai trouvée la notice du boîtier qui nous intéresse aujourd’hui (vous pourrez la retrouver ici). Après avoir bien étudié cette notice, j’ai compris comment ouvrir le Brownie junior six-20. Malheureusement, avec les années, l’humidité a créé de la rouille et il ne voulait pas s’ouvrir. J’ai finalement forcé un peu et après plusieurs tentatives, il a bien voulu me révéler ses secrets.  À mon grand étonnement il restait une pellicule à l’intérieur. Elle était sèche et friable ce qui signifie qu’elle devait être là depuis très longtemps. Celle-ci ressemblait à une pellicule au format 120, mais il était indiqué que les pellicules à utiliser pour ce boîtier étaient des 620. Évidemment, Kodak a stoppé leur production et il n’en existe plus aujourd’hui… Pourtant, en étant un peu maligne, j’ai réussi à trouver une pellicule adéquate ! La seule différence entre les pellicules 120 et 620 est en fait la taille de la bobine. Il suffit donc de transférer le film d’une pellicule 120 sur la bobine d’une pellicule 620. (Vous trouverez un tutoriel pour faire cette manipulation à cette adresse : lien du tuto). L’inconvénient de cette technique est qu’il faut posséder une paire de bobines au bon format. Le fait qu’il restait une pellicule dans le boitier m’a donc rendu un grand service : je les ai récupérées et j’ai transféré une pellicule 120 dessus. Petit conseil d’ami : si vous faites développer vos pellicules, n’oubliez pas de préciser que vous souhaitez récupérer la bobine sinon elle sera perdue et vous ne pourrez plus utiliser votre boîtier !

Après un bon nettoyage et quelques coups de papier à poncer je décide de tester la bête malgré la rouille toujours un peu présente. Après tout, les accidents font les meilleures photos ! La rouille pourrait leur apporter un style ?

Ce boîtier est très troublant à utiliser : pas de choix pour la vitesse (à priori déterminée à 1/50ème de seconde) hormis si on utilise le mode B grâce à un petit loquet qui permet de maintenir le diaphragme ouvert (Si vous voulez savoir ce qu’est le mode B, je vous invite à lire mon Zoom sur … l’Olympus OM-10 dans lequel tout est expliqué) . Il y a deux tailles de diaphragme à notre disposition mais je ne connais pas la valeur exacte de ceux-ci et cela rend la tâche compliqué pour ceux qui ont appris à déterminer les paramètres de réglage avec des valeurs précises. Pour palier ces inconnues, je me suis référée au manuel dans lequel il y a un guide d’exposition qui est très bien fait mais auquel je n’ai pas encore tout compris.

Malgré toutes ces incertitudes je me suis lancée dans la prise de vue. J’ai décidé de rester à la plus grande ouverture de diaphragme et à la vitesse imposée avec une pellicule 400 ISO. Première impression : on prend une photo sans s’en rendre compte ! Il n’y pas de bruit du au déclencheur et tout est très rapide car il n’y a pas de réglage à faire. Ce n’est pas désagréable mais c’est déstabilisant. Question ergonomie, le déclencheur n’est pas très pratique et la manivelle pour changer de vue fait mal aux doigts, surtout à cause de la rouille qui provoque de la résistance.

J’ai finalement pu réaliser 8 images seulement car il m’était impossible de changer de vue après la 8ème photo. J’ai choisi de prendre différentes conditions d’éclairage pour me permettre de comprendre un peu mieux quelles sont les conditions optimales pour faire des photos correctement exposées avec cet appareil.

Après le développement, le résultat m’a surprise ! Toute la pellicule était plutôt bien exposée malgré deux photos qui semblaient légèrement cramées (surexposition de la pellicule qui détruit la matière). Je sais désormais pour quelle raison je n’ai pu faire que 8 photos : elles sont presque deux fois plus grandes que des photos au format 120 ! Après avoir scanné les images, je me suis rendu compte que toutes les images étaient griffées de manière régulière sur toute la largeur et la longueur, sûrement à cause de la rouille. Le côté droit de la pellicule était quant-à lui griffé tout du long également.

Les griffures sur le noir et blanc apportent un côté fantomatique aux images, comme sur un vieux film, et cela me plait beaucoup. Je suis plutôt contente de ce premier essai et j’ai déjà prévu de réutiliser le Brownie Junior Six-20 pour réaliser une commande de l’école qui fera l’objet d’un prochain article !