School kids – une expérience de la risographie

Aujourd’hui je vais vous parler d’une technique d’impression photo : la risographie. Je vous en ai déjà parlé dans deux articles précédemment. J’ai découvert cette technique lors de mon voyage en Espagne pour le festival In Cadaques et j’ai pu la tester lors d’un workshop. Nous avions deux intervenants : Oscar Guinter qui nous a expliqué le procédé de risographie et le photographe Stephane Gallois pour nous accompagner dans notre réflexion et sur l’édition.

La risographie est un procédé d’impression avec une machine reposant sur la technique de reproduction par pochoir. Le risographe a été créé pour être un photocopieur rapide et peu coûteux qui était commercialisé pour les institutions. Très vite son côté rentable et son rendu bicolore, ont donné envie au grand public de s’en servir pour faire des fanzines ou des tracts de propagande.  

Le workshop avait pour but de réaliser, en groupe, trois fanzines sur les thèmes suivants : portraits, corps et paysages urbains. J’ai choisi le thème “paysages urbains”, et décidé de réaliser une série photos qui mélange, grâce à la risographie, les paysages urbains et les paysages naturels. J’ai fais ces photos à l’argentique, lors de mon voyage en Toscane

Pour cette technique il n’y a pas beaucoup de préparation au moment de la prise du vue. La seule chose à savoir est qu’il faut que les images soient plutôt contrastées pour avoir un meilleur rendu à l’impression. Le choix du numérique ou de l’argentique n’a pas d’importance car la trame de la risographie a un certain grain et prend le dessus sur le reste.

Avant de travailler les images dans photoshop il faut comprendre le principe de la risographie. La machine crée des pochoirs d’après une image en noir et blanc. Les parties sombres de l’image créent les “trous” du pochoir. Ce sont ces parties qui seront en couleur sur la feuille. Si nous souhaitons faire une impression en deux couleurs, il est nécessaire de produire deux pochoirs différents de la même photo. Sur ces deux images en noir et blanc ce ne seront pas les mêmes parties de l’image qui seront en noir donc pas les mêmes parties qui ressortiront colorées.

Pour cela il faut ouvrir une des deux images sur photoshop puis la passer en noir et blanc grâce à un « calque de réglage noir et blanc ». Puis il faut mettre ces deux calques dans un dossier en cliquant sur le bouton dossier . Il faut ensuite mettre ce calque en mode « superposition » puis créer un calque de couleur au dessus du dossier. Il faut également mettre ce calque en « calque d’écrêtage” (pareil un bouton) pour que celui ci ne s’applique que sur le dossier précédemment créé. La couleur de ce calque doit correspondre au code couleur de l’encre qui va être utilisée pour avoir un aperçu le plus précis possible. Pour éviter d’avoir un simple aplat, il faut penser à mettre ce calque en mode “couleur”. Pour la 2ème couche de l’image, il faut importer la 2ème photo et faire la même manipulation que pour la 1ère, mais en utilisant le code couleur de la 2ème encre que vous souhaitez utiliser. Une fois cette manipulation effectuée vous pouvez ajuster le rendu de vos images avec des calque de réglage “courbe” sur les deux couches. Ici pas de règle : amusez-vous ! Tout en gardant en tête que ce sont les parties sombres qui seront visibles. 

Pour ma part je souhaitais imprimer deux images l’une sur l’autre. Ils me fallait donc passer mes images couleur en noir et blanc et déterminer quelle photo serait en rouge ou en turquoise mais pour faciliter la superposition et le rendu final, il est possible de le faire une prévisualisation sur photoshop.

Une fois que chaque personne du groupe a eu préparé ses images, il fallait mettre en page le fanzine. Nos images fonctionnaient bien les unes avec les autres, nous avons donc choisi de créer des doubles pages en les mélangeant. La complexité de ce travail était que nous voulions faire en sorte que chaque double page puisse se lire de deux manières : en temps que livret mais également en temps que planche comme un poster. Cela était possible uniquement car le livret n’était pas relié. De plus cette mise en page nous a permis de faciliter l’impression. Pour la couverture nous avons décidé d’imprimer aléatoirement des planches et des couches les unes sur les autres pour voir ce qu’il se passerait.

Pour l’impression il faut préparer chaque planche avec les images en noir et blanc qui correspondent aux couleurs. Les planches rouges sont donc avec les images en noir et blanc correspondants à notre couche rouge et les planches turquoises avec les photos en noir et blanc correspondant à la couche turquoise. Il ne faut pas les inverser sinon la prévisualisation serait différente du résultat imprimée. Comme dit plus haut, deux couleurs, deux couches, deux planches en noir et blanc. Dans ce fanzine nous avions trois couleurs : le noir, le rouge et le turquoise. Nous avons donc dû faire l’impression en trois fois. Le gros « problème » de la risographie est que les impressions sèchent lentement. Nous avons donc imprimé toutes les pages recto en noir puis en rouge et pour finir en turquoise, puis nous avons fait de même pour le verso des pages. Il fallait être très organisé pour ne pas se tromper dans l’ordre des pages et également imprimer les bonnes couleurs avec les bonnes couches. Le propre de la risographie est l’imperfection alors malgré notre organisation bien rodée il y a eu quelques erreurs mais c’est le charme de cette technique, chaque fanzine est unique !

