A la manière de … Barry Pringle

Puisque Pâques n’est pas loin derrière nous, j’ai décidé d’y faire un petit clin d’œil dans ma nouvelle contribution à la série « à la manière de … » !

Barry Pringle est un photographe Sud-africain spécialisé en photos de natures mortes et de nues. Ses séries ont pour point commun la dissemblance du même, il joue visuellement avec les mots. Il regroupe par exemple des objets qui portent le même nom mais qui ne se ressemblent pas, il les photographie et les expose les uns à coté des autres. Les titres de ses séries sont donc des mots très simples et descriptifs.

Des fleurs, de la nourriture, des intérieurs, des parties du corps humain… ses sujets de prise de vue sont variés. Une série m’a plus particulièrement étonnée : Eggs (les œufs en français). Je n’ai pu trouver aucune information sur la création de cette série mais elle m’a tellement plu que j’ai eu envie de la revisiter. La photo que j’ai réalisée pourrait en être la suite car c’est une énième façon de voir les œufs. Et comme dit le célèbre adage : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! C’est ce que j’ai voulu illustrer avec ma revisite de Barry Pringle. Du côté technique j’ai repris ses codes d’éclairage, c’est-à-dire une lumière crue, des ombres marquées et une dominante colorée jaune pour créer un aspect de lumière naturelle et non celle d’un flash.

A la manière de … Lise Sarfati

Lise Sarfati est une photographe française qui a réalisé six grande séries : Post Factum, Acta est, Rough, Cold and Close : a Russian Poem, The New Life, Austin – Texas et On Hollywood. Ces œuvres sont toutes reliées par la même recherche artistique qui met en relation les lieux et les personnes.

The New life (2003) qui représente des adolescents de la classe moyenne américaine seuls dans leur univers. Cette série est un questionnement sur le vide : le décalage et le flottement qui sont des sentiments propres à l’adolescence. La sélection des personnages qu’elle opère lui permet de ne pas faire de mise en scène et donc de saisir le moment où les adolescents se perdent dans leur univers avec une émotion intacte.

Le vide est souvent présent dans ces photos, comme dans la série Post Factum (date) qui illustre l’appartement vide, mais non sans vie, de Marguerite Duras après son décès. Le vide apparait parfois de manière très subtile : même lorsqu’il y a des personnages, il se fait sentir par les expressions faciales de ceux-ci ou au travers du décor souvent très épurée ou surchargé mais toujours figé.

Pour revisiter le travail de Lise Sarfati, j’ai choisi de réaliser un diptyque composé d’un portrait et d’une nature morte. La première photo pourrait faire partie de The New Life tandis que la seconde est assimilable à Post Factum. Les deux photos dialoguent entre elles et rendent encore plus visible la ligne conductrice de l’œuvre de Sarfati : le vide qui n’est pas forcément où on pourrait le croire.

 

A la manière de … Jonas Bresnan

Cet éclairage bicolore, souvent rouge et bleu, est le fait d’un photographe de mode : Jonas Bresnan. Assez peu connu, il a pourtant réalisé de nombreux clichés pour Glamour, InStyle et Stylist. C’est d’ailleurs dans ce dernier magazine (numéro de décembre 2015) qu’est parue sa série « Party pour la nuit », où j’ai pu découvrir cette manière très particulière d’éclairer un modèle. Un côté rouge, un côté bleu. Cette opposition de couleurs fait penser aux éclairages de boites de nuit et à cette ambiance sexy et glamour. Son utilisation des paillettes accentue encore cet effet.

Pour réaliser cet éclairage j’ai utilisé deux torches (flash) avec deux bols pour modeler la lumière. L’utilisation des bols a pour but de concentrer la lumière sur une zone afin d’en faire ressortir les contrastes. Les ombres sont ainsi plus marquées. Puisqu’il fallait appuyer sur la différence entre les deux couleurs sur le visage, j’ai placé les flashs de part et d’autre du modèle, latéralement. Pour avoir ce rendu rouge et bleu, les bols ont été habillés avec des gélatines colorées. Pour ne pas refaire la photo exacte de Jonas Bresnan j’ai choisi d’inverser les couleurs et de dénuder au maximum le modèle. Ici ce qui est mis en avant ce n’est pas un vêtement mais un accessoire : la montre.

 

A la manière de … Robert Doisneau

« Les images malhabiles témoignent d’une belle fluidité de l’âme et d’une impatience à faire partager les émotions. »

Robert Doisneau (1912-1944), grand photographe humaniste français de l’après-guerre, fut connu pour ses photos de scènes de vie dans les rues de Paris et sa banlieue.

Je voulais parler de ce photographe en ce début d’année scolaire car c’est un artiste que j’ai découvert il y a maintenant quatre ans, lorsque je suis entrée dans le monde de la photo.  Lors de mon entretien d’admission au lycée Étienne-Jules Marey, l’un des examinateurs m’a dit que l’une de mes photos ressemblait fort au travail de Doisneau. Curieuse je suis allée voir ses œuvres et j’ai beaucoup apprécié son travail car il arrivait à saisir des moments de vie anodins tout en les rendant magiques et sublimes.

L’une de ses photos les plus connues est « Le baiser de l’hôtel de ville », photo qui a été très controversée ! Longtemps on a pensé que ce cliché  avait été pris sur le vif mais en réalité c’est une photo posée que Doisneau avait réalisé pour le magasine Life.

La photo que j’ai réalisé s’en inspire donc malgré moi, puisque je ne connaissais pas ce photographe en la prenant.

En repensant à cette photo j’ai eu l’idée de faire d’autre photos « à la manière de ». J’ai donc décidé de vous montrer cette photo pour commencer une série hommage aux grands artistes photographiques.