Une fois les impressions finies, il ne restait plus qu’à découper les marges blanches au massicot et à assembler les pages entre elles. Et voilà le résultat de ce fanzine sur les paysages urbains.

Durant ce workshop j’ai également travaillé en collaboration avec Laureline Reynaud avec laquelle j’ai réalisé des photos d’eau superposées à des photos traitant de l’art block. Je vous laisse découvrir ses images sur son instagram

Après que chaque groupe, “portraits”, “corps” et “paysages urbains” ont eu fini de réaliser leur fanzine nous les avons assemblés par pack, avec un fanzine de chaque afin de les vendre lors d’une exposition. Pour celle ci nous avons investi la galerie Fisheye Gallery pour deux jours. Les fanzines on été accroché au mur en temps que planches pour montrer les deux types de lecture (en livret et en planche type poster). Nous avons rempli les deux murs latéraux de la galerie avec 350 pages de Fanzine (!!!) ce fut un gros travail de mise en place mais le résultat est impressionnant.  

Voici quelques images de l’installation :

Je tiens à remercier l’équipe de Photo Gobelins, Oscar Guinter, et Stephane Gallois sans qui ce workshop n’aurait pas eu lieu. Mes acolytes Charlotte Fouillet, Lou-Anne Oleron, Louise Ducamp, Marjorie Dang Vu , Lucie Hodiesne, Eugénie Dang Vu , Lea Fiterman, Laureline Reynaud et toute la promotion Photo 2020 avec qui j’ai participé à ce beau projet. Pour finir je tiens à remercier Fisheye Gallery qui nous a gracieusement prêté les lieux pour finaliser ce projet par une exposition 🙂

Sur les traces de la guerre 14-18

En cette année de centenaire de la Première Guerre Mondiale, j’ai choisi de vous présenter une série de photos que j’avais prise pour mon Bac en 2016. Nous devions tous faire un book sur un thème commun : TRACE. Chacun devait ensuite le travailler de manière personnelle et le thème de la Grande Guerre m’a immédiatement sauté aux yeux.

Tout d’abord j’avais souhaité faire un reportage sur mon ancêtre de 4ème génération Ernest Ladame qui est mort dans les tranchées à Cerisy-Gally. Durant mes recherches et en explorant les lieux de mémoire pour retrouver où il avait été enterré, je me suis rendue compte que je voulais partager mes découvertes sur la Grande Guerre et faire perdurer la mémoire de cet évènement à travers mon reportage. Mon but était de montrer que si nous ne faisons pas ce travail de mémoire que ce soit par la photo ou par les restaurations, ces traces pourraient bien disparaitre un jour. Le travail de mémoire est un enjeu important pour nous tous car c’est à travers l’Histoire que nous nous construisons. C’est grâce à cette mémoire que nous ne referons pas les mêmes erreurs.

r_004_01

Célébrons l’argentique !

Aujourd’hui, le jeudi 12 avril 2018, c’est la journée mondiale de la photographie argentique !

Une bonne excuse pour vous faire partager mon amour pour cette merveille technologique 🙂

L’argentique c’est toute une histoire, c’est même l’Histoire de la photographie ! Le principe de la chambre noire était connu déjà sous l’Antiquité mais c’est Daguerre qui donna la plus grande visibilité à cette technique photographique. L’appareil argentique avec des films souples voit le jour en 1884 et permet de petites photos d’identité en noir et blanc. La photo couleur apparait une vingtaine d’année plus tard avec le brevet des frères Lumière et est popularisée par une action de l’entreprise Kodak. « Vous pressez le bouton, nous faisons le reste » pouvait-on lire sur les affiches offrant un appareil photo gratuit !

Sans vous faire un long descriptif sur la méthode argentique, je voulais vous faire part du bonheur que je ressens en shootant avec de vieux boitiers. L’avantage et l’inconvénient de l’argentique est qu’on ne peut pas voir ce qu’on vient de prendre ! Cela implique de bien réfléchir à la composition, de se pencher sur les réglages qui sont spécifiques à chaque appareil et de bien se concentrer pendant la prise de vue. Il faut ensuite développer les négatifs pour enfin avoir un résultat. Tout cela demande beaucoup de temps et d’investissement, ce qui, à l’inverse du numérique, dissuade de prendre tout et n’importe quoi. C’est selon moi un procédé qui gagne a être connu et c’est surtout un savoir-faire à faire perdurer.

Et puis on ne peut contester que les vieilles photos sur papier ont aussi un certain charme. De plus le papier argentique dure beaucoup plus longtemps que tout ce qui existe aujourd’hui.

La bonne nouvelle c’est que de nos jours les vieux appareils ne coûtent quasiment rien puisqu’ils sont considérés comme des vieilleries inutilisables. Or certains boitiers ayant un déclencheur mécanique, ils sont presque immortels ! Personnellement j’adore acheter des « antiquités » pour voir si elles fonctionnent, les réparer si besoin et tenter de les apprivoiser. Vous pouvez d’ailleurs découvrir mes expériences avec eux dans la rubrique « Zoom sur » (sous-catégorie « les appareils argentiques« ).

Par ailleurs ce mode de photographie revient en force actuellement puisque la mode est au vintage. On voit fleurir un nombre impressionnant d’appareils numériques au look argentique et même une méthode néo-argentique ! On pourra citer par exemple les derniers Lomography ou encore les Instax Mini permettant de retrouver le style instantané des Polaroïd.

Pour fêter cette journée mondiale je me suis achetée deux « petits » appareils instantanés de chez Kodak : le Ek2 et le Colorburst 100. Ils ont tous les deux un design un peu particulier qui m’a fait craqué !

Le mot de la fin : vive l’argentique 😀

De gauche à droite : le kodak Ek2, le kodak colorburst 100, le lomography diana f+, le voightlander brillant et le dacora dignette

Un nouveau look pour la nouvelle année !

Avec l’arrivée de 2018, Meli-Melo s’enrichit d’une partie portfolio.

L’occasion de découvrir de nouveaux clichés mais cette fois sans explications. Le but de cette section étant de présenter mes travaux de manière plus professionnelle. Vous y retrouverez la plupart des catégories et séries que vous connaissez déjà mais aussi des exclusivités.

Je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2018, pleine d’aventure et de bonheur.

Et pour bien la commencer, une petite photo de la vie par -23°C dans le grand nord Canadien 😉

 

Paris Photo 2017

Paris Photo est la première foire mondiale autour du médium de la photographie. C’est un évènement où professionnels, passionnés et icônes de la photo se côtoient​ autour d’expositions, de prix, de séances de signature et de discussions animées par les artistes. Sous la voûte du Grand Palais plus de 180 galeries se sont installées pour 5 jours de découverte !

Cette année Paris Photo a donné carte blanche aux étudiants en photo de Gobelins pour suivre ses coulisses : de l’installation des murs, jusqu’à l’ouverture de la foire en passant par l’accrochage des œuvres. Plusieurs élèves de première année ont eu la chance de participer à cette merveilleuse aventure. Avec Charlotte Fouillet nous avons décidé de travailler en binôme et de créer des diptyques. Les premiers d’entre eux mettent en avant la relation entre l’humain et l’outil lors de l’installation de la foire. La seconde partie de ce reportage met en perspective les deux faces d’une exposition : les œuvres et le public. Car même si on n’y pense pas toujours, sans public les œuvres n’auraient aucune utilité …

Voici donc quelques uns de nos diptyques

 

Vous pouvez découvrir les autres travaux des élèves de Gobelins sur le blog de la section photo.

« Moi Présidente »

Dans le cadre de mon entrée à Gobelins dans la section photo j’ai dû traiter le sujet « Moi Présidente » au travers de 5 photos.

Cette série rend compte des différentes étapes d’une élection présidentielle à travers des autoportraits. Pour beaucoup, la course à la Présidentielle est une course à la gloire et au pouvoir. Mais chacun a des idées à défendre, chacun pourrait apporter sa contribution à notre pays. Le Président doit être la voix du peuple pour faire avancer la France.
Alors pourquoi pas moi ?

A_002_1A_002_2A_002_3A_002_4A_002_5

Un jour pour faire pencher la balance

En France, une femme gagne 24 % de moins qu’un homme pour le même travail (INSEE, 2014).

En France, une femme touche 26 % de moins qu’un homme lors de son départ à la retraite (DRESS, 2015).

Ailleurs dans le monde, elles n’ont pas le droit de conduire ou de s’habiller comme elles le souhaitent.

Partout elles sont considérées comme inégales aux hommes.

A_001

 

Vers une crue centennale ?

Aujourd’hui à Chatou les quais ont été fermés à la circulation pour cause d’inondation ! Cela m’a inspiré pour un reportage d’actualité. Je me suis donc déplacée jusqu’au nouveau barrage pour faire des photos. Pour avoir un point de comparaison, j’ai trouvé sur internet une photo du barrage prise bien avant la crue.

Sans titreSource : Seine en scène. (http://www.seine-en-scene.fr/paris-rouen)

  • Voici les clichés que j’ai fait à 16h30 le 2 juin : (Cliquez pour les voir en plus grand)

  • Et voici ceux pris le 3 juin a 19h. Vous constaterez par vous même la différence.

  • Voici une comparaison avant-après à seulement 15h d’intervalle !2
  • Enfin des clichés de la Maison Fournaise et des quais du côté de Rueil-Malmaison,  pris le matin du 4 juin.